Un incendie volontaire dans un immeuble occupé à Colfontaine : Le prévenu encourt trois ans de prison

Il occupait le logement loué par son neveu, lequel voulait le mettre à la porte.

Papier journal pour allumer un feu de bois
Il a d’abord mis le feu à des journaux. ©Adobe

La nuit du 7 juillet dernier a bien failli virer au drame à Colfontaine. Un immeuble de quatre appartements, occupé par plusieurs locataires, a été la cible d'un incendie volontaire, précédé quelques heures plus tôt d'une première tentative. Pour ces faits graves, Michel, 40 ans (prénom d'emprunt), est sous mandat d'arrêt depuis le 25 juillet 2025. Il comparaît détenu devant le tribunal correctionnel et encourt jusqu'à trois ans de prison.

Le quadragénaire occupait l'un des logements, hébergé chez son neveu. Face au tribunal, il adopte une ligne de défense pour le moins ambiguë : "Je ne peux pas dire que c'est moi, et je ne peux pas dire que ce n'est pas moi". Pourtant, plusieurs éléments matériels pèsent lourdement contre lui. Son téléphone portable borne dans le secteur au moment des faits et, surtout, un SMS envoyé à son neveu annonce clairement son intention de "bouter le feu" à du courrier. Le motif invoqué serait une expulsion imminente décidée par la propriétaire des lieux.

Celle-ci s'est constituée partie civile. À l'audience, elle dit regretter profondément les conséquences pour les autres locataires, "qui ne posaient aucun problème". Son avocat précise que l'expertise incendie est toujours en cours, mais qu'il ne fait aucun doute quant au caractère volontaire du sinistre.

En deux temps

Les faits se sont déroulés en deux temps. Le 7 juillet, à 22h49, la police boraine est appelée place de l'Église pour un début d'incendie : des journaux brûlent dans la cour intérieure. Les dégâts sont limités. Mais à 3h39, nouvelle intervention au même endroit. Cette fois, l'appartement situé dans les combles est en flammes. Aucune trace d'effraction n'est relevée. Une locataire du deuxième étage indique avoir été réveillée par un bruit suspect.

À 6h25, le neveu du prévenu est interpellé. Il remet spontanément son téléphone aux enquêteurs. L'analyse révèle plusieurs messages inquiétants envoyés par son oncle. Le 17 juin, celui-ci écrivait déjà : "Je crois que la propriétaire va avoir un grave accident dans peu de temps". Puis, le 23 juin : "Je vais foutre la merde tant que je pourrai. Un bête fétu de paille et le feu s'embrase".

Ancien militaire alcoolique

Le jeune homme explique que son oncle, alcoolique selon lui, refusait de quitter l'appartement malgré de nombreuses demandes. Le suspect reste cependant introuvable jusqu'au 23 juillet, date à laquelle il est interpellé après de nouvelles menaces proférées à l'encontre du personnel d'un hôpital. Il affirme alors se trouver à Mons au moment de l'incendie, une version contredite par la géolocalisation de son téléphone.

"C'est très certainement lui", concède même son avocate, qui plaide toutefois l'acquittement à la demande de son client. Elle évoque un homme fragile, destitué de l'armée, souffrant de dépression et d'addictions. "Il est détenu depuis cinq mois sans bénéficier de soins adaptés", souligne-t-elle, sollicitant un sursis probatoire.

Le jugement est attendu début janvier.

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