Atèlé: deux tonnes de bronze dans le haut de la ville de Namur, symbolisant la résilience
Une nouvelle œuvre d'art en bronze a été inaugurée vendredi à la jonction des rues des Carmes et des Croisiers. Elle est signée Jacques Servotte, un artiste multidisciplinaire de Floreffe.
- Publié le 22-10-2023 à 15h49

Traverser les embûches de la vie, les dépasser, faire preuve de résilience et de dépassement de soi, ce sont les messages véhiculés par l'artiste Jacques Servotte à travers son œuvre Atèlé, inaugurée vendredi à Namur. "C'est l'achèvement d'un long parcours, l'accouchement d'un gros bébé (de deux tonnes !) ", a commenté Anne-Céline Burton, chargée du développement commercial chez Prométhéa.
L'artiste floreffois né à Falisolle (Sambreville) est le lauréat 2021 du prix Namosa, un collectif de 19 entreprises mécènes namuroises initié par l'ASBL Prométhéa. Créé en 2020 dans un contexte difficile, Namosa soutient, encourage et valorise l'installation d'œuvres d'art dans l'espace public.
"Les entreprises ont un rôle plus large que celui que l'on veut bien leur donner, estime Paul-Édouard Aubry, président du collectif Namosa. L'intérêt d'un tel mécénat est de promouvoir la création, la culture." En novembre 2021, Namosa avait inauguré L'Empreinte de l'ange, une première œuvre de plus de 2000 feuilles d'or sur la place de l'Ange.
"En leur demandant de créer des œuvres dans l'espace urbain, on donne beaucoup de challenges aux artistes. Notre volonté est de rendre l'art accessible au plus grand nombre. On aime aussi le côté iconoclaste, surprenant, qui fait réfléchir différemment, poursuit Paul-Édouard Aubry. L'œuvre de Jacques Servotte dépeint un personnage qui, en restant optimiste et confiant, fait face aux difficultés de la vie. Des obstacles auxquels tout entrepreneur est confronté et face auxquels il doit faire preuve de résilience."
Pas que décorative
Jacques Servotte, artiste multidisciplinaire (sculpteur, peintre, céramiste, écrivain en français et en wallon ou encore philosophe) a travaillé dur pour voir éclore une de ses œuvres dans l'espace public. "C'est une reconnaissance, la consécration du travail d'une vie", a commenté celui qui a une exposition permanente à la Maison de la laïcité (rue Lelièvre à Namur) intitulée Saynètes de la vie de tous les jours, art et citoyenneté. Pour lui, une œuvre n'est pas nécessairement que décorative. Elle est engagée, dénonce des dysfonctionnements, véhicule des valeurs et porte des messages forts.

C'est le cas d' Atèlé. "Ce personnage ne subit pas, il a le courage de gagner sur lui-même. Libre et dépassant la cacophonie ambiante, il agit et assume", décrit Jacques Servotte. La sphère qu'il entoure de ses bras représente la difficulté des choses à mener à bien. "Son attitude n'est pas celle passive de porter un fardeau mais celle dynamique et volontaire de relever une charge conséquente, indique-t-il. Cette statue encourage l'émulation et incite quiconque à faire de même."
Selon Jacques Servotte, chacun peut avoir sa propre interprétation de cette sphère: "Pour certains, elle symbolise les épreuves (maladie, deuil, addiction, infortune…) tandis que pour d'autres, c'est l'insubordination, la révolte. Quel que soit le motif, le personnage sculpté ne s'apitoie pas sur lui-même et se dit qu'il faut avancer."
Un 4e appel à projets
Et Paul-Édouard Aubry d'ajouter: "L'artiste n'a pas cédé à la facilité de montrer un entrepreneur fier. Il est éloigné d'une démarche narcissique, dit-il. Il s'agit d'un entrepreneur qui est concentré sur son travail et qui le fait avec humilité, sans se soucier du regard des autres. une humilité dont on a tous besoin !"
L'œuvre est accompagnée d'un QR code sur son socle qui renvoie vers le site Internet de l'artiste afin de découvrir davantage d'informations.
Namosa inaugurera une troisième œuvre, une fresque baptisée La Souffleuse de rêve, au printemps prochain, boulevard du Nord (sur un bâtiment du SPW), et lance déjà un nouvel appel à projets pour une quatrième œuvre artistique pérenne. Les artistes intéressés peuvent envoyer leur candidature avant le 26 novembre via le site promethea.be. L'objectif visé est qu'un parcours d'artistes prenne forme au fil des ans.