Son rêve de victoire, sa saison 2016, le Tour de France: Tiesj Benoot se confie
Âgé de 22 ans, Tiesj Benoot rêve de gagner une classique. Entretien.
- Publié le 16-12-2016 à 11h18
- Mis à jour le 16-12-2016 à 11h29

Âgé de 22 ans, Tiesj Benoot rêve de gagner une classique. " La formation fait partie de notre ADN." C'est ce que nous rappelait Marc Sergeant, au début du stage de préparation de son équipe Lotto Soudal, à Palma de Majorque, en Espagne. Et cette formation, à long terme, avec notamment l'équipe des espoirs du même nom, porte ses fruits. Puisque de nombreux jeunes brillent très rapidement au sein de l'équipe belge. Avec Tim Wellens, devenu un leader. Avec Jens Debusschere. Avec Louis Vervaeke. Et de nombreux autres. Dont le phénomène Tiesj Benoot.
Qui s'était directement classé cinquième du Tour des Flandres, en 2015, lors de sa première saison chez les pros. Avant de confirmer en 2016, avec notamment un podium au Nieuwsblad ou une septième place à l'E3. Ensuite, il a connu moins de réussite, avec sa chute au Tour des Flandres. "Après une première saison qui était au-delà de mes espérances, j'ai connu le revers de la médaille", raconte le Gantois. "J'ai connu des périodes plus difficiles. Avec cette chute, j'ai été blessé à l'estomac. Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. Mais cela provoquait des remontées acides, et ma gorge était tout le temps enflammée. J'ai donc souvent été malade dans la suite de la saison. Un problème qui est désormais réglé."
En avançant cette explication, il ne cherche pas d'excuse. "Non, cela fait partie du métier", continue Benoot, qui a prolongé jusque fin 2019 chez Lotto-Soudal. "Sur les courses, parfois tu gagnes. Parfois tu perds. Et parfois tu chutes. Cela a été plus délicat, mais j'ai quand même fait de bons trucs. Notamment une cinquième place au Tour de Pologne, ce qui n'est pas rien." Seulement âgé de 22 ans, Tiesj Benoot ne veut pas brûler les étapes. "Je suis quelqu'un d'assez calme, je ne stresse pas beaucoup, et pourquoi devrais-je, d'ailleurs ?", continue ce grand supporter de La Gantoise, en football. "La saison 2016 a été plus difficile, oui, mais j'estime qu'elle m'a permis de beaucoup apprendre. De prendre énormément d'expérience. Je sais désormais mieux comment gérer un retour de blessure, mieux gérer mes périodes de repos. Cette période a été un apprentissage sur le plan mental et il est bon de le faire en étant jeune. Cela m'a rendu plus fort. J'ai plus appris lors de la précédente saison que l'année passée."
Avant d'attaquer 2017, il a pris le temps de recharger les batteries. "Je me suis beaucoup reposé. Et je me sens bien lors de ce premier stage d'entraînement. Je me sens frais. Et content d'être avec mes coéquipiers. Dans des conditions idéales pour rouler." Quels seront ses principaux objectifs en 2017 ? "Ce sera tout en début de saison sur les classiques du printemps, et surtout les épreuves flamandes, que j'adore, ce sont celles qui m'ont donné envie de faire du vélo, répond Tiesj Benoot. Après, je vais préparer ma première participation au Tour de France. Avant de viser en fin de saison un bon Championnat du Monde, en Norvège."

"C'est un rêve d'aller au Tour"
Tiesj Benoot disputera sa première épreuve de trois semaines en 2017.
Son équipe Lotto-Soudal l'a annoncé ce mercredi : Tiesj Benoot va disputer son premier Grand Tour la saison prochaine. Et ce ne sera pas n'importe lequel : celui de France ! "Je sais que c'est le plus dur des trois Grands Tours, raconte le jeune coureur. Car les meilleurs coureurs du monde y sont présents, dont les spécialistes des épreuves de trois semaines. Je sais aussi que la pression y est énorme. Mais la Grande Boucle s'inscrivait mieux dans mon planning 2017."
Car il va à nouveau viser un premier pic de forme pour les classiques du printemps. "Ce sont mes courses préférées, celles que je veux gagner, continue Tiesj Benoot. Et ce serait trop pour moi d'enchaîner les classiques du début de saison avec le Tour d'Italie, qui arrive dans la foulée. Il vaut mieux que je coupe et que je prépare le Tour de France."
Qu'est-ce que la célèbre course au maillot jaune représente pour lui ? "C'est tout simplement la plus grande course du monde", répond-il. "Forcément, cela motive d'y aller. Le Tour, c'est énorme, c'est diffusé partout dans le monde et je me réjouis d'y être. C'est un rêve qui va devenir réalité."
Sait-il déjà ce qu'il pourra y viser ? "L'équipe sera articulée autour d'André Greipel, pour lequel je n'hésiterai pas à travailler", avance le Gantois. "Mais j'espère pouvoir tenter ma chance sur des étapes. Comme beaucoup de gars dans l'équipe. Je veux aller au bout, terminer ce premier grand tour. Mais aussi tenter des choses. Enfin, on verra comment cela se passe, et ce serait peut-être mieux que vous me posiez la question après le Tour… Mais je crois que j'essaierai d'aller dans des échappées. Celles qui pourraient aller au bout, se disputer la victoire. Notamment dans les Vosges ou dans le Jura."
Avec un coureur offensif comme lui, mais aussi avec son coéquipier comme Tim Wellens ou d'autres artificiers, le Tour pourrait être enthousiasmant pour les supporters belges !
"Ma première victoire sera une belle"
Benoot n'a pas encore gagné chez les pros.
Il a souvent échoué de peu, mais il n'est pas encore parvenu à s'imposer, Tiesj Benoot. Ce qui ne préoccupe pas trop l'offensif coureur belge.
"Je veux bien évidemment gagner, mais ce n'est pas une obsession, et je préfère faire un programme de grandes courses, où c'est bien évidemment plus compliqué de s'imposer, que de privilégier les petites épreuves pour avoir plus de facilité pour en gagner une", analyse cet étudiant en économie appliquée qui, du haut de ses 22 ans, impressionne par son calme et sa maturité. "Pour moi, un podium au Circuit Het Nieuwsblad a plus de valeur qu'une victoire à Nokere", continue celui qui avait épaté en terminant 5e du Tour des Flandres, mais aussi 5e du Grand Prix de Montréal, en 2015. "Si tu peux jouer un rôle sur les grandes courses, je pense que tu dois continuer à ce niveau."
Les joies de la victoire ne lui manquent pas ? "Si, mais je suis patient, car je sens que j'ai les capacités de gagner, répond-il. Je le sais. Je suis juste patient. Sans doute plus que vous, les journalistes ! Je ne suis donc pas frustré de ne pas encore avoir gagné. Je ne tiens pas à être frustré, car être frustré, c'est être négatif, ce qui ne te fait pas avancer. Et ce que je sais aussi, c'est que ma première victoire sera forcément une belle victoire."
Le futur Greg Van Avermaet ?
Tiesj Benoot compte attaquer autant l'an prochain. "C'est ma manière de courir, même si je me rends compte que je suis un peu trop enthousiaste, que je dois essayer d'économiser un peu plus d'énergie, explique-t-il. Je cours un peu comme Greg Van Avermaet il y a cinq ans. Même si je ne veux pas me comparer à lui, il a tant gagné."Assis à ses côtés, Marc Sergeant fait de grands gestes. Pour présenter son coureur, sans le dire ouvertement, comme le futur Van Avermaet. "C'est vrai que nous avons des points communs : j'ai été gardien de but au foot comme lui, rigole Tiesj. On aime aussi les mêmes courses. Et attaquer."