Ferdi Kübler, 97 ans : le Tour perd son doyen

Le champion suisse Ferdi Kübler est décédé, jeudi après-midi, à l'âge de 97 ans.

Guy Beauclercq
This photo taken on July 18, 1949 shows Swiss rider Ferdinand "Ferdi" Kubler riding uphill during a breakaway in the 16th stage of the Tour de France between Cannes and Briançon on July 18, 1949. Swiss rider Ferdinand "Ferdi" Kubler, 97, passed away on December 30, 2016. / AFP PHOTO / STF
This photo taken on July 18, 1949 shows Swiss rider Ferdinand "Ferdi" Kubler riding uphill during a breakaway in the 16th stage of the Tour de France between Cannes and Briançon on July 18, 1949. Swiss rider Ferdinand "Ferdi" Kubler, 97, passed away on December 30, 2016. / AFP PHOTO / STF ©AFP

Le champion suisse Ferdi Kübler est décédé, jeudi après-midi, à l'âge de 97 ans.

Premier Suisse à avoir remporté le Tour de France en 1950 et doyen des vainqueurs de la Grande Boucle, Ferdi Kübler est décédé à l'âge de 97 ans. Légende du cyclisme helvétique, le Zurichois s'est éteint, jeudi après-midi, a précisé sa femme, Christina Kübler. "Ferdi s'est endormi paisiblement, avec un sourire sur son visage…" a-t-elle expliqué. Après avoir passé Noël à la maison en famille, le Fou pédalant, qui avait souffert de nombreux problèmes de santé ces derniers temps, a été admis dans un hôpital zurichois à la suite d'un sévère refroidissement.

Coureur tempétueux et fier, l'aigle d'Adliswil enrichit son spectaculaire sacre au Tour 1950 (9.30 d'avance sur le Belge Stan Ockers) un palmarès impressionnant à une époque passant pour être l'âge d'or du cyclisme. Ses adversaires s'appelaient Fausto Coppi et Gino Bartali, les campionissimi italiens, Louison Bobet, le champion breton. Mais aussi Hugo Koblet, l'autre K du cyclisme suisse (vainqueur du Tour 1951) qui incarnait l'élégance quand Kübler misait sur l'énergie et la générosité, l'ambition et le panache.

À Raphaël Géminiani lui conseillant la prudence dans le Tour 1955 avant d'attaquer le Ventoux, "un col pas comme les autres", Kübler répondit en appuyant plus fort encore sur les pédales : "Ferdi, non plus, pas coureur comme les autres." La défaillance n'en fut que plus spectaculaire. "Le contre-la-montre, le sprint, la montagne, j'étais capable de tout !" disait Kübler, qui regrettait d'avoir connu un début de sa carrière entravé par les années de guerre.

Champion du monde en 1951 sur le circuit de Varèse, le Zurichois gagna cette année-là la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, deux classiques qui se disputaient à l'époque sur deux journées. Douze mois plus tard, il recommençait dans un doublé demeuré fameux. "Je suis devenu champion parce que j'étais pauvre…" avait-il expliqué à l'Équipe Magazine à l'occasion du Centenaire du Tour (2003). "Je luttais pour manger, pour avoir une vie meilleure. J'ai gagné le Tour de France parce que j'en ai rêvé, parce que je savais qu'après, je ne serais plus jamais pauvre." Kubler, qui avait arrêté sa carrière en 1957, était très populaire en Suisse.

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