Claudy Noiret, nouveau maïeur de Couvin (vidéo)
Claudy Noiret a prêté serment en tant que bourgmestre, ce jeudi soir. Rencontre avec le successeur de Maurice Jennequin.
- Publié le 30-06-2023 à 07h44

C'était prévu dès le début de la législature mais cela arrive un peu tard, à 16 mois seulement des prochaines élections: Claudy Noiret vient de prêter serment en tant que bourgmestre de Couvin. Il succède à son colistier Maurice Jennequin, qui démissionnera du conseil communal à la fin du mois d'août.
Un homme politique atypique
Le nouveau maïeur est un Couvinois d'origine, mais il habite Cul-des-Sarts depuis plus de 30 ans. On peut parler d'un homme politique plutôt atypique, qui a élargi son électorat à coups de projets en faveur de l'environnement. Il n'a jamais fait de porte à porte pour glaner des voix et on ne le rencontre que très rarement dans les festivités et soupers aux boudins: il est bien trop occupé pour cela.
Claudy Noiret louvoie de scrutin en scrutin en menant ses petits dossiers en faveur du milieu aquatique et des vergers, sans avoir l'air de calculer.
Nous tombons alors sur un terme pour caractériser son arrivée à la tête de sa commune: "En fait, vous paraissez en quelque sorte tombé du nid…" Derrière sa moustache, il sourit et acquiesce: la référence ornithologique lui parle. Et plus encore qu'on ne le pense: "Quand j'étais petit, j'habitais à la rue des Carrières à Couvin. Je me souviens que vers l'âge de 8 ans, j'avais été impressionné en voyant un nid d'hirondelles s'effondrer sur le sol. Les oisillons étaient trop petits pour voler et un chat s'est précipité vers eux. J'ai défendu les petits, j'ai appelé mes parents mais ils étaient accaparés par l'arrivée d'une étape du Tour de France, à la télévision. Quand ils sont intervenus, c'était trop tard. J'ai alors d'empêcher les hirondelles de se faire manger par les chats et, quand je devais aller à l'école, je partais plus tôt pour les observer se rassembler sur les fils électriques…"
Cette passion pour cet oiseau le rattrapera une fois devenu adulte. Lors d'un projet à la carrière Carmeuse, il observe une colonie d'hirondelles des rivages dans un tas entreposé là, convainc le carrier de les préserver et lance un projet de défense et d'observation de l'oiseau. "Un jour, je quitterai mon job pour me consacrer à mes projets, en me contentant du chômage…"
C'est ainsi qu'il créera l'ASBL Les Bocages, à Cul-des-Sarts. Il se révélera spécialiste de l'oiseau, mais aussi des vergers et de la sauvegarde d'anciennes variétés fruitières.
Et la politique, dans tout cela ? "A 16 ans, je côtoyais des hommes politiques couvinois qui passaient dans ma rue, sans avoir d'affinité pour la politique. Claude Bernaerdt passait souvent à vélo et nous discutions d'environnement, sur le seuil de la porte. Il est ensuite devenu échevin et le premier mariage qu'il a prononcé, c'était le mien ! Deux ans après, jour pour jour, c'était son cercueil que je saluais, là, à l'hôtel de ville…"
"J'espère ne pas être devenu une franche canaille…"
En 1988, on parle du jeune Claudy Noiret au sein du comité Courthéoux, dont fait partie son oncle, Hector Noiret. Françoise Meunier crée une liste pour les élections. Elle vient frapper à sa porte. "Je me suis dit que c'était autant être dans l'arène, plutôt que de devoir toujours se référer à d'autres pour poser ses questions…" Son père le met alors en garde: "Il m'a dit que pour être un bon politicien, il fallait être une canaille. Et pour être un très bon politicien, il fallait être une franche canaille. Maintenant que je suis maïeur, j'espère que je ne le suis jamais devenu !"
Claudy Noiret se présente en 1988, puis en 1994. Sur la liste PSC, il devient conseiller en 2000 et endosse le poste de président de l'Intercommunale des Eaux des Rièzes et des Sarts. "Il fallait un PSC, de Cul-des-Sarts…"
En 2012, le voilà nommé échevin des Finances, poste qu'il n'a pourtant pas convoité: "La politique ne m'a jamais motivé. J'ai du mal avec cela. Mais j'ai toujours aimé les défis. À l'intercommunale, j'avais remis les finances en état. On m'a donc proposé d'être échevin des Finances…"
Il le restera jusqu'à ce jeudi, pour devenir bourgmestre en laissant les caisses communales aux bons soins de Jean-Charles Delobbe: "Être conseiller communal n'a jamais été une priorité pour moi. Mais j'apprends toujours. Ce job d'échevin, c'est celui d'une équipe. Le politique est là, mais c'est le personnel qui s'investit tous les jours pour faire tourner la Commune. Ce qui m'intéresse, c'est de faire avancer les choses, avec des projets. Et le jeu politicien ne m'intéresse pas. C'est pour cette raison que les trois partis traditionnels, pour moi, doivent être unis pour travailler. C'est ainsi que l'on défend la démocratie."
"Je ne suis pas un politicien"
Claudy Noiret bourgmestre, c'est donc pour 16 mois. Ce peu de temps est évidemment frustrant pour l'intéressé, qui entend vivre par les projets mais qui n'aura inévitablement pas le temps d'en défendre.
Il nous cite cependant des priorités: faire pression sur la Région pour aménager une aire de repos pour les camionneurs sur l'E420, poursuivre le dossier du centre administratif au Bercet et maintenir une gestion prudente des finances.
D'ici là, il devra surtout apprendre à mener un conseil communal dont l'opposition est en plein déchirement. Là, on le sent ennuyé: "Je pars dans l'inconnu et je n'aime pas cela. Mais je pense qu'Eddy Fontaine a du respect pour moi. Je pense que tous savent, autour de la table, que je ne suis pas un politicien…"