Dinant: des synergies CPAS-Ville jusqu'à une fusion?
En attendant un plan de gestion qui tienne la route, 1,7 million d'euros destinés au CPAS de Dinant sont gelés. Tandis que dans la coulisse, on évoque une possible fusion Villle-CPAS.
- Publié le 04-06-2025 à 05h53

La première modification budgétaire de la Ville de Dinant pour l'exercice 2025 a été votée (moins quelques abstentions) avec un amendement visant le CPAS. On a mis en provision, donc gelé, 1,7 million d'euros, une somme correspondant à un droit de tirage, dans le cadre du plan Oxygène (une aide wallonne sous forme de prêt avantageux). Mais le coup de pouce de la tutelle se fait sous surveillance du CRAC (Centre régional d'aide aux Communes), dont l'analyse a mené à ce blocage, faute de plan de gestion de l'institution sociale tenant la route. Le déblocage de cette somme attendra la production d'une nouvelle copie, à laquelle on va s'atteler au conseil de l'action sociale.
Au conseil communal de lundi soir, le président du CPAS, interrogé sur cet amendement, a livré son analyse sur cette surprise. Pour Lionel Naomé (Les Engagés), "la situation n'est pas évidente. Le conseil de l'action sociale va prendre des mesures importantes, on n'avance peut-être pas assez vite pour le CRAC, mais on n'est là que depuis 5 mois" (il parle de la majorité MR-Les Engagés). On vous passera les échanges sur les responsabilités ou pas du passé (on est remonté jusqu'à… Émile Wauthy) pour plutôt évoquer le ou les scénarios pour le futur.
Un plan de gestion avait déjà été imaginé sous la précédente législature, en 2023. Celui qui est jugé insuffisant. Un ancien (du conseil communal et du CPAS), Omer Laloux (Les Engagés), a fait remarquer qu'on était en fin de législature et qu'au CPAS (où il a siégé durant les six années), "on n'a pas fui nos responsabilités". L'ancien bourgmestre, Thierry Bodlet, note quant à lui "qu'il n'est pas facile d'obtenir quelque chose de l'administration du CPAS".
Le plan de gestion désormais à "muscler" avait notamment pour base de plus grandes synergies entre la Ville et le CPAS, mais aussi la cession par le centre public d'action sociale d'immobilier à la Ville. En l'occurrence l'ancienne école Saint-Perpète, un achat assez inconsidéré du passé. C'est toujours au programme, a indiqué le président Naomé: "Le conseil de l'action sociale va prendre des mesures importantes en matière de patrimoine à transférer vers la Ville." Mais d'ajouter que ce sera au rythme de la prudence, notamment sur le plan juridique: "Attention aux recours !"
Et bien davantage si affinités
En marge de la réunion du conseil communal, le même Lionel Naomé nous explique qu'au CPAS, on espère produire un plan de gestion renforcé pour la fin des vacances d'été. Il y sera évidemment question de synergies entre la Ville et le CPAS. Pas au niveau ses assistants sociaux, bien sûr, mais de souligner que le centre public d'action sociale a son propre service des travaux, son service juridique, son service comptabilité: voilà des pistes de mutualisation.
À titre personnel, le président du CPAS nous révèle avoir une autre idée, plus radicale: pourquoi pas une fusion du CPAS et de la Ville ? Il verrait bien Dinant parmi les Communes pilotes de ce que le pouvoir wallon voudrait et pourrait rendre possible. Répondre à un appel à projets ? Qu'en pense-t-on à la Ville ? Lionel Naomé évoque la position du bourgmestre: "Richard Fournaux est d'accord pour qu'on soit demandeurs." Cela ne tient pas qu'à deux hommes, mais ces deux-là pèsent.