Poursuivi pour une agression à caractère homophobe à Boussu, un jeune Libanais est acquitté en raison des lacunes de l'enquête policière

L'avocat de la partie civile avait développé plusieurs arguments, lesquels n'ont pas convaincu le tribunal.

TC Mons
Le tribunal doute, donc acquitte ! ©CK

Le tribunal correctionnel a prononcé lundi l'acquittement d'un jeune Libanais poursuivi pour une agression à caractère homophobe commise à Boussu, la nuit du 14 au 15 août 2022. Ce verdict repose principalement sur les carences relevées par la défense au cours de l'audience.

"Ce dossier a été monté n'importe comment." C'est par ces mots que Me Frank Discepoli avait ouvert sa plaidoirie, il y a quelques semaines, dénonçant une instruction bâclée. Le pénaliste avait estimé que son client avait été désigné comme "le coupable idéal" parmi les quelque 10 000 festivaliers ayant fréquenté le lieu des faits. Il avait également souligné que trois descriptions distinctes du suspect avaient été recueillies, plaidant ainsi l'acquittement. Le tribunal l'a suivi, malgré les éléments à charge présentés par Me Fabrice Guttadauria, lequel estimait que plusieurs indices convergeaient vers le prévenu.

Un téléphone

Les faits s'étaient déroulés vers 2h15 du matin. Deux hommes, qui circulaient à pied sur le Ravel, avaient été pris à partie par un individu proférant des propos homophobes à leur encontre. Trois personnes s'en étaient alors prises au couple, rouant de coups les deux hommes.

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Le prévenu, identifié par l'une des victimes, avait reconnu sa présence sur les lieux tout en précisant qu'il s'était limité à tenter de séparer deux groupes en train de se battre. La victime était formelle : elle affirmait que son agresseur était l'homme en t-shirt rouge ayant perdu son téléphone au moment où elle tentait de l'agripper à la jambe.

Caché derrière les buissons

Le téléphone avait effectivement été retrouvé par un policier. Ce dernier avait répondu à un appel du propriétaire de l'appareil, lequel avait envoyé une amie le récupérer tandis qu'il restait dissimulé dans des buissons. Pour Me Guttadauria, le comportement du suspect était révélateur : "Pourquoi un innocent irait-il se cacher ainsi ?" s'était interrogé l'avocat de la partie civile, précisant que le suspect avait fini par appeler la jeune femme par son prénom, malgré des tentatives du duo de faire croire qu'ils ne se connaissaient pas.

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Malgré ces indices, le tribunal a estimé que l'enquête était trop lacunaire pour entrer en voie de condamnation, prononçant ainsi l'acquittement du prévenu.

Un appel reste possible.

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