Le dépôt d'Aldi des Isnes totalement bloqué par les agriculteurs : "ils ne cessent de tailler dans ce qui est payé au fournisseur"
Depuis la nuit dernière, les agriculteurs bloquent aussi l'importante centrale de distribution d'Aldi, aux Isnes (Gembloux). Ambiance au bord du brasero, ce mercredi 31 janvier 2024.
- Publié le 31-01-2024 à 11h12
- Mis à jour le 31-01-2024 à 11h37

Halte-là, on ne passe pas. Pas besoin d'employer les grands moyens: les chauffeurs des camions qui doivent livrer le dépôt de l'Aldi, implanté aux Isnes (Gembloux), ont compris le message. Depuis hier soir, personne ne rentre, personne ne sort.
"On bloque les accès, dans la foulée de la manif à Namur", situe Axel Jergeay, pour la FJA (fédération des jeunes agriculteurs). "On a ouvert une bonne trentaine de camions pour vérifier la provenance des produits", intervient un autre jeune agriculteur, tout aussi déterminé. "On y a notamment vu des carottes et des oignons venus d'Espagne. Alors qu'on cultive tout ça dans les champs, ici, à côté."
Deux tracteurs bloquent les grilles d'accès de l'imposant dépôt. "Et ce sera encore le cas la nuit prochaine. Tout le monde ne part pas à Bruxelles, on maintient le piquet ici."
L'un des manifestants précise les raisons de cibler le groupe Aldi. "Ils tirent vraiment les prix et tout le niveau de l'alimentation vers le bas. Ils ont un gros impact sur le niveau des prix. Comme dans d'autres groupes, ils demandent du volume mais ne cessent jamais de tailler dans ce qui est payé au fournisseur qui finit par avoir la corde au cou."
Une Bertinchamps offerte à un chauffeur venu de Marseille
Entre minuit et quatre heures du matin, les agriculteurs ont vu passer pas mal de chauffeurs. "Ils comprennent aussi notre action. Y a pas de tension", assure Axel Jergeay. "Nous aussi, on comprend leurs difficultés. Comme pour ce chauffeur qui a mis trois jours pour venir de Marseille. Il a été bloqué un peu partout. Pour le consoler un peu, on lui a donné une Bertinchamps, vrai produit local. Et il a apprécié…"
Au volant de son camion, Diallo patiente encore un peu. Il attend les instructions de son patron. Il a quitté Saint-Trond à quatre heures du matin, transportant une cargaison de biscuits. "Ils sont fabriqués en Belgique", insiste-t-il. "Pour moi aussi, les journées sont compliquées", confesse ce chauffeur de 28 ans. "Je livre aussi en France et j'ai été bloqué assez longtemps sur l'A1 (l'autoroute qui relie Lille à Paris) . Un ami a été bloqué plusieurs jours en Bretagne. Je roule depuis cinq ans, j'ai déjà connu des actions mais là, c'est beaucoup plus costaud." Et ce n'est pas fini.