Nouvelle prison à Mons : La ministre de la Régie des bâtiments confirme enfin le projet attendu depuis des années, le bourgmestre satisfait

C'est désormais officiel : Mons aura bien une nouvelle prison.

Les deux députés ont visité la prison.
Les deux députés ont visité la prison. ©DR

La ministre de la Régie des Bâtiments, Vanessa Matz, a confirmé la priorité donnée à ce chantier longtemps réclamé par le personnel pénitentiaire et les élus locaux.

Les députés socialistes Marie Meunier et Éric Thiébaut saluent cette annonce qu'ils qualifient de tournant après des années d'attente.

"Les agents pénitentiaires de Mons travaillent dans des conditions inacceptables depuis trop longtemps. L'établissement, vieux de plus de 150 ans, est surpeuplé, insalubre et dangereux. Il était urgent que le gouvernement fédéral passe à l'action", rappellent-ils.

Jusqu'ici, la situation stagnait. Interrogée au Parlement, la ministre de la Justice s'était montrée évasive, renvoyant le dossier à sa collègue de la Régie des Bâtiments. Mais cette fois, Vanessa Matz a confirmé la construction d'un nouvel établissement pénitentiaire pour remplacer la prison actuelle.

Dans le budget 2026

Selon la ministre, le projet sera inscrit budgétairement dès 2026. Un site a déjà été identifié en collaboration avec la Ville de Mons, et les premiers échanges avec la Région wallonne sont jugés positifs.

Une taskforce réunissant les cabinets de la Justice et de la Régie a même été mise sur pied pour assurer un suivi régulier du dossier.

Pour Marie Meunier, cette confirmation était plus que nécessaire : "Les visites de terrain ont montré à quel point la situation s'est dégradée au fil des ans et combien le manque d'action du précédent secrétaire d'État, Mathieu Michel (MR), a pesé sur le personnel. Cette fois, il faut avancer."

Quinze ans d'attente

Son collègue Éric Thiébaut insiste sur la vigilance à garder : "Cela fait quinze ans que je réclame des mesures concrètes. Cette annonce est un signal fort, mais il faudra veiller à ce que le calendrier soit respecté. Les agents ne peuvent plus attendre. "

Les deux élus socialistes soulignent que cette avancée est le résultat d'un long combat politique et syndical. "Nous continuerons à nous battre pour que les agents puissent enfin exercer leur métier dans des conditions dignes et sécurisées", concluent-ils.

État belge condamné

Il y a quelques mois, la cour d'appel de Mons condamnait l'État belge pour le traitement dégradant que constitue la détention dans l'établissement pénitentiaire montois. La deuxième chambre estimait que "la problématique de la surpopulation carcérale en Belgique, et en particulier à la prison de Mons, revêt un caractère non circonstanciel et […] l'État belge n'a pas mis en œuvre les moyens idoines pour y mettre fin."

Cet été, la Ministre de la Justice avait oublié Mons dans sa note ministérielle, ce qui avait fait réagir le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin, qui menaçait de fermer la prison. Le Premier magistrat de la Ville avait invité le Gouvernement fédéral à réagir.

Cela fait des années que les autorités montoises se battent pour leur prison. Et pour cause, le bâtiment date du XIXe siècle, connaît régulièrement un taux de surpopulation avoisinant les 40 %, certains de ses murs sont rongés par l'humidité et les punaises de lits s'y complaisent.

Silence radio

Mercredi, en début d'après-midi, le bourgmestre a réuni la presse. "Nous avons au moins une perspective", dit-il, espérant le début des travaux d'ici un an ou deux. "Nous avons plaidé pour un endroit situé hors du centre-ville de Mons, mais nous ignorons le lieu choisi par la Régie des bâtiments". Du côté de la Régie, c'est silence radio afin de ne pas réveiller les propriétaires, car il y aura probablement des procédures d'expulsion.

On sait que, jadis, la Ville avait proposé un site à Nimy, proche de l'autoroute. Ce lieu n'avait pas été retenu par le précédent ministre en charge de la Régie des bâtiments. Le lieu ne sera probablement pas très éloigné de l'autoroute et des lieux de justice.

Quant à l'ancienne prison, elle sera probablement démolie. Le bourgmestre prévoit toutefois sur la symbolique : Verlaine y a été incarcéré et il existe un lieu commémoratif rappelant l'entrée de la prison nazie, durant la seconde guerre mondiale. De là à y construire un nouveau palais de justice ? La Régie se dirige plutôt vers une rénovation du vieux palais de la rue de Nimy…

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