Un homme humilié et frappé chez lui à Braine-le-Comte par des squatteurs : Ils lui ont tondu le crâne de force lors d'une soirée d'anniversaire
La victime a été déshumanisée, humiliée et ses bourreaux jouissaient des souffrances infligées, indique le substitut du procureur, lequel a requis de lourdes peines : 8 et 4 ans de prison ferme.
- Publié le 13-04-2026 à 13h01
- Mis à jour le 13-04-2026 à 14h03

Un dossier douloureux a été examiné lundi matin par le tribunal correctionnel. Deux prévenus, Paul et César (prénoms d'emprunt), sont poursuivis pour des faits de violences commises au domicile d'un voisin, en présence de plusieurs mineurs renvoyés devant le tribunal de la jeunesse.
Paul, 30 ans, détenu depuis le 30 mai 2025 et déjà condamné par le passé, reconnaît avoir frappé la victime à cinq reprises au cours d'une même journée. Il conteste toutefois toute effraction dans l'appartement de la partie civile. Il affirme avoir réagi à des provocations et nie avoir participé à la tonte forcée évoquée dans le dossier.
César, 19 ans, également détenu, nie avoir porté des coups. Il explique s'être rendu sur place pour fumer et jouer à la console, tout en reconnaissant avoir assisté à certaines scènes de violence lors de l'enquête. Le président lui rappelle l'existence d'une vidéo datée du 25 mai 2025 montrant la victime frappée par un jeune, sous les encouragements d'autres personnes. César apparaît comme l'auteur de l'enregistrement. Il évoque un contexte festif et la consommation d'alcool, affirmant ne pas être une personne violente. Le tribunal propose à la défense de plaider sur l'abstention coupable.
La crainte
La partie civile, représentée par Me Chloé Vangansberg, affirme avoir subi des pressions après les faits afin de retirer sa plainte. Selon ses déclarations du 29 mai 2025, Paul se serait introduit régulièrement chez lui, parfois en passant par la fenêtre, accompagné de plusieurs jeunes habitués des lieux. L'avocate décrit un climat de violences répétées et d'humiliations, ayant entraîné un important retentissement psychologique. La victime, aujourd'hui, vivrait dans la crainte de recroiser les auteurs présumés.
L'avocate indique également que Paul aurait, depuis la prison, envoyé des tiers au domicile de la victime pour récupérer des effets personnels. La partie civile réclame 5 000 euros de dommages et intérêts.
Scènes filmées
Le substitut du procureur rappelle que les policiers de la zone Haute Senne ont découvert, le 29 mai, un homme particulièrement choqué et blessé, qui refusait initialement de déposer plainte. C'est son père qui a alerté les forces de l'ordre. Sur place, les enquêteurs ont constaté la présence d'objets endommagés : barre en fer, manche de balai en bois. La victime a ensuite expliqué subir des violences quasi quotidiennes depuis un mois, impliquant les deux prévenus et un mineur, tandis que d'autres jeunes filmaient certaines scènes.
Des photos et vidéos versées au dossier corroborent plusieurs déclarations, notamment une image du 2 mai montrant une blessure à la tempe. Selon l'accusation, Paul se serait installé chez la victime, imposant un climat de domination. César et d'autres jeunes fréquentaient régulièrement l'appartement. La victime, blessée à la cheville, aurait été contrainte à effectuer des tâches ménagères malgré son incapacité à marcher correctement.
Huit et quatre ans requis
Le parquet évoque également une soirée du 25 au 26 mai, organisée sans l'accord de la victime, durant laquelle des dégradations et de nouvelles violences auraient été commises. D'autres enregistrements montrent des scènes de coups et d'humiliations. Les faits les plus graves auraient eu lieu dans la nuit du 28 au 29 mai.
Le ministère public requiert des peines importantes, estimant que les faits relèvent de traitements inhumains et dégradants, assortis d'une violation de domicile. Paul, considéré comme l'instigateur et présentant un profil psychologique jugé préoccupant, encourt huit ans d'emprisonnement. Pour César, tout juste majeur au moment des faits, une peine de quatre ans est demandée.
La défense
Me Christophe Colin, avocat de Paul, estime que César et ses mis ont chargé la barque pour faire couler son client. "Il y a beaucoup de : j'ai entendu que…" Il demande au tribunal de retenir les coups sur une seule journée et plaide une peine de probation autonome ou un sursis probatoire, à défaut.
Me Laurent Poisson plaide sur les regrets de son client et sur l'abstention coupable. Il n'est pas convaincu que la place de son client soit en prison. Un sursis simple, ou probatoire, est proposé.
Jugement le jeudi 30 avril.

