Depuis un an, la circulation est interdite rue de la Sitrée à Vedrin à cause d'un mur instable : "Les gens perdent parfois patience"
Depuis plus d'un an, la circulation dans une rue centrale de Vedrin est interdite à cause d'un mur jugé menaçant. Le propriétaire commence des travaux de stabilisation cette semaine. Pas sûr que ce sera suffisant.
- Publié le 14-04-2024 à 13h54

Il a vraiment du cachet, ce mur, cet imposant mur de la rue de la Sitrée, avec ses pierres grises et ses briques rougeâtres. Mais depuis des mois (des années même), son charme agit moyennement sur les habitants du quartier.
Depuis le 6 avril… 2023, un arrêté du bourgmestre interdit la circulation dans cette rue qui occupe pourtant une position centrale dans la mobilité du village.
Pierrailles au sol et fissures visibles: un riverain avait alerté les autorités d'un possible effondrement de l'ouvrage. "Tout ça fait suite aux fortes pluies et inondations de juillet 2021", relativise Jean-Christophe Weicker, le propriétaire du mur. "Depuis lors, plus rien n'a bougé."
Ce n'est pas l'avis de l'agent de la Ville de Namur et de l'expert désigné qui se sont rendus sur place l'été dernier. "Un risque d'effondrement sur la voirie existe au vu de la hauteur du mur qui présente, par ailleurs, à certains endroits, un hors plomb important", insiste Maxime Prévot, le bourgmestre de Namur, responsable" de la sécurité publique.
"Depuis plus d'un an, la circulation est détournée vers des petites rues qui ne sont pas faites pour accueillir une circulation si dense et un charroi si important", regrette Corine Praile. "Les usagers doivent faire un détour qui allonge le parcours de 900 mètres. Si vous devez conduire vos enfants à l'école le matin et le soir, avec l'aller et le retour, ce sont des distances supplémentaires importantes qui sont imposées."
Six mois en plus
Comme de nombreux autres Vedrinois, Corine Praile s'étonne qu'un an plus tard, rien n'a encore bougé. "Les gens perdent parfois patience et prennent les routes en sens unique. Il m'est déjà arrivé pendant près de trente minutes, bloquée dans la rue, le temps de la livraison de mazout. Ces rues ne sont pas adaptées…", conclut l'initiatrice de la pétition signée par deux cents personnes.
Entre-temps le bras de fer entre la Ville et le propriétaire continue.
"Comment réagiraient les riverains si le mur venait à s'effondrer sur un enfant, une poussette, un cycliste, une voiture,… parce que nous aurions rouvert la circulation trop tôt ?", questionne le bourgmestre. Au passage, on apprend que même si les rapports de l'expert sont positifs, il faudra encore attendre six mois, et une confirmation des analystes, pour que la voie soit rouverte.
"La Ville a fait preuve au départ d'une sécurité excessive. Et elle ne veut pas fera marche arrière au risque de se désavouer", estime le propriétaire.
Il y a du mouvement et chacun campe pourtant sur ses positions. Le mur de Vedrin prend la forme d'un casse-tête.