Assises de Namur : la défense évoque 8 circonstances atténuantes en faveur d'Omar Hedi, reconnu coupable du meurtre de Mariana Gouverneur
"Quand j'ai été le rencontrer en prison pour la première fois, il m'a dit qu'il voulait une peine juste, qu'il voulait que justice soit rendue", précise Me Robert.
- Publié le 16-11-2023 à 15h55

La défense d'Omar Hedi, contre qui 25 ans de prison ont été requis pour le meurtre de Mariana Gouverneur, a demandé aux jurés de reconnaître huit circonstances atténuantes à leur client
Le 18 avril 2021 vers 23h à Rochefort, Omar Hedi a poignardé à mort Mariana Gouverneur, 25 ans, de 29 coups de couteau. Les faits ont eu lieu dans l'appartement où les deux protagonistes et leurs 5 enfants vivaient, rue de France.
Me Robert s'est adressé aux parties civiles. "Votre douleur est la faute d'Omar Hedi. Quand j'ai été le rencontrer en prison pour la première fois, il m'a dit qu'il voulait une peine juste, qu'il voulait que justice soit rendue."
L'avocat a ensuite évoqué la jeunesse de l'accusé. "Il a vécu une enfance difficile en Tunisie. Dès l'âge de 3 ans, il a été victime de violences. Il était perdu dans une fratrie de 10 enfants, ne trouvait pas sa place. Il n'était pas une priorité. Il a commencé à travailler à l'âge de 12 ans. Il s'est construit seul avec son faible bagage avant de venir vivre en Belgique. Durant ce procès, dans le cadre de l'enquête de moralité, personne n'est venu parler de lui, sa famille ne s'est pas déplacée." Avant d'évoquer le faible quotient intellectuel d'Omar Hedi.
L'avocat a évoqué ensuite la dynamique du couple Hedi-Gouverneur."Avec Mariana Gouverneur, ils avaient une soif commune de créer une famille nombreuse. Ils étaient amoureux. Il était un père présent avec un rôle actif. La drogue a été une lutte au sein du couple, un combat commun. Omar était inquiet quand il a su que Mariana consommait à nouveau de la cocaïne. Il a demandé de l'aide à la police. Il avait compris le déclin de son couple. Il constatait que Mariana partait vers d'autres horizons. Cela brisait son rêve de construire une famille heureuse."
Me Vander Eyden a ensuite pris la parole. "L'enquête de téléphonie ne révèle aucun harcèlement d'Omar Hedi envers son épouse. Il n'était pas atteint de jalousie psychopathique mais a perdu pied suite à la perte de l'image idéale du couple et de sa femme, qui était la seule compagne de sa vie."
L'avocate évoque 8 circonstances atténuantes. Tout d'abord le parcours de vie de l'accusé : son enfance difficile, le fait qu'il soit sans papiers et inexistant aux yeux de la société. "Ensuite, la limite de ses capacités cognitives : il frôle la limite de la débilité.". La troisième circonstance atténuante : le contexte sentimental du dossier : "On n'est pas dans une séparation de couple banale. La colère déborde sur la raison."
Les aveux immédiats de l'accusé sont également évoqués, tout comme l'appel passé aux secours. "Ses regrets sont aussi une circonstance atténuante. Il était ému, effondré, accablé au moment de parler avec la juge d'instruction, avec les verbalisants ou avec les psychologues. Il aimait sa femme."
Sont enfin évoqués : le travail psychologique destiné à la prise de conscience mis en place à sa demande en prison depuis 2 ans et la concrétisation de cette remise en question avec ses 5 enfants dans le cadre de l'aide consentie. "Il a donné son accord en tant que parent, dans l'intérêt de ses enfants. Il leur envoie, des lettres, des cartes postales, il appelle la psychologue pour avoir des nouvelles, leur passe des appels téléphoniques, réalise des appels par visioconférence avec eux depuis le mois de septembre. Il était un bon père avant et continue à l'être."
Les jurés sont entrés en délibération peu avant 16h.