L’histoire du Ramdam Festival aura notamment été marquée par la menace terroriste il y a quelques années.

En 2015, le Ramdam Festival a été marqué par son interruption par autorité de police suite à une très sérieuse menace terroriste. Jean-Pierre Winberg ne garde pourtant pas un véritable mauvais souvenir de cet épisode.

"Évidemment, ce n’était pas facile à vivre car cela annulait plusieurs centaines heures d’effort. Cependant, le positif l’emporte de loin sur le négatif. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte à quel point les festivaliers s’étaient approprié le Ramdam." Le président revient alors sur la manifestation qui avait été organisée par les festivaliers eux-mêmes.

"J’avais évidemment eu vent de cette initiative. J’étais allé chercher des cinéastes bretons qui étaient arrivés à l’hôtel Alcantara. Je leur ai expliqué que le festival était interrompu et qu’une manifestation en soutien était en cours. J’avais un peu peur de me rendre sur la Grand’Place et de ne voir personne. Finalement, il y avait 3 400 personnes, c’était magnifique. J’en avais les larmes aux yeux. Cet événement a renforcé l’appropriation du Ramdam par les gens. Toute la presse internationale en a parlé."

Heureusement, le festival n’aura finalement été que très peu impacté par cette interruption. "Peter Carpentier a effectivement accepté qu’on continue le festival au-delà de la date initiale de clôture. Dans la semaine qui a suivi, nous avons donc pu programmer les films qui étaient prévus. Les frustrations étaient beaucoup moins grandes, tant de notre côté que du côté du public."

Le festival du film qui dérange n’aura en tout cas jamais aussi bien porté son nom que cette année-là. D’ailleurs, malgré cette menace, les organisateurs n’ont pas changé la moindre chose à la ligne éditoriale du festival.

"C’est tellement bien vrai qu’en 2017, et ce n’était pas de la provocation, on a utilisé une photo d’une femme que tout le monde imaginait voilée. En fait, il s’agissait d’une photo d’une femme touareg qui se protège dans le désert. Notre meilleure réponse aura en tout cas été de ne rien changer à notre manière de faire !"