Extension de la carrière de la Boverie à Rochefort: Lhoist et l'abbaye se sont parlé
À l'initiative des syndicats du carrier, les directions de l'abbaye et Lhoist se sont rencontrés. Chacun campe toujours sur ses positions autour des conséquences de l'extension de la Boverie, mais, au moins, le dialogue est renoué.
- Publié le 20-11-2023 à 14h00

Après une longue période d'échanges musclés à travers la presse, le dialogue est renoué entre le carrier Lhoist et les représentants de l'abbaye Notre-Dame de Saint – Rémy à Rochefort.
Lors d'une réunion au mois d'octobre, chacun a pu exposer ses arguments concernant le projet d'extension de la carrière de la Boverie.
"C'était une rencontre courtoise, commente Antoine Riguelle, directeur technique. Mais nous nous sommes quittés en maintenant, chacun, nos positions."
Pour Lhoist, l'extraction de la roche sur 14 hectares supplémentaires n'aura aucun impact négatif sur la quantité et la qualité de l'eau qui s'écoule vers la source de la Tridaine et qui alimente l'abbaye mais aussi Rochefort en eau. Pour les moines (voir ci-dessous), c'est l'inverse. "Selon nos premières études, puisque nous enlèverons l'épikarst, la zone meuble de la parcelle, les quantités d'eau augmenteront très légèrement. Mais cela ne modifiera en rien la qualité et le débit de l'eau qui s'écoule vers Tridaine."
Réduire la voilure
Ces éléments, ainsi que les éventuels impacts du projet sur la mobilité, la sécurité, le paysage ou encore le bruit, sont étudiés par le bureau d'études indépendant Aries. Les conditions de cette étude ont été fixées par la Région wallonne lorsque cette dernière a donné son accord, en 2022, pour revoir le plan de secteur en vue de l'extension de la carrière de la Boverie. "Nous devrions recevoir les conclusions de l'étude d'incidences en début d'année 2024."
Lors des discussions entre les deux camps, l'abbaye a proposé d'adjoindre un comité d'accompagnement au bureau d'études. Ce que Lhoist a refusé. "Les représentants estiment qu'il s'agirait d'un gage d'indépendance. Là aussi, nous ne partageons pas le même avis. Nous estimons que ce comité mettrait à mal l'indépendance de ce bureau puisqu'il guiderait et aiguillerait son analyse alors que l'objectif, c'est qu'ils travaillent selon ses informations et les exigences de la Région."
Les résultats de cette étude permettront de clarifier la situation et de connaître l'impact au niveau hydrologique. En attendant, le groupe Lhoist a indiqué qu'il diminuerait sa production de chaux en début d'année pour ne pas épuiser trop vite la roche restante de la carrière de la Boverie jusqu'à l'obtention de son permis d'extension. "Nous passerons de 340 000 tonnes à 200 000. C'est un choix, un investissement pour le futur car nous maintenons le même nombre d'emplois. C'est la preuve aussi que nous tenons à notre personnel, au savoir-faire en interne et que nous avons confiance en notre projet. Si nous obtenons les autorisations pour étendre la carrière, nous reviendrons à 340 000 tonnes."
Selon leur calcul, ce plan permettrait de continuer à travailler dans la carrière, sans l'extension, jusqu'en 2029. "Nous espérons obtenir notre permis, après avoir reçu le feu vert de la Région pour la modification au plan de secteur, en 2026. Pourquoi nous n'espérons au final le recevoir que trois ans plus tard ? Car nous savons qu'il y aura des recours." Ce que n'ont jamais caché les représentants de l'abbaye.