L'avis de Johan Museeuw après Milan - Sanremo: "Mohoric a combiné la manière et l'intelligence"
Notre consultant revient sur la victoire de Mohoric à Milan-Sanremo.
- Publié le 20-03-2022 à 19h02
- Mis à jour le 21-03-2022 à 10h34

"La victoire de Mohoric n'est pas vraiment une énorme surprise. L'an passé, il avait fini 11e à Sanremo et on savait que c'est un attaquant. Il ne gagne pas beaucoup mais de belles courses et avec le "Dropper post", il avait un atout. Il avait imaginé d'attaquer là et faire la descente à bloc. Il fallait encore être dans le groupe de tête, s'enfuir dès le début de la descente et être capable d'aller au bout. C'est un peu comme l'an dernier avec Stuyven, sauf que Mohoric est parti au début de la descente et pas en bas. Il était fort et a choisi le bon moment. On peut dire qu'il a combiné la manière en attaquant et l'intelligence tactique et technique.
Van Aert et van der Poel ont essayé mais n'ont pas pu revenir et sur la fin, il n'y avait plus personne qui avait un équipier prêt à se sacrifier dans les deux derniers kilomètres. Van Aert n'a pas fait d'erreur, Pogacar non plus, mais on l'a encore vu samedi, ce n'est pas toujours un favori qui gagne à Sanremo. On a encore vu que ce n'est pas facile de s'y imposer. Les UAE et les Jumbo ont durci la course, fatigué tout le monde et éliminé les purs sprinters mais, après, ça reste compliqué de concrétiser pour les favoris. Ça va être dur dans le futur pour Pogacar de gagner Milan-Sanremo qui est moins difficile que la Lombardie, Liège ou la Flèche. Le Slovène a essayé cinq fois mais le Poggio n'est pas assez long et dur pour lui. Il est explosif mais pas hyper explosif, il a fait le maximum mais même pour lui c'est compliqué de partir seul sur le Poggio car le niveau de tous les autres est tellement haut. C'est différent aussi dans une course d'un jour ou dans une course par étapes où les spécialistes des classiques sont émoussés après quelques jours.
J'avais dit attention à van der Poel. Il s'était bien préparé, un mois en stage en Espagne en dormant en altitude. Il a montré une fois encore que c'est un phénomène. Je pense qu'il était peut-être le plus frais dans le Poggio, s'il avait eu un peu plus de confiance, il aurait pu attaquer. Il a fait une course énorme. En un jour, il est devenu l'un des grands favoris pour les classiques flamandes, d'autant qu'il va encore s'améliorer."