Namur : 45 mois de prison pour près de 20 ans de violences conjugales, la médecin de la victime avait alerté le parquet
Il battait sa femme depuis leur mariage en 2005. La médecin de la victime avait brisé le silence.
- Publié le 19-03-2026 à 11h31
- Mis à jour le 19-03-2026 à 14h58

Le tribunal correctionnel de Namur a condamné ce jeudi un Namurois à 45 mois de prison pour des faits de violences conjugales qui ont duré près de vingt ans. La peine est assortie d'un sursis de cinq ans pour ce qui excède 37 mois. Une amende de 1.000 euros a également été prononcée, avec un sursis de trois ans. Le parquet avait requis cinq ans de prison ferme.
L'affaire avait été révélée de manière inhabituelle. La médecin de la victime avait choisi de sortir de son secret professionnel pour écrire directement au parquet de Namur. "Elle craignait un féminicide", avait expliqué le ministère public lors de l'audience du 17 février.
Selon le parquet, les violences avaient commencé peu après le mariage du couple, en 2005. La victime décrivait des coups portés avec un aspirateur, une ceinture, un balai, une théière. Un plat trop ou pas assez salé, un pain trop gris ou trop blanc : tout était prétexte à la violence. Elle en avait développé des troubles obsessionnels compulsifs, nettoyant et cuisinant douze heures par jour de peur de mal faire. Dans des messages, le prévenu l'avait aussi menacée de lui "casser les jambes".
La victime n'avait jamais déposé plainte mais avait pris de nombreuses photos attestant des coups reçus. Lors de l'audience, le prévenu n'avait reconnu qu'une gifle remontant à quatre ans. Son avocat, Me Sine, avait plaidé le sursis probatoire en invoquant un doute sur l'incapacité de travail de la victime. Le tribunal ne l'a pas suivi.