Condamné par défaut pour l'incendie de deux voitures à Saint-Ghislain, il conteste les faits
Il explique son absence de plusieurs heures par une balade nocturne avec son chien.
- Publié le 08-04-2026 à 13h01

Condamné par défaut à trois ans de prison ferme pour l'incendie de deux voitures à Saint-Ghislain, un homme conteste aujourd'hui toute implication. Il assure notamment avoir passé la nuit des faits… à promener son chien.
Les faits remontent à la nuit du 20 au 21 août 2023. Vers 2h42, les pompiers interviennent dans un quartier résidentiel pour deux véhicules en feu, distants d'une quarantaine de mètres. Un détail qui intrigue rapidement : les voitures appartiennent à une mère et à sa fille. L'hypothèse accidentelle est écartée après analyse. L'incendie est volontaire.
Très vite, les soupçons se portent sur l'ex-compagnon de la propriétaire du premier véhicule. Quelques jours auparavant, il lui avait adressé des messages inquiétants, dont l'un évoquant explicitement le feu : "J'ai un superpouvoir. Quand je regarde une voiture, elle prend feu."
Une riveraine affirme, de son côté, avoir aperçu un homme descendre d'une BMW, photographier les deux voitures avant de quitter les lieux. Elle décrit un individu "petit, trapu, bedonnant", un signalement jugé compatible avec celui du prévenu.
L'enquête s'appuie également sur l'analyse du téléphone du suspect. Celle-ci permet de retracer ses déplacements et de fragiliser son alibi. L'homme affirmait se trouver en France pour retoucher un tatouage. Les enquêteurs découvrent en outre des messages menaçants ainsi qu'une photo le montrant avec une arme.
Sur base de ces éléments, le tribunal prononce une peine de trois ans de prison ferme par défaut.
Il conteste
Arrivé en retard à l'audience initiale, le prévenu a fait opposition. De retour devant le tribunal ce mardi, il nie toute implication : "Je n'allais quand même pas mettre le feu à la voiture de la femme que j'aimais", soutient-il.
Sa version peine toutefois à convaincre. Le tribunal relève de nombreuses coïncidences troublantes. Sa défense, assurée par Me Valentine Crombé, plaide néanmoins une autre lecture du dossier : son client reconnaît avoir photographié les véhicules, mais la veille des faits. La nuit de l'incendie, il se trouvait en France, selon les données téléphoniques. Son ex-épouse, ajoute-t-elle, affirme qu'il est incapable d'un tel acte. L'avocate sollicite un sursis probatoire.
Consommation de speed
En face, Me Arnaud Lebas, conseil de la partie civile, démonte cette version. Il dénonce un comportement "totalement déviant" que rien ne peut justifier. "Sous couvert d'amour et de passion, ma cliente a été plongée dans un véritable enfer", insiste-t-il.
Selon lui, le comportement du prévenu s'est dégradé lors d'un séjour en Espagne, où il consommait du speed. "Tout a basculé lorsqu'elle a repris une vie sociale. Les messages qu'il lui envoyait ne relevaient pas de l'amour, mais de la rage."
L'avocat conteste également les explications jugées "farfelues" du prévenu, notamment lorsqu'il affirme avoir photographié la plaque d'immatriculation de son ex-compagne parce qu'il ne la connaissait pas par cœur. Des témoins affirment par ailleurs qu'il sentait le feu à son retour en France.
Le parquet ne s'oppose pas à l'octroi d'un sursis probatoire, mais uniquement sur la base de la peine de trois ans.
Le jugement est attendu en mai.

