Gilbert: "Très loin de ma meilleure forme"

Eric de Falleur
Gilbert: "Très loin de ma meilleure forme"
©Photonews

Philippe Gilbert a ressenti un léger mieux qu'il ne pense pas suffisant pour jouer un rôle dans la finale du Tour des Flandres

Quarante-huit heures après avoir touché le fond, vendredi au Grand Prix E3, Philippe Gilbert a entamé hier le long processus qui doit lui permettre de revenir en condition.

"Cela ne pouvait être pire", disait-il. "Ça ne peut aller que de mieux en mieux."

Le Liégeois était d'ailleurs honnête en déclarant : "Je ne suis pas content de ma condition, ni de ma prestation, mais bien de celle de l'équipe. Nous avions Ballan et Van Avermaet devant. Dommage que Greg a chuté, heureusement sans gravité."

Néanmoins, il a ressenti une amélioration par rapport au Grand Prix E3.

"J'étais un peu mieux, avouait- il. Mais, c'est difficile de comparer Harelbeke, une des classiques les plus dures de l'année, et Wevelgem, qui est une des plus faciles. J'étais un peu plus à mon aise, même si j'étais trop à l'arrière. La première fois, quand ça a cassé, tout le monde est revenu car on était encore frais, mais pas à la fin. Nous étions avec Thor Hushovd, on a hésité à tenter de revenir car Ballan et Greg étaient devant et nous ne voulions pas prendre le risque de ramener Farrar, Cavendish et Greipel."

Avant cela, on avait même vu le Liégeois tenter une timide attaque avant l'ascension du Kemmel.

"Je voulais anticiper", confiait encore le champion de Belgique. "C'est souvent plus facile ici de créer une décision avant ou après un mont que dessus. Je l'avais fait il y a quelques années avec Breschel et Pozzato, ensuite, on monte plus à l'aise, sans devoir se battre pour sa position."

Dans une semaine, Gilbert s'attend à souffrir au Tour des Flandres.

"J'ai pris un coup énorme, mentalement et physiquement vendredi, avouait-il samedi. Ça allait trop vite pour moi, je me suis retrouvé à une place qui n'est pas la mienne. Pourtant, après Milan-Sanremo, je croyais être bien reparti. Désormais, je le sais, j'aurai besoin d'un miracle pour pouvoir jouer un rôle majeur au Tour des Flandres, dans à peine une semaine, et que je peux me tourner sur l'édition 2013…"

Hier, son discours était à peine plus optimiste. "Un jour ou deux peuvent changer beaucoup de choses, et j'ai une semaine pour repartir. Je rentre à Monaco et je vais pouvoir faire des longs entraînements, au calme", confiait-il avant de filer vers Lille, où, via un TGV, il devait rejoindre Paris, puis Nice par avion. "Mais je ne crois pas que je pourrai jouer un rôle au Tour des Flandres. Il faut être réaliste. Je suis très loin de ma meilleure forme même si tout ce qui peut arriver ne peut être que mieux. J'étais au plus bas, je n'ai jamais été aussi mauvais, je ne peux que m'améliorer."

C'est donc de loin que le coureur de BMC a suivi le nouveau triomphe de Tom Boonen.

"J'ai toujours été chauvin" , souriait-il. "Je suis content quand un Belge gagne et heureux pour Tom qui est un de nos plus grands champions. Il a vécu l'an dernier des mauvais moments, je ne l'ai jamais critiqué, je l'ai toujours respecté. C'est une bonne chose pour le cyclisme en Belgique, c'est bien pour les sponsors, Tom a toujours été très populaire."

L'Anversois est occupé à survoler les classiques flamandes, qui sait si le Liégeois ne pourra en faire de même dans les Ardennaises ?

"Ce serait un beau deal" , rigolait-il, sans trop y croire, toutefois. "Il me reste du chemin. Mais on ne sait jamais, mais c'est encore très long. Je vais d'abord essayer de retrouver une bonne condition. À partir de là, ce sera plus facile…"



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