Sambreville : Défi quitte la liste Ensemble, refusant "d'être associé à l'extrême droite"
La liste Ensemble, créée pour défier la majorité PS à Sambreville, vacille sous les désaccords internes. Après le départ d'Ecolo, c'est Défi qui s'en va, en raison des liens supposés de Flavio Cioffi (MR) avec l'extrême droite italienne.
- Publié le 05-09-2024 à 06h00

La politique à Sambreville prend des allures de tempête en ce début de campagne électorale, et le navire "Ensemble" semble tanguer dangereusement. Alors que le PS règne en maître absolu, seule la liste Ensemble, une coalition initialement composées de citoyens, de MR, d'Engagés et d'Ecolos, semblait capable de troubler ces eaux calmes. Pourtant, à peine sortie du port, cette alliance vacille déjà sous le poids des désaccords internes.
Un soutien à l'extrême droite italienne ?
Il y a quelques mois, Olivier Bordon, ancien premier échevin PS, lançait avec ambition cette liste dans l'espoir de renverser la majorité socialiste. Mais les premiers remous se sont fait sentir lorsque les écologistes ont quitté le groupe. Désormais, c'est Défi qui largue les amarres. La présidente du parti, Sophie Rohonyi, a pris la décision de retirer son soutien à la liste Ensemble, en raison des propos et de l'attitude de Flavio Cioffi, un candidat apparenté au MR. Ce dernier aurait organisé un meeting en faveur de l'extrême droite italienne dans son garage automobile, une action qui soulève de nombreuses questions. Arborant les couleurs et les noms de Matteo Salvini, Silvio Berlusconi et Giorgia Meloni sur le flyers d'invitation, certains voient en cette image l'apologie des discours nationalistes et xénophobes, prônant une politique identitaire et anti-immigration.
Défi s'en va par précaution
Baudouin Decharneux, candidat Défi, invoque le principe de précaution, préférant ne pas se retrouver embarqué dans une campagne avec des personnes dont les idées flirtent avec les extrêmes. "Nous ne portons pas de jugements, mais nous devons rester prudents. Il est inquiétant d'être associé à des formations politiques d'extrêmes droites antidémocratiques, même si je garde en tête que des trucages sont toujours possibles", déclare-t-il, en soulignant l'importance de ne pas céder aux procès d'intention.
De son côté, Olivier Bordon tente de maintenir le cap. "Comme tout le monde, j'ai été alerté et des dispositions ont été prises. Nous restons un groupe démocratique sans aucune affinité avec l'extrême droite", rassure-t-il. Il est prévu qu'une décision soit prise ce soir concernant la situation de Flavio Cioffi. Mais l'incertitude plane : les cinq candidats Défi resteront-ils à bord ou la liste devra-t-elle combler ces places vacantes en pleine tempête ? Bordon fustige la réaction "précipitée et non professionnelle" de la présidente Rohonyi, tout en affirmant que l'attaque viendrait du PS, désireux de semer la zizanie dans son équipage.
Conflit personnel entre Cioffi et Luperto ?
Face à ces accusations, Flavio Cioffi se défend vigoureusement. Selon lui, l'événement organisé dans son garage a été mal interprété : "C'est une attaque directe de Jean-Charles Luperto. J'ai organisé un événement chez son oncle, et il ne veut pas être associé à la liste Ensemble. Il a d'ailleurs déclaré "il va me le payer". On m'associe à une propagande d'extrême droite alors qu'il s'agissait simplement d'un rassemblement. Forza Italia est un parti de droite en Italie, semblable au MR en Belgique. J'ai par ailleurs le soutien de mon propre parti", explique-t-il.
En attendant, le navire "Ensemble" navigue désormais en eaux troubles, et il reste à voir si l'équipage saura surmonter ces vagues houleuses ou si le navire finira par sombrer avant d'atteindre son objectif. Une chose est certaine, à cinq semaines des élections, chaque décision prise sera cruciale pour ne pas perdre le cap.