Avant la finale des playoffs, Sam Van Rossom se confie sur sa nouvelle vie de directeur général à Ostende : "Je passe mes journées au téléphone"
À 39 ans, l'ancienne figure des Belgian Lions découvre les coulisses de la gestion d'un club de haut niveau. Il se montre ambitieux et croit fermement au titre en finales des playoffs face à Anvers.

- Publié le 04-06-2026 à 14h41

Des finales de playoffs en Belgique, Sam Van Rossom en a vécu trois en tant que joueur sous le maillot d'Ostende, avec trois titres de champion à la clé (2006, 2007, 2024). Cette année, c'est depuis les tribunes, dans le costume de directeur général du club côtier qu'il a endossé au mois de novembre dernier, que l'ex-international belge (39 ans) vivra l'apothéose du championnat opposant le BCO à Anvers.
Avant la première manche programmée jeudi sur le parquet anversois, à l'endroit même où il avait mis fin à sa carrière de joueur il y a deux ans en soulevant le trophée national, Sam Van Rossom nous a confié son ressenti sur son nouveau rôle et sa vision au sein du club le plus titré de Belgique, détenteur des 14 derniers titres de champion de Belgique. Monologue.
Son adaptation au rôle de DG
"J'étais quelque part préparé à ça car j'ai suivi des formations en management sportif dans ce but de reconversion. C'était le boulot que j'avais en tête pour mon après-carrière. Et quand le plus grand club de Belgique, dans lequel j'ai connu de superbes moments comme joueur, te contacte pour te proposer un tel poste, c'est difficile de refuser car c'est une opportunité qui ne représentera peut-être plus jamais ensuite. Après six mois dans ce rôle, je commence réellement à prendre mes marques. C'est beaucoup de responsabilités et de travail car il faut penser à tout. Quand on passe des parquets aux bureaux, on se rend alors vraiment compte de tout ce que représente la gestion d'un club en coulisses. Il y a le sportif, le Dôme, l'événementiel, l'académie, le sponsoring, le personnel et les volontaires… C'est bien plus énergivore et chronophage et de temps que quand on est joueur. Et beaucoup d'heures au téléphone quotidiennement. Je ne suis pas loin d'avoir une tendinite au pouce (rires). Mais c'est aussi cela la beauté de ce job, la diversité des tâches."
Faire progresser l'académie est une des priorités.
Sa vision de développement pour le futur
"Ostende était déjà un club très structuré et professionnel avant que j'arrive. Mais je veux pousser cette professionnalisation encore plus loin. En investissant dans l'encadrement à tous les niveaux. J'ai côtoyé le haut niveau européen durant ma carrière (NdlR : il a notamment été champion d'Espagne et d'Europe avec Valence où il a joué 10 ans). Même si les budgets sont évidemment très différents, je peux me servir de mes expériences à l'étranger pour mettre certaines choses en place ici à Ostende afin de faire progresser la structure. Notamment au niveau de l'académie qui en a fortement besoin. Trop peu de joueurs issus de notre centre de formation percent en équipe première. Ce n'est pas toujours facile car le club a des ambitions sportives élevées, mais il faut pouvoir trouver le bon compromis pour combiner les résultats et le développement des jeunes dans nos installations."
Les ambitions sportives
"L'objectif est de construire un projet stable. L'arrivée en cours de saison du nouveau coach, l'Allemand Denis Wucherer, s'inscrit dans cette logique et j'aimerais continuer avec lui sur du long terme. Sous les ordres du coach précédent (NdlR : le Grec Georgios Dedas), l'équipe manquait de discipline et d'automatismes. Il était très fort tactiquement mais n'avait vécu que des expériences dans des équipes plus huppées avec des joueurs confirmés. En Belgique, les budgets plus restreints vous obligent plus souvent à miser sur des joueurs plus jeunes et moins accomplis qu'il faut faire progresser. Denis est la bonne personne pour ce travail. Et il faut pouvoir mettre cela en pratique tout en conservant des ambitions élevées sur le plan national. Devenir plus compétitifs sur la scène européenne sera aussi un objectif. Mais il faut aussi regarder la réalité. Un club comme Ostende fait partie des deux plus gros budgets en Belgique, mais en Champions League, par exemple, on se retrouve parmi les moyens les plus limités de la compétition. Et participer à une Coupe d'Europe coûte en plus de l'argent. Mais ça reste bon pour l'image et la renommée du club."

La conjoncture financière
"Ce n'est pas un secret : la situation économique du basket belge n'est pas des plus florissantes. Les temps sont assez difficiles, notamment au niveau du sponsoring. Derrière le foot et le cyclisme, il y a peu de place pour la visibilité du basket. Mais, à mes yeux, le produit reste intéressant. Je constate que les gens qui viennent voir nos matchs au COREtec Dôme s'amusent et passent des bons moments. D'ailleurs, nous avons fait + 10 % en ticketing cette saison et nous enregistrons une moyenne de 2 800 spectateurs par match. Ce n'est pas si mal. Il faut continuer à investir là-dessus pour faire de chaque match un événement pour le public. Cela passe par la qualité d'encadrement autour d'un match."
Je crois encore à un 15e titre consécutif.
La finale face à Anvers
"Si ça me fait mal qu'Anvers domine la saison et soit favori ? Non, pas du tout. On connaît notre réalité. Les Giants ont une très belle équipe qui a terminé en tête du championnat et gagné la Coupe. C'est normal qu'ils soient considérés comme favoris. Mais nous vendrons chèrement notre peau durant cette finale des playoffs. Et je crois encore fermement au gain d'un 15e titre consécutif. L'équipe a progressé sur la fin de saison, notamment sur le plan défensif. Et nous avons des joueurs et un collectif capables de faire la différence. Pour le spectacle, j'espère en tout cas voir une finale équilibrée."