AGC Moustier: un four arrêté en février, le personnel inquiet pour l'emploi
La direction de l'usine AGC à Moustier, spécialisée dans la production de verre, éteindra préventivement un des trois fours en février pour le réparer. Mais sa relance est incertaine.
- Publié le 26-12-2023 à 12h00

À quelques jours des fêtes de fin d'année, la direction d'AGC Glass Europe de Moustier a déposé une bien mauvaise nouvelle sous le sapin du personnel de l'entreprise: l'un des trois fours de l'usine jemeppoise, utilisé pour la production du verre, sera éteint fin du mois de février 2024. La raison: sa vétusté qui oblige à le réparer. Une étape obligatoire, attendue, mais qui ne rassure pas pour autant une partie des 650 travailleurs. Explications.
La direction n'a pas assuré à 100% que ce maillon crucial dans la chaîne de production du verre reprendrait du service. "Le discours de la direction est inquiétant, nous indique-t-on du côté du personnel. Dans les faits, l e four pourrait encore tourner un an mais la direction préfère anticiper son arrêt pour des raisons économiques dans la mesure où il y a trop de verre en circulation sur le marché. Elle a également ajouté qu'il y a, pour le moment, un four et demi en trop pour tout le groupe AGC. Elle n'annonce pas pour autant sa fer meture définitive mais elle n'envisage pas sa réparation dans la foulée. Son redémarrage n'est en fait espéré qu'en avril 202. Et ce, sans aucune certitude à l'heure actuelle. Plus de 150 membres du personnel sont liés, de près ou de loin, à ce four. Nombreux sont ceux qui craignent de perdre leur emploi à terme."
Une réunion début janvier
Du côté des syndicats, on confirme cette information. Une réunion aura lieu au début du mois de janvier pour évoquer, avec la direction, la réorganisation du personnel. Aucun licenciement n'est aujourd'hui évoqué. "Il devrait y avoir du chômage tournant et du personnel recasé dans d'autres services de l'entreprise en attendant le redémarrage du four en avril 2025, ajoute Anthony Maffeys, délégué principal FGTB. Nous discuterons de ces modalités début janvier avec la direction."
Pas de certitude mais une lueur d'espoir
Il confirme que la crainte, c'est qu'il ne soit jamais remis en service. "Nous n'avons reçu aucune garantie à ce jour. Cependant, la situation est différente de celle de 2012, date de la fermeture du dernier four." Selon le délégué principal FGTB, la direction a assuré qu'il serait vidé du verre pour effectuer sa réparation plus tard. "Il y a onze ans, cette opération n'a pas eu lieu ce qui signifiait son arrêt définitif et une restructuration dans la foulée. C'est pour ces raisons que nous avons fait grève. La situation est, cette fois, différente puisque la direction s'engage à le vider en février prochain. S'il est réparé, je ne vois pas pourquoi il ne serait pas remis en service puisque le coût de la réparation avoisine les 41 millions€. Il y a donc de l'espoir même si nous n'avons aucune certitude qu'il soit effectivement réparé puis réactivé. La direction n'a pas non plus évoqué la mise en place d'un plan de restructuration."
Ce n'est donc qu'au début du mois de janvier que le personnel et les syndicats y verront plus clair. En attendant, c'est une centaine de membres du personnel qui passera les fêtes de fin d'année dans l'incertitude.
Contactée, la direction n'était pas disponible pour répondre à notre appel.