Les coureurs manqueront-ils de rythme avant le Tour ?
Les compétitions reprendront à peine un mois avant le Tour, les coureurs manqueront donc de rythme et de fond.
- Publié le 21-05-2020 à 22h45
- Mis à jour le 31-07-2020 à 17h20

Les compétitions reprendront à peine un mois avant le Tour, les coureurs manqueront donc de rythme et de fond.
On ne le répétera jamais assez, le Tour de France 2020 sera à nul autre pareil. Un des paramètres qui pourraient influencer le résultat final de la prochaine Grande Boucle, c'est le manque de compétition dont seront "victimes" les concurrents à la succession d' Egan Bernal . Bien sûr, les coureurs s'entraînent depuis des mois mais contrairement aux années précédentes, ils se présenteront au départ de l'épreuve, à Nice, le samedi 29 août, avec, au maximum, une dizaine de jours de course dans les jambes.
En considérant que la coupure intervenue à cause de la crise du coronavirus équivaut à un hiver sans course, c'est, au niveau du rythme, pratiquement de zéro que chacun repartira le 1er août prochain, lorsque la saison redémarrera réellement.
"Les coureurs iront au Tour de France avec les jambes de la Ruta del Sol", expliquait récemment Servais Knaven. L'ancien vainqueur de Paris-Roubaix évoquait bien sûr le fait que les coureurs débuteront le Tour de France dans la condition où ils sont les autres années en février ! Le directeur sportif d'Ineos exagère un peu, car chacun a pu s'entraîner, parfois jusqu'à l'écœurement. "Le seul point positif, c'est que tout le monde sera sur pied d'égalité, chacun manquera de fond et de rythme."
Même si certains pourraient déjà débuter au Tour de Burgos (28 juillet au 1er août), la compétition reprenant véritablement le samedi 1er août, avec les Strade Bianche, les coureurs auront à peine quatre semaines de courses dans les jambes avant le Tour. Gare aux défaillances !
"On ne sait pas ce qui va se passer après deux semaines de course" , dit Knaven. "Subitement, tous les scénarios prévus pourront s'effondrer."
L'an dernier, au départ du Tour, à Bruxelles, le compteur d'Egan Bernal, le futur vainqueur, présentait trente-deux jours de courses et le Colombien avait disputé quatre courses à étapes : le Tour de Colombie, Paris-Nice, le Tour de Catalogne et le Tour de Suisse. Malgré plusieurs abandons, Geraint Thomas était lui à 26 jours de course, soit autant que le troisième homme sur le podium à Paris, le Néerlandais Steven Kruijswijk. Quant à Julian Alaphilippe, il affichait pas moins de 37 épreuves (étapes ou courses d'un jour) au compteur.
Cette année, c'est trois ou quatre fois moins qu'auront les concurrents de la Grande Boucle. Laquelle s'annonce de surcroît très montagneuse, même si les coureurs visiteront moins de sommets très élevés que l'an dernier. Mais dès le 2e jour, la course se retrouvera en montagne, sur les hauteurs de Nice, avec pas moins de trois cols (Colmiane, Turini et Eze) et près de quarante kilomètres d'ascensions. Impossible donc, pour les favoris et leurs équipiers, de ne pas être déjà, en très bonne forme sous peine de perdre le Tour après quarante-huit heures seulement.
Pour Samuel Bellenoue, un des entraîneurs de Cofidis, le Dauphiné (du 12 au 16 août), même écourté, sera un passage obligé dans la préparation au Tour de France.
"Il faudra au moins une course à étapes dans les jambes" , dit à DirectVélo le mentor de Guillaume Martin.
Or, celles-ci ne sont pas très nombreuses et surtout pas très longues. Outre le Tour de Burgos et le Dauphiné, déjà cités, la Route d'Occitanie (1er au 4 août), le Tour de Pologne (5 au 8), celui de l'Ain (7 au 9), du Limousin (18 au 21) ou de Wallonie (19 au 23), s'il trouve la place qu'il espère au calendrier, risquent donc de faire le plein de candidats au maillot jaune. Enfin, le nouveau (il en sera à sa 2e édition) Mont Ventoux Dénivelé Challenge (6 août) va aussi attirer de nombreux coureurs désireux de se faire mal en (très) haute montagne alors que ceux qui auront visé les classiques (Strade, Milan-Sanremo, Plouay) n'auront pas beaucoup de possibilités de faire du rythme avant le Tour.