Contrôlé pour l'usage du téléphone au volant, un homme se rebelle contre deux agents de la police de la route à Fernelmont
Le contrôle, qui remonte au 23 mai 2023, a dégénéré. Le conducteur de la camionnette a refusé de quitter son véhicule. Il est poursuivi pour rébellion.
- Publié le 03-06-2025 à 14h58

Selon Vias, l'agence de sécurité routière, l'usage du téléphone au volant multiplierait par 6 le risque de provoquer un accident. Régulièrement, la police mène des contrôles pour endiguer ce phénomène.
Le 23 mai 2023, c'est un habitant de la province de Liège qui a été contrôlé par deux policiers de la police de la route (WPR) de Namur, à hauteur de Fernelmont, pour ce type d'infraction. Le contrôle s'est mal passé. Le Liégeois est poursuivi pour rébellion. "J'avais un casque sur les oreilles, je n'ai donc pas compris tout de suite qu'il s'agissait d'un contrôle. Je n'étais même pas au téléphone", explique le prévenu.
L'amende est salée : 180€, à payer en cash et sur-le-champ. "Car monsieur n'avait plus de domicile à ce moment-là. Si cette amende ne peut être payée directement en liquide, alors les policiers immobilisent le véhicule pas mesure de sûreté le temps que l'intéressé paye l'amende", explique le parquet de Namur.
"Communiquer pour faire baisser la tension"
Ça, le prévenu ne l'a pas accepté. "Je leur ai dit que si la dépanneuse devait prendre mon véhicule, elle devrait me prendre avec." Les policiers ont alors tenté d'employer la force pour se saisir de la clé de la camionnette. Le prévenu s'est débattu. L'un des deux agents a été en incapacité de travail durant 3 jours. Il s'est constitué partie civile et réclame 500€ de dommage.
Dans les rangs de la défense, si on concède que le comportement du prévenu n'était pas approprié, on épingle également l'attitude des policiers. "Il y a un moyen de communiquer pour faire baisser la tension plutôt que de la faire monter. Il voulait payer par appli bancaire ou Bancontact, mais ce n'était pas possible. Qui de nos jours a encore 180€ en liquide sur soi ?", questionne l'avocat du prévenu. "Est-ce malin de s'agripper comme un gosse à son volant ? Non. Mais est-ce malin de lui envoyer du gaz lacrymogène, de lui faire une clé de bras et un étranglement avec la ceinture de sécurité ? Non plus, mais c'est la police qui a le choix des moyens…" S'agissant d'un cas isolé, une suspension du prononcé est sollicitée. Jugement le 10 juillet.
