Hugues Hamelynck, ex-professeur à la Star Academy, tête d'affiche du festival du rire de Rochefort: "Une reconnaissance d'être programmé ici"
Hugues Hamelynck, comédien, animateur radio (RTL), metteur en scène, ex-professeur de théâtre à la Star Academy sur TF1, montera sur les planches à Rochefort ce mercredi 14 mai, avec son premier spectacle "Un faux air de...".
- Publié le 11-05-2026 à 15h53

Hugues Hamelynck, Rochefort, c'est une première pour vous. Qu'est-ce que ce festival représente ?
C'est un moment important, symbolique. C'est le plus vieux festival d'humour en Belgique, c'est une institution. Pour un artiste, c'est une reconnaissance d'y être programmé. Et mine de rien, à mon échelle, une salle qui approche les 500 places, c'est une grosse salle.
Le spectacle n'est pas nouveau, mais c'est la première fois que vous êtes programmé ici...
Je pense qu'il lui a fallu le temps de se faire connaître. D'abord parce que c'est mon premier spectacle. C'est un peu un accident de parcours car avant je ne faisais pas de one-man-show. Et puis je pense que c'est mon passage à la Star Academy qui a probablement poussé les programmateurs à être curieux et à venir voir mon spectacle.
Qui a connu un avant et un après Star Ac'...
Au moment où la Star Academy est arrivée, j'étais en train de clôturer le chapitre du spectacle, que je jouais depuis plusieurs années dans des cafés-théâtres à Bruxelles.
Tout d'un coup, j'ai senti des sollicitations, il a été possible de construire une sorte de tournée. Alors, plutôt que de le ranger, je me suis dit qu'on allait le ressortir et le "re-pimper". Ces deux dernières saisons, j'ai joué aux quatre coins de la Belgique. C'était trop chouette. La version que je présente à Rochefort le 13 mai, c'est une version différente de celle que j'ai pu jouer pendant les années qui ont précédé la Star Academy.
Vous évoquez cette expérience Star Ac' dans le spectacle ?
Très peu. Il y a une ou deux allusions en début et fin de spectacle sous forme de clin d'œil. Mais il n'y a pas de scènes entièrement consacrées aux coulisses de l'émission.
Parlons du spectacle justement, "Un faux air de...", qui nous plonge dans l'univers de la chanson française.
C'est un spectacle drôle et tendre, dans lequel je raconte les petites histoires des grandes chansons françaises à travers des personnages que j'ai totalement inventés, qui ont tous très bien connu les stars de la chanson française d'hier à aujourd'hui. Je pars toujours de faits réels que j'extrapole pour interpréter un personnage de théâtre, comique. Le public va apprendre des vraies choses, noyées au milieu de la fiction. L'idée, c'est qu'à un moment donné, le public lâche un peu prise avec cette notion de vérité. C'est un prétexte pour se replonger dans l'univers des artistes et c'est surtout une grande déclaration d'amour à la chanson française. C'est juste génial d'écouter de la musique dans sa langue maternelle.
D'où vous vient cette passion pour la chanson française ?
Je pense que c'est lié au fait que, comme je suis le troisième d'une fratrie de trois mecs, mes frères aînés avaient leurs propres CD. Moi, j'avais juste mon lecteur Fisher Price cassette, mais pas de cassettes à moi. Du coup, j'écoutais les cassettes de mes parents, nés en 1948. Je pense que c'est là qu'est né un certain goût pour les Yéyés, la boum des années 60, etc. Dans les années 80, il y avait des émissions nostalgiques présentées par Michel Drucker où on invitait Sheila, Sylvie Vartan et compagnie. Ça me fascinait de voir à la télé ceux que j'écoutais sur les cassettes. À côté de cela, j'écoute plein de musiques hypervariées.
Vous continuez à en apprendre sur la chanson française ?
J'achète des bouquins sur l'histoire de la chanson française tout le temps, j'en ai plein à la maison. C'est amusant de voir que, parfois, sur la même chanson, les auteurs de livres ne racontent pas la même anecdote. "C'est une chanson qui aurait dû être chantée par Johnny Hallyday mais finalement son manager ne voulait pas, etc." Il y a beaucoup de rumeurs, de "on dit", on réinvente un peu l'histoire. Du coup, je me sens très libre de raconter de la fiction autour de ça.
Vous n'avez jamais eu envie d'écrire votre propre livre ?
C'est un peu tôt, mais un jour peut-être, avec plus de recul. Je suis par exemple un témoin privilégié de toute une génération de chanteurs sortis de la Star Academy, que j'interviewe en radio, etc. (il a travaillé pour Nostalgie, Vivacité où il présentait Nos chansons ont une histoire, avant RTL). On verra dans 10, 15, 20 ans si j'ai des trucs à raconter sur la génération Helena, Marguerite, etc.
En première partie de votre spectacle, se tiendra le concours Tremplin. Lancer de jeunes artistes, ça vous parle ?
J'ai toujours beaucoup soutenu ça puisqu'à Bruxelles, j'ai un café-théâtre. Je m'occupe depuis 22 ans de la direction artistique du Petit Chapeau Rond Rouge. Vous savez, mettre en scène des amateurs, des animateurs télé (troupe du Télévie), des comédiens professionnels, des élèves de la Star Academy, finalement, ça reste toujours une histoire de transmission.
Cinq mois intenses "au cœur du cyclone"
Hugues Hamelynck, formé à l'IAD à Louvain-la-Neuve en Art dramatique (théâtre classique) et à la Kleine Academy à Bruxelles (théâtre corporel, impro), a été engagé comme professeur à la Star Academy pour la saison 12 (2024).
"Quand la Star Ac' s'est mise à la recherche d'un nouveau prof de théâtre, Pierre (De Brauer, l'ex prof qui a souhaité laisser sa place, NDLR), a glissé mon nom. On se connaît du milieu de l'impro. Lorsque j'ai été contacté, je faisais de la mise en scène de troupes de théâtre amateur, je donnais des cours d'impro dans les écoles, à des comédiens professionnels et amateurs depuis plus de 15 ans. J'ai passé le casting et j'ai été pris. Ça fait vraiment partie des coups de téléphone auxquels on ne s'attend pas."
Selon lui, l'expérience intense de près de cinq mois à Paris "pendant laquelle on est un peu au cœur du cyclone" a été bénéfique et enrichissante à tout point de vue.
Une déception de ne pas rempiler pour une deuxième saison ? "Sur le moment, oui, c'est sûr. En même temps, quand on signe pour la Star Ac', c'est pour une saison. En prenant du recul, on réalise tous les bénéfices de cette participation et on peut en profiter pleinement justement en ne faisant plus la Star Academy. Tant qu'on est dans l'émission, on est dans le système Star Ac'. Dès qu'on en sort, on peut profiter de cette nouvelle notoriété. Ce qui est en train de se passer pour moi."
Hugues Hamelynck, mercredi 13 mai (20h) au FIRR. Il reste des places. www.festival-du-rire.be