Le Péruwelzien Raphaël Maes va parcourir 330 kilomètres à vélo pour "sensibiliser aux troubles de l'alimentation"
Le 9 mai 2025, Raphaël Maes sera au départ de la Race Across Belgium, une épreuve cycliste d'ultra-distance à boucler en moins de 24 heures. Le Péruwelzien sera seul à pédaler. Mais il défend une cause qui l'accompagnera du premier au dernier kilomètre.
- Publié le 07-05-2025 à 10h00

"La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre". La célèbre citation d'Albert Einstein colle fidèlement à l'état d'esprit de Raphaël Maes. Le 9 mai 2025, ce trentenaire péruwelzien prendra le départ des 330 kilomètres de la Race Across Belgium. Il sera 20h (minimum) quand il s'élancera depuis le pied de la butte du Lion pour une nuit et une journée d'aventure.

Son supplément d'âme ? Il sera l'ambassadeur de l'ASBL Miata, une association qui soutient les personnes atteintes d'anorexie, de boulimie et autres troubles de l'alimentation. "Depuis le début de ma vie professionnelle, en 2016, je suis sujet à des prises et à des pertes de poids", confie Raphaël. "Il m'arrive fréquemment de faire le yo-yo. De fil en aiguille, j'ai identifié d'où venait le problème. Je fais des crises d'hyperphagie boulimique. Plus explicitement, je mange mon stress. Les kilos que j'accumule dans ces phases-là ont un impact sur ma qualité de vie, la confiance que j'ai en moi et sur ma pratique sportive."
En 2025, le Péruwelzien a déjà parcouru plus de 2 000 kilomètres à vélo. "Mentalement, le cyclisme est essentiel. Il me permet de maintenir une forme d'équilibre, de m'épanouir et de m'accomplir, surtout lorsque je voyage à vélo. Ces aventures me font prendre conscience de la place que doit prendre la santé mentale. Le sport est une source de bien-être. Pour moi, il se transforme aussi en outil pour combattre la prise de poids."
Depuis la butte du Lion, Raphaël prendra la direction d'Ypres et du Mont Kemmel avant d'emprunter les célèbres monts pavés du Tour des Flandres. Une boucle de 330 bornes à boucler en moins de 24 heures. Son maillot sera orné du logo de l'ASBL Miata, implantée à Bruxelles, Namur, Liège et dans le Brabant-wallon, mais peu présente en Wallonie picarde. "Ce sont les parents d'une jeune fille souffrant de troubles alimentaires qui ont créé l'association il y a 20 ans", confie sa coordinatrice Laura Solinas. "Qui appeler ? Comment vivre avec ces troubles et qu'est ce qui nous attend une fois le diagnostic posé ? L'association apporte ces réponses, tant aux malades qu'aux proches. Elle écoute et elle aiguille. En Wallonie picarde, il n'y a aucun centre de soins ou hospitaliser qui se spécialise dans le traitement de ces troubles. Il faut d'office faire de la route… ou se rendre à Lille. Mais l'ASBL assure l'accompagnement à distance."
Un accompagnement salutaire et qui permet d'avancer. Comme une bicyclette donc. Le défi de Raphaël met aussi en lumière cet aspect. "On peut souffrir d'un trouble alimentaire et ne pas être isolé, avoir des objectifs de vie et réaliser des accomplissements qui sortent de l'ordinaire." L'aventure du Péruwelzien permettra de mettre en avant ces personnes, leur parcours de vie et leur force de caractère.
"Pendant le confinement, j'avais deux sources d'évasion : le vélo et les podcasts. L'un d'entre eux m'a fait découvrir le format longue distance. Les participants évoquent un côté émancipateur, presque une forme de quête." La sienne sera personnelle autant que collective, puisqu'il pédalera pour toutes les personnes touchées par la même maladie. La Race Across Belgium lui fait de l'œil depuis cinq ans. Dossard en poche, le trentenaire touche enfin du doigt son objectif. "Je pensais passer mon tour en 2025, mais j'ai gagné une inscription en participant à un concours. Le hasard fait bien les choses et me permet surtout de mettre en avant une cause qui me tient vraiment à cœur…"
"Un jeune sur trois souffre de troubles alimentaires"
"Les troubles de l'alimentation ont un impact direct et indirect. Il faut réussir à les comprendre pour accompagner la personne qui vit avec", indique Laura Solinas, également psychothérapeute et neuropsychologue. "D'où le fait de déculpabiliser les parents. Les raisons de chuter et de développer ces troubles sont nombreuses." Auprès des proches, l'ASBL Miata met en place des groupes de parole. Elle informe, éduque et soutient l'entourage d'une personne touchée par la maladie. Un combat de tous les instants, plus aussi confidentiel qu'il y a 20 ans. "Un jeune sur trois souffre de troubles alimentaires. Lui et ses proches combattent aussi les préjugés et les raccourcis." Par raccourci, Laura Solinas (psychothérapeute et neuropsychologue) entend notamment les phrases qui commencent comme : "il n'a qu'à bien manger et tout ira mieux." Des propos "qui empêchent les malades d'avancer et qui font fi du caractère psychiatrique du trouble. Stigmatiser un malade l'empêche souvent d'avancer."