Meurtre de Bruno Miler aux assises de Namur : Un témoin affirme que Tyran et Christ Kempfer lui ont déjà demandé des armes ou des munitions
Nouvelle journée d'audience devant la Cour d'assises de Namur, ce mercredi, dans le cadre du procès des 4 accusés du meurtre de Bruno Miler, survenu à Flawinne le 10 novembre 2019. Deux nouveaux témoins ont été entendus.
- Publié le 19-03-2025 à 11h08
- Mis à jour le 19-03-2025 à 15h01

Neuf témoins de moralité des accusés, et témoins indirects des faits de par les liens qu'ils entretiennent avec les accusés, ont défilé devant la Cour d'assises de Namur, mardi, après l'audition de l'expert en balistique. Parmi ceux-ci : la femme et la fille de Rudy Kempfer, la maman et le papa de Tyran Kempfer, la maman de Christ Kempfer ou encore la femme de Michel Kempfer.
Ce mercredi matin, de nouveaux témoins de moralité et des faits ont encore été entendus. Seulement deux témoins sur les sept prévus se sont présentés.
Joffrey B., ami de Christ et Tyran Kempfer, a été le premier appelé à la barre. L'homme fréquentait le même stand de tir d'Achêne (Ciney) que Christ Kempfer, désigné par certains comme étant l'homme qui a abattu Bruno Miler.
En mai 2020, Joffrey B. déclarait être passionné d'armes depuis trois ans. "C'est un grand mot. J'aimais bien mais je n'étais pas un spécialiste."
"Vous est-il déjà arrivé de vendre des armes ?", lui a demandé la présidente Annick Jackers. "J'ai déjà dépanné Christ, notamment en boîtes de cartouches pour du tir sportif. Mais il ne m'a jamais demandé d'armes."
Une affirmation qui ne colle pas vraiment avec ce qu'il avait déclaré à l'époque. Joffrey B. était détenteur un pistolet Savage calibre 7.65, qu'il a un jour vendu à Christ Kempfer. "C'était une arme qui ne tirait pas, c'est sûrement pour cela qu'il me l'a prise. Elle datait de 1905, c'était plutôt une arme de collection. Je lui ai vendu bien avant les faits qui lui sont reprochés". Cette arme a finalement été saisie par la police.
Tyran Kempfer lui a par ailleurs déjà demandé des munitions pour un calibre 410, au moment où les deux clans s'échangeaient des vidéos d'insultes et de menaces. "Mais je ne lui en ai jamais fourni car je n'en avais pas." Dans son audition par les enquêteurs, il déclarait toutefois avoir refusé de lui en vendre car il ne savait pas comment Tyran Kempfer allait réagir dans le cadre des échanges de vidéos.
Lors d'une perquisition chez le témoin après l'assassinat de Bruno Miler, deux calibres 410, un calibre 402 et des munitions susceptibles d'aller dans un Torakev, arme utilisée pour abattre Bruno Miler.
Un témoin stressé et embêté
Le 10 novembre 2019, jour de l'assassinat, le témoin a conversé sur Messenger avec Christ Kempfer. "On devait faire un paintball avec lui mais cela a été annulé car on n'était pas assez", a-t-il déclaré avant de rectifier, assez embêté. "En tout cas moi, je n'y suis pas allé." Le 11 novembre, Joffrey B. a tenté de contacter Christ Kempfer.
Il a également eu des contacts avec Tyran Kempfer avant et le jour des faits. Des contacts qui n'ont "sûrement rien à voir" avec tout cela. Tyran a néanmoins supprimé Joffrey B. de ses contacts et toutes les conversations qu'ils avaient eues. "On prenait tous les deux des stupéfiants. C'est sans doute à cause de cela", a réagi le témoin.
Ce témoin a semblé particulièrement mal à l'aise devant cette Cour d'assises et s'est emmêlé les pinceaux à plusieurs reprises. Ce que n'a pas manqué de soulever Me Kennes, un des avocats des parties civiles, s'adressant aux jurés. "Un témoin qui vient ici, qui dit autre chose que ce qu'il a dit à l'époque, qui semble très embêté, extrêmement stressé, qui regarde parfois vers Christ Kempfer qui baisse les yeux,… Il faut essayer de comprendre pourquoi il est dans cet état et il faudra le retenir dans votre délibération."
Présent lors de l'interpellation de Michel Kempfer
David M, second témoin à avoir été entendu, fait partie de la famille des accusés. Il a été interpellé par la police le 13 novembre 2019 en compagnie de trois autres personnes, dont l'un des accusés, Michel Kempfer. Tous étaient allés à l'enterrement d'un membre de leur famille et au cabinet d'un avocat, pour un autre membre de leur famille.
Dans ce dossier, certaines personnes l'accusent d'avoir été sur place à Flawinne le soit des faits. Interrogé à ce sujet, le témoin a déclaré : "Je ne sais pas l'expliquer, c'est honteux. Y a-t-il un motif de vengeance ou d'hostilité ? Je ne sais pas, il faut demander aux intéressés."
Des différents témoignages réalisés dans l'après-midi, on ne retiendra pas grand-chose. Si ce n'est celui de la mère de Jessica C., compagne de Christ Kempfer. Enceinte, sa fille est venue loger chez elle à Auvelais du 7 au 15 novembre 2019. Le meurtre de Bruno Miler a eu lieu le 10 novembre.
"Le soir des faits, Christ s'est-il présenté chez vous et est-il resté pour manger ?", a questionné la présidente. "Je ne sais plus", a-t-elle répondu. Réponse classique, depuis le début de la semaine.
Remarque de l'avocate générale Marganne : "à 21h22, Christ Kempfer a reçu un sms envoyé depuis votre numéro. On peut supposer que c'est votre fille qui l'a envoyé. Trouvez-vous normal qu'elle utilise votre gsm et pas le sien ?"
