Namur | "Cette pénurie de cours de natation dans les piscines de la Ville exacerbe les inégalités", dénonce le collectif Salzinnes Demain
Selon le collectif Salzinnes Demain, plusieurs écoles n'organisent plus de cours de natation depuis la fermeture de la piscine de Salzinnes, ce qui aggrave les inégalités sociales. La création d'un troisième bassin communal à Bouge est toujours à l'étude.
- Publié le 31-05-2025 à 12h08

Depuis la fermeture de la piscine de Salzinnes fin 2020, de nombreux nageurs sont restés au bord du plongeoir. Le collectif Salzinnes Demain dénonce cette situation de longue date et regrette le manque de solutions concrètes apportées par les autorités.
Ce mardi soir, lors d'une interpellation citoyenne, le collectif a souhaité savoir quand ce vide serait comblé. Car il l'a rappelé, "la fermeture de la piscine de Salzinnes n'est pas une simple décision administrative: c'est une perte pour la santé, la sécurité et la cohésion sociale de notre communauté."
L'enjeu de l'apprentissage est également central."Comme le stipulent les socles de compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est attendu que les élèves sachent se propulser dans l'eau dès la 2e primaire et qu'ils maîtrisent une distance de 25 mètres en fin de 1er degré du secondaire. Aujourd'hui, comme attendu, ces objectifs sont largement inaccessibles aux enfants namurois."
Des cours suspendus
Pour appuyer ses propos, le collectif s'est basé sur un sondage réalisé en novembre 2024 auprès de 33 directions d'écoles du Namurois. Seules 12 ont répondu, les écoles communales n'ayant pas participé, devoir de réserve oblige.
Résultat: toutes les écoles ayant répondu ont dû changer de piscine pour leurs cours de natation. Sept ont même entièrement suspendu ceux-ci. Les autres évoquent des surcoûts et pertes de temps liés à des trajets plus longs. "Cette pénurie de cours de natation dans les piscines de la Ville exacerbe les inégalités: seuls les enfants de familles aisées, capables de financer des cours privés, peuvent espérer maîtriser ces compétences essentielles. Pourtant, des dizaines de noyades sont recensées chaque année en Belgique […]."
Fort de ce constat, le collectif a demandé aux autorités de "relancer un projet de la construction d'une troisième piscine à Salzinnes ou sur un autre site sportif, accessible facilement".
Objectif: fin de législature
Dans sa réponse, la bourgmestre f.f. a voulu faire preuve de nuance: depuis la fermeture du bassin de Salzinnes, toutes les écoles se sont vu proposer un créneau dans d'autres piscines, même si la situation a parfois été complexe en raison des diverses fermetures. "Certaines écoles ont décliné en raison de contraintes internes en matière de transport, mais aucune ne s'est vu refuser l'accès à une piscine, à l'exception, peut-être, de quelques écoles du maternel ou situées hors du territoire communales."
Aujourd'hui, la piscine de Saint-Servais accueille toutes les écoles communales, ainsi que 23 autres établissements. L'ensemble des demandes devraient être couvertes par la réouverture "imminente" de la piscine de Jambes. Après analyse, la piste d'un nouveau bassin sur le site du P + R de Bouge est toujours sur la table. Le projet est en cours d'élaboration afin de baliser un montage économiquement viable. "La Ville n'a pas les moyens de réaliser une nouvelle piscine toute seule", a précisé l'élue qui vise la fin de la législature pour une mise en service.
Enfin, Charlotte Bazelaire a rappelé que dans le cadre de la vente du bâtiment de la piscine de Salzinnes, le collège a exigé que le projet de réaffectation intègre un espace aquatique. "Bien que plus réduit, il ne pourra répondre à tous les besoins mais offrira une alternative non négligeable." Le collectif a toutefois insisté pour que cette piscine reste bien un équipement public. "Il faudra une volonté politique forte."