Autorisée à avoir un animal après des faits de maltraitance: la grogne du bourgmestre d'Éghezée
Pour la Commune, la personne dont les 134 chiens et chats avaient été saisis est inapte à s'occuper d'un animal. Une nouvelle demande de l'intéressée, "blacklistée", a pourtant été validée par la Région. Rudy Delhaise est furieux.
- Publié le 12-01-2024 à 11h31

En novembre dernier, la mise au jour d'une ménagerie de 134 animaux avait suscité l'émoi à Éghezée.
L'Unité du bien-être animal (UBEA) était intervenue dans une habitation pour saisir 111 chiens (essentiellement de petites tailles comme des jack russells et des chihuahuas), treize chats et dix animaux de ferme dont quatre ânes et des poules. Des riverains incommodés par l'odeur qui émanait des lieux avaient donné l'alerte.
Pour l'UBEA, il s'agissait de la plus importante saisie effectuée ces dernières années. "Les animaux étaient détenus par une dame qui y tenait manifestement, mais qui semble souffrir de problèmes psychologiques. On semble être dans un exemple typique de syndrome de Noé: la personne accumule les animaux sans intention de les violenter, mais on ne peut pas héberger autant d'animaux et s'en occuper correctement. On parle dans ce cas de maltraitance non-intentionnelle", confiait alors Sébastien De Jonge, du refuge Sans Collier, l'une des associations ayant recueilli les pauvres bêtes. Celui-ci espérait que la propriétaire ne serait pas tentée de récidiver.
La Commune avait pris les devants en mettant la dame sur liste noire afin de parer à toute future demande de sa part. Pour rappel, la législation wallonne exige des personnes désireuses de posséder un animal de compagnie qu'elles obtiennent une autorisation. Et ce afin d'éviter toute maltraitance et tout manquement au bien-être.
"Il y avait 50 cm d'excrément sur le sol de la maison. C'était monstrueux", commente le bourgmestre Rudy Delhaise qui, pensait, en tout état de cause, que l'habitante d'Éghezée ne pourrait plus jamais avoir un compagnon à quatre pattes.
Cette dernière a pourtant tenté le coup auprès de la Région, autorité compétente en la matière. Et contre toute attente, elle a obtenu un feu vert. Le mayeur éghezéen est furibard. "Cela va à l'encontre du resserrage de la législation pour le bien-être animal", grogne Rudy Delhaise, contraint de délivrer les autorisations. "C'est un non-sens. On fait chier les gens qui souhaitent avoir un poisson rouge et dans les faits, il n'y a rien qui suit. On ne tient même pas compte de ce que font remonter les Communes", lâche-t-il.
Le bourgmestre explique que la propriétaire des 134 animaux saisis a néanmoins tenté de faire bonne figure en entamant les grandes manœuvres de nettoyage de l'habitation ravagée par les excréments. Insuffisant pour Rudy Delhaise, toujours pas enclin à apporter son blanc-seing à la demanderesse. "Je compte écrire à la ministre (NDLR: Céline Tellier, en charge du Bien-être animal). Et je ne signerai rien", conclut-il.
