Un projet pour rouvrir les carrières de La Malogne au public
Elles avaient été exceptionnellement ouvertes lors des dernières journées du patrimoine.

- Publié le 24-01-2021 à 09h57
- Mis à jour le 25-01-2021 à 14h30

C'est un véritable trésor qui se cache dans les profondeurs de l'entité montoise. Les sous-sols de Cuesmes abritent en effet les carrières de phosphate de la Malogne, des galeries souterraines longues de 175 kilomètres et profondes de 15 à 45 mètres. Un trésor insoupçonné que l'ASBL Projet Malogne espère pouvoir faire découvrir - en partie du moins - au grand public très prochainement.
Les négociations avec la ville de Mons se poursuivent en ce sens. "Lorsque l'asbl a été créée, l'idée était très claire : nous voulions faire les choses bien, fixer un cadre administratif et légal avec les partenaires afin de pouvoir un jour espérer rouvrir le site au public", explique Philippe Manceaux, administrateur-délégué de l'association.

Pas moins de 14 propriétaires se partagent en effet le site, qui s'étend sur une superficie totale de 68 hectares. "Nous avons pris notre bâton de pèlerin et nous avons obtenu les accords de tous les propriétaires pour assurer la gestion du site et surtout, sa surveillance. Nous y descendons entre deux et quatre fois par semaine. Nous sommes avant tout des passionnés !", ajoute Éric Leblois, président.
Parmi les propriétaires, l'on retrouve la ville de Mons (qui possède notamment l'entrée du site), le département nature et forêt (DNF), Natagora, Infrabel et une série de particuliers. "Le site est extrêmement riche, de par son histoire mais pas seulement. Il héberge par exemple plus de 1500 chauves-souris, dont plusieurs espèces menacées. Collaborer avec Natagora est une chance pour cette raison."

Concrètement, si l'association Projet Malogne obtient toutes les autorisations requises, une visite d'environ 1,5 kilomètre (plus ou moins 1h30) pourrait être proposée aux participants, dans des conditions de sécurité optimales. Le tracé a d'ores et déjà été défini par les membres de l'association, au nombre de neuf à ce jour. Le respect de l'environnement et des chauves-souris seraient évidemment primordiaux. Le circuit ne serait ainsi accessible qu'entre avril et octobre.
"L'accès au site est interdit pour des questions évidentes de sécurité. Il n'est donc pas connu des habitants de la région alors que c'est un formidable attrait touristique. La volonté n'est pas et ne sera jamais d'en faire un Walibi bis ! Mais il est remarque à plus d'un titre car l'on y découvre les traces de l'exploitation passée bien sûr, mais aussi des vestiges plus anciens encore, comme des fossiles de reptiles."
Les galeries ont été creusées à coups de pioches et d'explosion par l'homme entre 1876 et les années 1920 dans un but d'excavation de craie phosphatée. Plus tard, elles ont abrité les résistants de la Seconde Guerre mondiale, pour finalement être transformées en champignonnières. Le site pourrait-il devenir un véritable joyau de diffusion scientifique ? Les bénévoles y croient ! Du côté de la ville de Mons, on assure de ne pas être fermé à cette possibilité mais des garanties de stabilité doivent avant tout être apportées. Après quoi une convention pourrait être signée.
