Les matelas gonflables ont été remplacés par des vrais, mais certains SDF ont peur de s’y confiner avec 60 autres

Dimanche soir, le bourgmestre et le président du CPAS et échevin des Affaires sociales sont allés à la rencontre des SDF namurois dont l’abri de nuit a été transféré au hall sportif de Basse Enhaive en raison de la promiscuité trop importante des chambres habituelles. Ils ont écouté les doléances de ceux qui ont choisi de fréquenter l’endroit.

"Nous allons remédier au fait que les repas du samedi et du dimanche n’étaient pas assurés par l’associatif. Ils sont aussi en demande de journaux pour avoir accès aux informations sur la pandémie", annonce Philippe Noël qui a déjà fait changer les lits. "On avait placé des matelas gonflables, mais ça n’allait pas donc on les a remplacés par les matelas des deux abris de nuit. On s’organise pour que davantage de personnes puissent prendre leur douche à mesure que les équipes s’organisent dans ce nouveau lieu qui restera en place plusieurs semaines", commente celui qui se rend bien compte que la situation de confinement n’est pas parfaite.

À 7 h du matin, les quelques dizaines de personnes qui ont passé la nuit doivent quitter le hall sportif, selon l’horaire de l’abri de nuit. Or, elles se retrouvent en rue alors que le confinement prévoit qu’il n’est pas autorisé de zoner. "La police a une tolérance pour les personnes de la rue. Il est impossible de les renvoyer chez elles quand elles n’ont pas de logement donc l’accent est plutôt mis sur les distances sociales à respecter, le fait de ne pas se regrouper… J’entends qu’il est difficile pour eux de faire la manche quand il n’y a pas un chat dans les rues et que certains commerces refusent désormais les pièces", énumère-t-il sans promettre de solution .

Pour Ludwig Simon, qui ne dort pas à l’abri de nuit, mais répercute l’avis de certains sans-abri et mendiants, la situation sera bientôt explosive. "Il faut se rendre compte qu’un toit et le couvert ne sont pas les seules choses qui nous font tenir. Nous avons des chaînes", dit-il en faisant allusion à l’alcool et d’autres substances . "L’échange est fermé, les autres associations aussi ou certaines font des consultations par téléphone, mais on n’a pas d’argent pour recharger nos gsm. Ce lundi, je suis allé 4 fois à la pharmacie pour chercher de la méthadone pour ceux qui ne savaient pas se la payer alors qu’elle coûte 92 cent."

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Selon lui, les SDF pourraient propager le coronavirus car il leur est impossible de suivre les règles d’hygiène nécessaires. "Moi, j’ai un flacon de gel hydroalcoolique et je me place à 1,5 mètre de mon chapeau, mais que dire de ceux qui mendient à la volée et s'approchent à 50 centimètres de ton visage. Il n’y a pas d’endroit pour se laver les mains la journée, on devrait se moucher dans notre coude alors qu'on porte le même pull des jours et des jours d'affilée. La petite bouée, ouverte deux jours par semaine, n’arrive pas à ce que chacun lave son linge.…" Les mouchoirs en papier, n'en parlons pas.

"Certains sans-abris préfèrent dormir dehors ou dans des squats pour ne pas se frotter à 50 ou 60 personnes dans un seul endroit, affirme Ludwig Simon. "se confirner la nuit avec des personnes qui ont fréquenté 50 autres personnes en journée, ça fait peur", rapporte celui qui a quelques idées pour améliorer la situation des personnes vivant dans la rue et éviter trop de tensions. "Juste pour cette période où la mendicité ne rapporte rien, il faudrait un comptoir qui délivre exceptionnellement de l'alcool ou des drogues pour éviter un sevrage violent non souhaité donc qui ne amrchera pas et risque de mener à des vols. Pour des pesonnes comme nous qui ont droit au RIS, le CPAS devrait étaler le paiement tout au long du mois", suggère-t-il encore afin de mieux gérer les assuétudes.