Les petites routes de Barry et Pipaix prises d'assaut par les automobilistes, suite aux travaux sur la N7 : "Une situation invivable"
Depuis l'entame des travaux sur la N7 à Barry, un flot important de véhicules s'engouffre dans les villages pour gagner quelques kilomètres. Vitesses excessives, croisements périlleux et sentiment d'insécurité, les riverains n'en peuvent plus. La Commune de Leuze va prendre des mesures.
- Publié le 15-09-2026 à 16h58

Les riverains des hameaux de Ghyssegnies et Orquennois ont vu leur quotidien complètement chamboulé ces derniers mois. Plusieurs routes de campagne qui traversent le village de Pipaix "absorbent" un flux intense de véhicules, principalement aux heures de pointe. La configuration et l'étroitesse de ces voiries ne sont, pourtant, guère adaptées à supporter un tel charroi.
Un certain nombre de doléances d'habitants, également lassés des vitesses excessives régulièrement constatées, sont remontées jusqu'aux oreilles du bourgmestre de Leuze, Hervé Cornillie. Cette situation indésirable serait-elle un dommage collatéral des travaux exécutés sur la N7 à hauteur de Barry ? Cela ne fait pas l'ombre d'un doute.
Un détour de 15 km via Bury
Depuis le démarrage de ce chantier du SPW, à partir du pont Festu jusqu'à l'intersection entre la N7 et la N50, les automobilistes sont invités à suivre un itinéraire de déviation pour rejoindre Leuze : chaussée de Mons jusqu'au carrefour de la Barrière (Bury), puis direction à gauche via la N60 (chaussée de Péruwelz).
Pour éviter ce détour, de nombreux conducteurs passent à travers Pipaix en empruntant, depuis la N60, les rues de l'Abbé Louis Lezaire (Barry) puis Orquennois afin de regagner la N7 de l'autre côté du pont Festu. Le même cas de figure se présente après la brasserie Dubuisson, en s'engageant dans le chemin cabossé de Ghyssegnies.
Si l'on prend comme point de référence le giratoire de la Croix-au-Mont (Cornet de frites), à l'entrée de Leuze, le raccourci est flagrant. Nous avons testé les deux parcours : d'une quinzaine de km par la déviation officielle, on avoisine les 8 km en coupant par la rue de l'Abbé Louis Lezaire.

Si le gain de temps n'est pas négligeable, celui-ci ne peut se faire au détriment de la sécurité et du bien-être des habitants impactés. Plusieurs d'entre eux évoquent un quotidien devenu invivable d'après le maïeur.
"Des comportements dangereux"
Une citoyenne de Barry, adepte de course à pied, avoue ne plus avoir l'esprit tranquille lors de ses sorties sportives. "Certains usagers ne font même pas attention à ma présence et roulent à des vitesses folles sur ces voiries où les croisements sont difficiles. C'est extrêmement dangereux. Il y a peu, j'en ai aussi fait l'expérience en accompagnant ma fille à vélo sur le chemin de son école, à Pipaix. Un automobiliste nous a dépassées à vive allure au moment où un cycliste arrivait en sens inverse. Le conducteur n'a eu d'autre choix que de freiner brusquement afin d'éviter la collision. Cet incident aurait pu avoir des conséquences graves et illustre les risques découlant de l'utilisation excessive de ces voiries comme itinéraire de transit", confie la jeune femme.
Des voiries à cheval entre Tournai, Péruwelz et Leuze
Dès qu'il a eu connaissance de cette problématique, le bourgmestre Hervé Cornillie a interpellé par écrit Yves Fobelets, le directeur des routes de Mons, afin que des mesures soient prises par le SPW.
"La complexité dans ce dossier, c'est que les voiries traversées se trouvent à cheval entre les communes de Tournai et de Leuze. La rue de l'Abbé Louis Lezaire, par exemple, se situe à Barry. Cela multiplie par conséquent le nombre d'interlocuteurs et rend plus difficile la mise en œuvre d'actions rapides", précise M. Cornillie, qui ne compte toutefois pas rester les bras croisés.
Un arrêté pour limiter la vitesse
"La seule alternative possible dans mon chef, c'est de prendre un arrêté temporaire de limitation de vitesse. Je vais signer ce règlement de police tout prochainement. Mais à un moment, si les conducteurs ne changent pas de comportement et s'assoient sur cette mesure, cela ne servira à rien. j'en appelle donc à la responsabilité de chacun. Même si la police sera présente pour veiller au respect de l'arrêté, nous n'avons pas les moyens d'assurer des contrôles ininterrompus jusqu'à la fin de l'année."
Le collège communal leuzois s'est récemment engagé à inscrire, dans ses priorités, la réhabilitation des voiries (notamment Ghyssegnies) ayant pâti des chantiers successifs du SPW, sur la chaussée de Mons et la N7.