Sophie Cunningham, Enes Kanter et les athlètes transgenres : pourquoi la WNBA est en pleine polémique
Après avoir annoncé sa candidature à la draft WNBA, Enes Kanter (ex-Knicks) a été exclu d'un match après une altercation avec Natasha Cloud.

- Publié le 25-08-2026 à 18h34

C'est une interview à ESPN publiée en juillet mais réalisée en février qui a déclenché la polémique. Connue pour son franc-parler et étiquetée MAGA (pour le slogan 'Make America Great Again' de Donald Trump), Sophie Cunningham revient sur un tweet republié en 2022, s'indignant de la présence d'une personne trans dans une compétition de natation. Elle réfute l'accusation de transphobie mais considère qu'il faut être honnête et "protéger les jeunes filles" dans les vestiaires et dans le sport, afin qu'elles n'aient pas à affronter ce qu'elle appelle des "hommes biologiques".
Quelques jours plus tard, la jeune trentenaire précise ses propos : "Il est vraiment important de protéger les enfants, et cela inclut les petites filles. Donc je maintiens ce que j'ai dit et je le croirai toujours."
Bardaf, c'est l'embardée. La polémique déborde rapidement des parquets et enflamme les réseaux sociaux. Sophie Cunningham devient malgré elle l'un des visages du débat : les uns applaudissent son franc-parler et l'érigent en porte-drapeau, les autres dénoncent ses propos. Dans les gradins, des soutiens de la joueuse arborent des t-shirts "We love you Sophie".
L'équipe de Cunningham, Indiana, se retrouve sous le feu des projecteurs. Les manifestations pro ou anti-Cunningham se multiplient aux abords des salles et débordent parfois sur le parquet. En déplacement à Minnesota, le 2 août (108-100), Cheryl Reeve, l'entraîneuse des Lynx, porte un t-shirt : "Les enfants trans ont leur place."
Les deux femmes ne s'éviteront pas et discuteront de leurs divergences d'opinions sur le parquet. "C'est aux ligues et aux instances dirigeantes de travailler avec leurs athlètes afin de trouver des solutions, raconte la star Caitlin Clark. Nous, nous nous concentrons sur le basket."
Kanter et White veulent s'inscrire à la draft WNBA
Impossible toutefois d'enrayer la dynamique. Le syndicat des joueuses condamne la haine, les insultes et la "diabolisation" de personnes ou de groupes, alors que la WNBA annonce qu'aucune modification des règles d'éligibilité n'est annoncée.
Mais c'est là qu'Enes Kanter sort de son banc. Connu pour être un farouche opposant au dirigeant autoritaire turc Recep Tayyip Erdogan (son passeport a d'ailleurs été annulé par la Turquie), l'ancien joueur des Knicks lâche une bombe sur Twitter. Il annonce s'identifier comme femme et vouloir s'inscrire à la draft WNBA. "Si le simple fait de déclarer qui vous êtes est tout ce qui est requis, alors je remplis chacune des conditions nécessaires pour évoluer en WNBA", assure-t-il.
Il est suivi par Royce White, passé par Houston et Sacramento. La candidature des deux anciens joueurs NBA est rejetée par la WNBA, qui ne veut pas être instrumentalisée et tournée en ridicule. Mais Kanter n'en reste pas là et vient aux rencontres de WNBA. Ce week-end, il était ainsi présent au match entre Chicago et Indiana avec un t-shirt explicite : "Femme, nom : être humain adulte de sexe féminin".
Cela n'a pas plu à Natasha Cloud et après une altercation verbale entre les deux protagonistes, Kanter a été escorté hors de la salle. Il a alimenté la polémique sur Instagram : "Je viens de me faire virer d'un match de WNBA pour avoir soutenu les femmes. Réfléchis-y, Amérique."

À mesure que les prises de position se radicalisent et que les manifestations accompagnent les matchs d'Indiana, le débat dépasse le cadre du basket, voire celui du sport. Et pour l'instant, personne n'y gagne…