Floreffe: la Commune veut acquérir l'ancien presbytère et la chapelle Notre-Dame du Rosaire
Pour retrouver un lieu de culte accessible et donner de l'air à l'école primaire du séminaire, la Commune est prête à acquérir l'ancien presbytère et la chapelle ND du Rosaire.
- Publié le 03-02-2024 à 09h26

Lors de la première séance du conseil communal de l'année, le lundi 29 janvier 2024, le bourgmestre Philippe Vautard a dévoilé le projet d'acquisition de la chapelle et de l'ancien presbytère du vicaire, situés à la rue du Séminaire, juste à côté de la Maison de la musique, de la bibliothèque et de l'office du tourisme. Ces deux bâtiments appartenaient au séminaire épiscopal de Namur et le prix de vente était fixé à 255 000 €.
Avec l'achat de la chapelle, le collège veut permettre aux Floreffois de retrouver un lieu de culte. Depuis le départ des religieuses et la vente du carmel, les paroissiens se retrouvaient un dimanche sur deux dans l'église du Rosaire, à quelques mètres de là mais en surplomb, dont l'accès pentu est particulièrement délicat pour les personnes plus âgées ou à mobilité réduite.
"Pendant des décennies, on célébrait deux messes, chaque week-end, dans cette chapelle, rappelle le bourgmestre. On va bien évidemment devoir prévoir des travaux pour respecter les normes incendie et le chauffage. Outre la messe dominicale, on pourra y organiser des expositions."
Quant au presbytère dont le dernier locataire fut l'abbé Dahin, il sera cédé à l'école primaire du séminaire par emphytéose. Celui-ci devra gérer les travaux.
"C'est une excellente nouvelle, avoue la directrice Béatrice Hardy. Avec 431 élèves en primaire, nous manquons de locaux. Dans ce bâtiment, nous pourrons aménager deux classes au rez-de-chaussée. À l'étage, nous aurons un local pour les réunions de l'équipe enseignante. Nous pourrons aussi disposer de locaux pour les logopèdes, le centre psycho-médico-social (PMS)."
À l'arrière de ce presbytère, sur le terrain, la commune envisage de déplacer le module, réservé à la classe inclusive, qui se trouve sur la place Soviret. "Nos enfants seront plus en sécurité et pourront profiter du jardin." se réjouit Mme Hardy.
Majorité contre opposition, le conseil a marqué un accord de principe sur le projet. "L'évêché doit obtenir l'accord du ministère de la Justice pour la vente, précise le bourgmestre. L es actes ne seront donc pas signés avant quatre mois."
"On peut être conscient de la réalité et la trouver un peu choquante"
Du côté de l'opposition, tant Écolo que le PS ont voté contre ce projet. Pour Écolo, Magali Deproostexplique : "Évidemment, avoir un lieu de culte dans le centre de Floreffe est légitime et la question de l'accessibilité est cruciale. Mais quid de l'église? Cela vaut-il le coup de la garder dans le giron de la Commune? On a l'impression d'une démultiplication de lieux dont il faut assumer la charge. Quant à la maison Dahin, pourquoi l'école ne rachète pas le bâtiment, ce ne serait pas plus simple? Puis, je ne connais personne qui achèterait un bâtiment à rénover sans savoir combien ça va lui coûter en restauration. Je n'ai pas trouvé le certificat PEB, or c'est une obligation légale. Acheter des bâtiments, sans en estimer le coût total, ça ne nous semble pas être une manière efficiente de gérer les deniers publics. Puis, les chapelles Saint-Roch, Jodion, l'église de Floreffe, la maison André, en termes d'exemplarité communale concernant les bâtiments inoccupés, ce n'est pas un message positif."
"Je ne vais pas faire d'estimation pour un compte de tiers sur la maison Dahin.", a rétorqué Philippe Vautard. "Pourquoi l'acheter alors?" "L'intérêt, c'est le terrain à l'arrière où l'on pourrait, dans le futur, créer un nouvel espace public, comme une crèche." George Dereau pour le PS a abondé dans le sens des écologistes. "On n'avait pas d'argent pour faire la rénovation du bâtiment du CPAS, où était la bibliothèque. Tout d'un coup, on en a pour racheter ce bâtiment et un terrain qui ne va servir à rien avant bien longtemps. Ce n'est pas cohérent."
