Prison de Tournai: "Elle dépasse sa capacité de près d’une vingtaine de détenus"

Désormais, chaque personne condamnée à une peine de deux à trois ans devra d’abord se rendre en prison. De mauvaise augure pour les établissements pénitentiaires actuellement en surpopulation.

M.P.
Prison de Tournai: "Elle dépasse sa capacité de près d’une vingtaine de détenus"
©BAUWERAERTS DIDIER

A partir de ce 1er juillet, un nouveau changement rentre en vigueur sur le plan judiciaire. Effectivement, les personnes condamnées à de courtes peines, c'est-à-dire, entre 2 et 3 ans devront les exécuter en prison.

Auparavant, elles purgeaient leur peine via un bracelet électronique mais aujourd'hui c'est de l'histoire ancienne. L'objectif est d'avant tout "mettre fin au sentiment d'impunité", d'après le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne.

Désormais, chaque personne condamnée à une peine de deux à trois ans devra d’abord se rendre en prison. Ensuite, elle pourra seulement introduire une demande auprès du juge d’application des peines pour demander une modalité particulière comme une surveillance sous bracelet électronique, une libération conditionnelle ou encore une détention limitée. Ainsi, la demande pourra être formulée dès le tiers de la peine de laquelle on retire six mois.

Cette nouvelle réglementation met de nouveau en lumière la problématique de la surpopulation carcérale. Selon nos confrères de la RTBF, à la date du 31 août 2022, il y avait 10 919 détenus en Belgique pour 9.679 places. Les directeurs des établissements pénitentiaires doivent donc s'attendre à de nouvelles difficultés.

"En date du 2 septembre, la prison de Leuze est inférieure à sa capacité (334 détenus), la prison n'est dès lors pas en surpopulation", explique Valérie Callebaut, porte-parole au sein du SPF Justice. "En ce qui concerne la prison de Tournai, elle possède 207 détenus et dépasse donc sa capacité de près d'une vingtaine".

Face à cette situation qui risque d'engendrer davantage de détenus avec l'implémentation de la loi, le SPF Justice prévoit des solutions. "Nous disposons de capacités supplémentaires avec les maisons de détention de Courtrai, Berkendael et Ninove, ainsi qu'avec l'ouverture des nouvelles prisons de Haren et la nouvelle prison de Dendermonde et le maintien en activité des anciennes prisons de Sint-Gillis et Oud Dendermond", poursuit Valérie Callebaut. "En outre, nous voulons ouvrir des maisons de détention. Les discussions et les efforts en ce sens sont en cours. Les moyens sont prévus dans le budget."

Vendredi est paru un appel à candidats pour l’ouverture de maisons de transition, ce qui participe également à la création de places supplémentaires.

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