Une trace d'hydrocarbure à l'origine d'un accident mortel à Nismes ? "Cet événement était imprévisible"
Olivier, 39 ans, a perdu tragiquement la vie dans une collision le 1er juillet 2017 sur la N939. L'autre conducteur est poursuivi pour homicide involontaire par défaut de prévoyance.
- Publié le 20-01-2025 à 14h48

Une trace d'hydrocarbure est-elle à l'origine d'un accident mortel survenu le 1er juillet 2017 sur la N939 entre Mariembourg et Nismes, dans un léger virage ? Le tribunal correctionnel de Dinant tranchera pour le 17 février.
Le jour du drame, Olivier (39 ans), marié et père de trois enfants, rentrait du travail au volant de sa Renault Twingo lorsqu'il a été percuté par une Golf qui venait en sens inverse. Le choc a été d'une violence telle qu'il n'a laissé aucune chance au conducteur de la petite française.
L'homme au volant de cette Golf a été poursuivi devant le tribunal de police de Dinant pour homicide involontaire par défaut de prévoyance. Il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et à une déchéance du permis de conduire de 6 mois avec l'obligation de repasser les 4 examens pour le récupérer. Un jugement qui ne le satisfait pas, raison pour laquelle il a interjeté appel devant le tribunal correctionnel.
Ces préventions, il les conteste depuis le départ. Il affirme avoir perdu le contrôle de son véhicule à cause de la présence d'hydrocarbure sur la route. C'était aussi la conclusion de l'expert mandaté par le parquet de Namur. Une trace a bien été constatée par les différents services de secours après l'accident. Elle commençait sur la bande de circulation du prévenu et ruisselait sur l'autre, sur une trentaine de mètres, jusqu'au point d'impact.
L'accident a été signalé sur les réseaux sociaux. En commentaire à cette publication, une dame a indiqué qu'elle avait, elle aussi, failli glisser au même endroit, peu de temps avant l'accident. Une autre personne a quant à elle attesté avoir senti, ce matin du 1er juillet 2017, d'une forte odeur de mazout à cet endroit. Me Delvallée, avocat du prévenu, parle d'un cas de force majeur. "Cet événement était imprévisible."
La vitesse en cause
Dans son jugement, le tribunal de police estimait que cette trace d'hydrocarbure n'est pas à l'origine de la perte de contrôle. Si tant est qu'elle a existé, la Golf aurait décroché avant, en raison d'une vitesse excessive et inadaptée. Un expert affirme qu'elle circulait entre 95 et 105km/h, un autre entre 104 et 121km/h. Le prévenu et son propre expert affirment quant à eux que la vitesse maximale autorisée sur cette nationale (90km/h) était respectée. "Il ne suffit pas de constater une faute pour condamner. Il faut un lien de causalité entre celle-ci (la vitesse) et le dommage (l'accident). Vous devez prouver et motiver que l'accident se serait produit différemment s'il avait roulé moins vite", plaide Me Delvallée.
Pour le parquet de Namur et la partie civile, cette trace d'hydrocarbure n'existait pas avant l'impact. C'est une conséquence de l'accident. "Il n'y en avait nulle part ailleurs sur cette route. Elle est tombée du ciel, pile à quelques dizaines de mètres du choc ?", questionne Me Delwart. "Le bloc-moteur de la Golf se trouvait à 25m de l'accident, une suspension s'est totalement désolidarisée, cela montre la violence de l'impact. Des fluides en tout genre se sont dispersés." La chaussée n'a été entièrement fermée à la circulation qu'une heure après l'accident. D'autres véhicules sont passés par là, dont des témoins qui se sont arrêtés, et ont pu les répandre.
Le parquet de Namur rappelle qu'en plus d'une vitesse excessive et inadaptée, le pneu arrière droit de la Golf était lisse et que la route était humide en raison d'une faible pluie. "C'est la conjonction de tous ces éléments qui a causé cet accident."
Six mois de prison sont requis. Jugement le 17 février.
