Boonen: "Avec un équipier de plus pour le sprint…"
Médaillé de bronze de son dernier Mondial, Tom Boonen ne vivra pas les derniers mois de sa carrière en arc-en-ciel.
- Publié le 17-10-2016 à 10h25
- Mis à jour le 17-10-2016 à 12h17
Médaillé de bronze de son dernier Mondial, Tom Boonen ne vivra pas les derniers mois de sa carrière en arc-en-ciel. Il aura fallu le regard tendre de Valentine et de Jacqueline, ses deux jumelles qui l'attendaient à l'hôtel Melia, pour dessiner sur le visage de Tom Boonen un premier sourire après sa descente du podium. En préambule à son ultime rendez-vous arc-en-ciel, le champion du monde de Madrid avait posé ses ambitions sans fard ni détour : ce serait tout ou rien.
"Sauf circonstances particulières, je ne me contenterai pas d'une deuxième place…"
"Je pense ne jamais l'avoir vu aussi déçu de sa carrière", soufflait Patrick Lefevere, le manager de l'équipe Etixx-Quick Step.
Sa médaille de bronze toujours autour du cou près d'une heure après l'arrivée, comme pour matérialiser la portée de son résultat, le champion du monde de Madrid s'efforçait de positiver : "C'est évidemment la déception qui prédomine car il m'était possible de gagner. Mais je suis toutefois satisfait de repartir avec la bronze et d'avoir presté à ce niveau pour mon ultime Mondial. Cette épreuve constituait, après Paris-Roubaix, mon second grand objectif de la saison. J'ai pris la seconde place sur le vélodrome nordiste, et la troisième, donc, ici. La preuve que je reste performant au plus haut niveau dans les derniers mois de ma carrière."
Rebaptisé Monsieur Qatar par toute la presse depuis le début de la semaine de ce mondial, Tom Boonen aura fait honneur à sa réputation en déclenchant l'opération tempête du désert à hauteur d'Al Khor. "Nous avons pris nos responsabilités comme nous l'avions affirmé avant le départ. Lorsque nous avons mis véritablement en route pour faire exploser le peloton, c'était un peu la panique dans les autres sélections. Tout le monde faisait dans son peloton. En plaçant six hommes dans le bon coup, nous avons démontré que nous étions l'équipe la plus solide dans cet exercice et avons ensuite poursuivi notre effort. Le problème est que la partie sur The Pearl était trop longue avant l'arrivée, c'était stupide…"
Sur le circuit local, Stuyven, Naesen et Keukeleire assurèrent un tempo élevé qui empêcha le retour du second éventail mais faisait aussi, quelque part, le jeu des Cavendish, Sagan ou Kristoff. Le meilleur choix ?
"Ces trois équipiers avaient déjà beaucoup travaillé au préalable et ils n'auraient plus pu nous être utiles en plein final. Il était donc préférable de continuer à les utiliser afin de tenter d'user nos concurrents. Greg (Van Avermaet) devaient lui sauter sur les attaques et travailler pour le sprint si aucune tentative n'était fructueuse. Il n'était finalement pas là dans le dernier kilomètre, mais il y a une raison à cela (lire plus loin). Avec Roelandts nous contrôlions la course jusqu'à l'attaque de Leezer. Celle-ci à contraint Jurgen à réagir et à travailler plus tôt que prévu. Il n'avait pas d'autre choix, et il nous a manqué un homme. Avec un gars en plus, je devais gagner ce sprint. Je me suis retrouvé trop tôt en tête et lorsque vous avez des gars comme Sagan ou Cavendish dans la roue, c'est très difficile de résister à leur retour. D'autant que ma chaîne à sauter dans les trente derniers mètres… Il me reste un printemps pour tenter de terminer ma carrière en beauté. J'espère donc connaître un hiver sans problème."
