L'ado de 16 ans, auteur de plusieurs vols de bus à Tournai, est rentré chez lui : "Il manque de places d'accueil", déplore le procureur du Roi
Ce jeudi, on a appris que l'adolescent de 16 ans interpellé mardi après avoir roulé la nuit à bord d'un bus TEC, dans le viseur de la justice depuis ses 12 ans, est rentré chez lui. Vincent Macq, le procureur du Roi, avoue l'impuissance de la justice et pointe la responsabilité de l'autorité politique : "Il manque de places d'accueil dans l'aide à la jeunesse".
- Publié le 04-06-2026 à 17h17

Dans la nuit de lundi à mardi, un ado âgé de 15 ans (16 ans depuis ce jeudi en réalité) s'était emparé d'un bus stationné dans un entrepôt tournaisien géré par une société privée travaillant en sous-traitance pour les TEC. Il avait roulé en pleine nuit jusqu'à la gare de Mouscron où il avait abandonné le véhicule.
Ce n'était pas le premier fait de ce genre dont il s'était rendu coupable, a indiqué ce jeudi Vincent Macq, procureur du Roi de Mons-Tournai, confirmant les informations que nous écrivions la veille. En livrant un détail assez stupéfiant : l'adolescent dont il est question entretient depuis un certain temps une obsession pour ce genre d'escapade au volant de bus et plus généralement de véhicules empruntés à autrui : à l'âge de 12 ans, déjà, il s'était déjà illustré pour des faits du même type et avait été alors déféré devant un juge de la jeunesse.
Le procureur du Roi est bien obligé d'admettre que, depuis lors, aucune solution satisfaisante n'a pu être trouvée pour ce jeune au profil assez particulier.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, dit-il. "Parce qu'il est dangereux non seulement pour lui-même mais aussi pour autrui".
L'ado a été un moment accueilli en IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse) sans cependant présenter le profil pour séjourner dans ce type d'institution. Or, là comme ailleurs il manque de places libres. Sa place pourrait être dans un SRJ (Service Résidentiel pour Jeunes) mais les lieux d'accueil de ce type sont eux aussi complètement saturés. "Chaque jour, des jeunes qui comparaissent devant un juge de la jeunesse devraient être pris en charge par des structures adaptées mais ils ne peuvent pas l'être faute de moyens. Cette situation perdure depuis des années".
"Nous déplorons cette absence de possibilité de réponse à des faits graves et potentiellement très dangereux"
Dans ce contexte de pénurie de places dans les centres spécialisés, déplore M. Macq, l'adolescent n'a pas pu être pris en charge et il est donc rentré chez lui.
Cette absence de moyens financiers et humains dans l'aide à la jeunesse pourrait un jour provoquer un drame. Beaucoup de jeunes, abandonnés à eux-mêmes, risquent fort, de surcroît, de se retrouver en milieu carcéral après leurs 18 ans. "Nous déplorons cette absence de réponses à des faits graves et potentiellement très dangereux", insiste le procureur du Roi. "La police fait le job, le parquet fait le job, le juge également. Mais la justice ne peut que travailler avec les outils qu'on lui donne. Or, il manque de capacités d'accueil au sein de structures en situation de sous-effectifs. Cette jeunesse qui ne va pas bien devrait être une priorité ; l'autorité politique doit dégager des budgets."