Jambes: La Maison de la moule inondée pour la 5e fois en 1 an et demi.
Avenue Jean Materne, la Maison de la moule subit des inondations à répétition. Les assurances, elles, se font attendre. Le restaurateur ne sait plus à quel saint se vouer.
- Publié le 09-01-2024 à 07h00

La Maison de la moule. Installé avenue Jean Materne, à Jambes, l'établissement porte un nom qui renvoie sans détour à l'univers marin. Si Laurent Lemineur, son gérant, aime les servir, il se passerait bien de jouer les pêcheurs de moules dans sa cave. Or, depuis un an et demi, il est de plus en plus fréquent que l'homme doive enfiler ses bottes pour y descendre. Un écriteau affiché sur la porte d'entrée de l'établissement depuis quelques jours donne le ton. "Chers clients, nous sommes encore fermés pour cause de dégâts des eaux (la 5e fois)!!!"
En quittant la vallée du Samson où son précédent établissement avait été inondé jusqu'au toit en juillet 2021, Laurent Lemineur pensait avoir laissé derrière lui ce genre de mésaventures. Loin s'en faut. "Nous avons ouvert à Jambes en septembre 2021 et nous avons connu notre premier sinistre en juin 2022", retrace le locataire des lieux. Il s'agissait alors d'infiltrations au niveau de la toiture. Quelques mois plus tard, c'est une conduite d'eau, à l'étage du bâtiment, qui a cédé. Les plafonds moulurés du restaurant en gardent encore les stigmates.
Un tuyau trop petit
Depuis septembre, c'est dans les caves que se situe le problème. Celles-ci ont été inondées à pas moins de trois reprises. "Au départ, les assurances nous ont dit qu'elles n'interviendraient pas, car elles estimaient qu'il s'agissait d'un refoulement des égouts… Mais ça ne tient pas, car dans de telles circonstances, il n'y a pas qu'une seule maison touchée." Au fil des investigations qui ont suivi les autres sinistres, une explication toute autre a pu être trouvée. "Le problème vient de la maison d'à côté qui appartient au même propriétaire que notre restaurant. Une canalisation reprend toutes les eaux des toitures, ainsi que les évacuations des appartements. La section doit être trop petite, ça déborde…", souffle Laurent Lemineur. Et celle-ci déborde à tel point que l'eau finit par se frayer un passage à travers le mur de la cave et la remplir jusqu'à 35 centimètres de hauteur. "La conduite ne passe pas chez moi, insiste Laurent. Je n'ai rien à voir là-dedans."
Les assurances, elles, se font toujours attendre. Aucune solution ne se dégage avec le propriétaire des lieux. "Et ça va devenir de plus en plus difficile à justifier. J'ai subi une inondation le 27 novembre dernier. Et le 2 janvier, alors que l'expert n'était pas encore passé pour ce précédent sinistre, nous avons de nouveau tout perdu… J'ai fait appel à un huissier pour constater."
Plus de 100 000 € de préjudice
Le préjudice atteint désormais la somme rondelette de 115 000 €. "J'ai dû refaire tous les coffrets électriques, les chambres froides et de congélation ont été refaites trois fois… et puis, il y a toute la marchandise."
Continuer dans ces conditions n'est plus possible pour l'exploitant. L'Afsca ne le permettrait de toute façon pas avec ce matériel souillé par les eaux. De nouveaux investissements seraient nécessaires pour relancer l'activité. Mais en vaudraient-ils la peine alors que le problème de fond n'est toujours pas résolu ? Poser la question, c'est y répondre. Laurent Lemineur envisage sérieusement le déménagement. Reste que pour se relancer, une intervention des assurances serait salutaire. La lueur d'espoir viendra peut-être d'une réunion prévue ce mardi, en présence des experts des différentes parties, afin de discuter de l'ensemble des dossiers. Bien que cette réunion s'annonce aussi fermée qu'une coquille de moule récalcitrante, peut-être renferme-t-elle une fin heureuse.