Richard Fournaux, concernant les restructurations dans les hôpitaux du CHU: "Je me sens trahi, je suis très fâché"
La fracassante annonce concernant l'avenir des hôpitaux du CHU a secoué le monde politique. Richard Fournaux se sent floué. Selon lui, la communication dans un dossier d'une telle ampleur est illisible voire incompréhensible.
- Publié le 08-02-2026 à 17h12

Lorsqu'on le contacte, Richard Fournaux se dit "blessé, car à plusieurs reprises, j'ai posé des questions sur l'avenir de l'hôpital et on m'a dit de ne pas m'inquiéter."
Il précise, à propos du gigantesque chantier en cours de construction derrière l'hôpital de Dinant, qui devait accueillir le bloc opératoire et une nouvelle maternité: "Le problème, c'est qu'entre le moment où les travaux d'extension ont été imaginés, le moment où le dossier a été validé et où les travaux ont été réalisés, quelques années se sont écoulées. Avec les indexations dans le secteur de la construction, il manquait des sous."
D'où un blocage dans la suite des opérations. "J'ai proposé de prendre contact avec les ministres Coppieters et Dolimont pour parler de tout ça, car politiquement c'est un dossier coupé en deux. Les soins de santé sont gérés au fédéral et la construction au niveau régional. Mais on m'a répondu que c'était prématuré. Et maintenant, j'apprends les choses par la presse. La manière dont ça se passe n'est pas correcte."
Manque de clarté
Le maïeur dit avoir croisé récemment, dans d'autres cadres, les ministres compétents. "Adrien Dolimont, je l'ai encore vu jeudi. J'en ai profité pour lui parler de mes inquiétudes à propos de l'hôpital, j'ai dit que je sentais que ça grenouillait. Il m'a répondu que rien n'était décidé au niveau du gouvernement wallon. Et voilà ce qu'on nous fait aujourd'hui. Je suis très fâché."
Richard Fournaux l'a d'autant plus mauvaise "que la Ville va continuer à payer durant des années les pensions du personnel de l'hôpital, au travers des cotisations de responsabilisation. C'est pour ça qu'on est sous CRAC(Centre régional d'Aide aux Communes) ", rappelle-t-il.
Le collège se réunira lundi. "J'ai proposé de ne pas réagir à chaud car on n'avait pas tous les éléments. On verra quelle attitude officielle adopter."
Un contact a aussi été pris avec le ministre Clarinval. "Ce n'est pas un petit dossier. Et les explications données à tout ça sont un peu simplistes et manquent de clarté".
Il cite un exemple: "Concernant la disparition de la maternité, il nous revient que par rapport à la réforme du ministre Vandenbroucke, il manquerait 5 naissances par an à Dinant. On ne peut pas basculer tout un système pour 5 naissances. C'est un argument inaudible."
Selon lui, il faudrait voir côté français "si au niveau du financement, il n'y a pas quelque chose à faire." Car beaucoup de frontaliers se font soigner à Dinant et de nombreuses Françaises accouchent à la maternité. "J'entends dire qu'on veut construire un gigantesque hôpital. À quel endroit ? (On parle de Ciney, NDLR). Et démolir Godinne ? On en ferait quoi ? Une maison de repos pour la moitié des retraités de la Belgique ? C'est spécial."
Panique générale
Il relativise toutefois. "Nous, à Dinant, on ne perdrait "que" la maternité et les urgences. On ne parle pas d'une fermeture de l'hôpital comme à Mont-Godinne."
Il regrette les choix tournés vers les mégastructures comme à Charleroi et Liège. "Quelle est la place de l'humain ? Et il n'est pas encore prouvé que ces mégastructures rapportent de l'argent à l'état."
Richard Fournaux insiste: "Je fais partie d'un parti réformateur. On n'est pas allergique à l'évolution. Mais qu'on en parle, qu'on mette autour de la table les personnes concernées."
Le bourgmestre de Dinant se dit "submergé de messages venant de membres du personnel qui sont paniqués. On aurait voulu semer la panique générale qu'on ne s'y serait pas pris autrement. 5000 personnes environ travaillent dans les trois hôpitaux du CHU. On ne joue pas comme ça avec la vie des gens."