Floreffe: le festival Esperanzah! est sauvé pour cet été : Yamê, Xavier Rudd, Peet et Amadou & Mariam en seront
Au compte-gouttes, l'affiche d'Esperanzah ! se complète, d'un continent à l'autre. Avec des artistes confirmés et d'autres appelés à l'être très vite.
- Publié le 08-02-2024 à 13h00

Le 14 novembre dernier, le festival Esperanzah !, implanté depuis 22 ans à l'abbaye de Floreffe, annonçait la première tête d'affiche d'un festival en changement: Zaho de Sagazan, phénomène de la chanson française. Après ce premier coup de tonnerre, les festivaliers ont dû attendre plus de deux mois pour avoir un peu plus de biscuit. Par vagues, quatre nouveaux artistes se sont ajoutés au menu international.

Côté Australie et didgeridoo, le multi-instrumentiste Xavier Rudd fera son retour sur la scène floreffoise. Le showman aux bras tatoués et aux pieds nus fait partie de l'histoire de l'événement puisque de nombreux festivaliers ont pu l'y découvrir en 2008 puis en 2012. Artiste coup de cœur pour beaucoup et tout terrain (il était à Rock Werchter en 2023), Xavier Rudd fait entrer en résonance ses combats écologiques avec sa musique, servie par des instruments traditionnels et acoustiques: guitare, harmonica, banjo et, entre autres, l'inévitable didgeridoo dont l'artiste a appris la pratique avec le tube de l'… aspirateur familial.

Autre continent, autres sonorités, c'est d'Afrique que vient le célèbre duo Amadou et Mariam. S'ils ont grandi au Mali, c'est la Côte d'Ivoire qui leur a offert les bonnes conditions d'enregistrements pour que leur musique explose au grand jour. Formant un couple à la ville comme à la scène, Amadou et Mariam sont tous deux aveugles. Avec leur musique solaire et des paroles citoyennes, ils se sont imposés en stars de la musique du monde, remportant deux victoires de la musique et collaborant notamment avec Manu Chao, – M -, Black M, Tiken Jah Fakoly, U2 ou encore Bertrand Cantat. Si Amadou (Bagayoko) était venu réchauffer le cœur d'Esperanzah ! avec les Ambassadeurs en 2014, jamais le duo ne s'y était invité.

Le Bruxellois Peet sera aussi de la partie. Le rappeur (en français) arrive en force puisqu'il a terminé l'année 2023 par un concert complet à l'Ancienne Belgique. Ancien membre du groupe Le 77, Peet a deux albums en solo à son actif. De quoi se constituer un répertoire irrésistible, dansant, planant tout en visitant les sensations que procure la vie de tous les jours. Mais avec un grain de folie qui envoie notre quotidien en vacances ressourçantes.

Enfin, ce jeudi 8 février, c'est un dernier nom (pour le moment) qui s'est ajouté, mais non des moindres. Yamê. Franco-Camerounais de tout juste 30 ans, il est l'auteur de deux albums qui mettent la barre haut. "C'est le gros coup de cœur de cette année, qui vient à Floreffe en exclusivité pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, explique Jean-Yves Laffineur, directeur et programmateur d'Esperanzah !. Quel est son registre ? C'est impossible à dire, c'est un OVNI, un crossover total, qui mélange son et dialecte, musique urbaine, musique du monde, avec une voix exceptionnelle." De quoi promettre un concert plein de couleurs, dans six mois.

Le festival aura lieu cet été: déjà 150 coopérateurs et 100 000 € réunis
Pour rappel, la tenue de la 22e édition d'Esperanzah ! et sa pérennité passent désormais par une coopérative, Zah ! Lancée le 20 décembre, la structure espère lever 300 000 € pour combler le déficit de trésorerie.
Où en est-on un mois et demi après l'appel ? "Le festival aura lieu cet été, il est en partie sauvé. Toute l'énergie est là pour le redéployer, explique Jean-Yves Laffineur. Très concrètement, en parts B (personnes morales) et C (personnes physiques), nous avons réuni 100 000 € et 150 personnes, 1/3 de notre objectif. Avec les promesses d'engagements, nous devrions atteindre 2/3. Nous avons eu de belles surprises, de partenaires, de sous-traitants historiques. Parfois les montants sont importants mais il y a aussi des gens ayant moins les moyens qui deviennent coopérateurs. Et même s'il y a aussi la place à acheter, les festivaliers sont aussi au rendez-vous. Pas encore les pouvoirs publics pour le moment. Deux-tiers, c'est bien, mais c'est un travail sur la durée, nous devons continuer l'effort pour retrouver la trésorerie puis redéployer le festival de manière résiliente."
