Remco Evenepoel chez Red Bull-Bora Hansgrohe : c'était le bon moment pour lui… et pour Soudal Quick-Step
Un commentaire de Maxime Jacques.

- Publié le 05-08-2025 à 19h35
- Mis à jour le 06-08-2025 à 11h30

Il ne manquait que l'officialisation. Elle est arrivée ce mardi, en fin d'après-midi. Et dans le chef de Remco Evenepoel comme dans celui du management de Soudal Quick-Step, on peut imaginer qu'un ouf de soulagement a été poussé.
Pour le Brabançon, il était évident que, dans son objectif avoué de remporter un jour les trois grands tours – et en particulier le Tour de France, – un changement d'équipe, capable de lui offrir un environnement encore plus pointu et du soutien, était devenu indispensable. Malgré l'apport indéniable de Mikel Landa, recruté en 2024 (et précieux sur la Grande Boucle, la même année, mais absent en 2025), Soudal Quick-Step n'a jamais été en mesure de s'affirmer comme une équipe de grand tour. Et de rivaliser avec les armadas UAE Emirates et Visma | Lease a Bike.
Le Wolfpack n'a jamais su l'entourer sur les grands tours.
Sur le Tour 2025, la première étape – où une bordure a fait perdre une quarantaine de secondes à Evenepoel (et à Merlier) – a rapidement mis en évidence les difficultés du Wolfpack à protéger un coureur qui joue le classement général, comme cela avait déjà été le cas douze mois plus tôt, dans certaines circonstances.
La victoire de Valentin Paret-Peintre sur le Mont Ventoux, aidé par un extraordinaire Ilan Van Wilder (qu'on a rarement – voire jamais – vu se mettre à la planche de telle manière pour Remco) dans le dernier kilomètre, pouvait même traduire une forme de libération dans le chef de ses équipiers souvent critiqués pour leur incapacité à aider Remco Evenepoel dans les moments décisifs. Ils étaient survoltés, ce jour-là, quand ils ont pu jouer leur carte. Et on notera que, ce soir-là, Evenepoel n'a pas pris la peine de féliciter son équipier, et plus globalement son équipe, pour cette victoire prestigieuse.
De là à imaginer des tensions au sein de Soudal Quick-Step ? Il y a un pas que nous ne franchirons pas, car l'ambiance restait bonne en interne, même si c'est un secret de polichinelle : le côté un peu individualiste de Remco Evenepoel au moment de la fusion avortée avec Visma | Lease a Bike, durant l'hiver 2023, avait froissé certains de ses équipiers et certains membres du staff, qui auraient pu se retrouver sur le carreau.
Soudal Quick-Step va pouvoir retrouver son ADN des classiques.
Pour l'équipe belge, que Patrick Lefevere a quittée en décembre dernier, le départ de Remco était devenu indispensable. Financièrement, d'abord, car il va rapporter une belle enveloppe (on évoque un accord autour de deux millions d'euros avec Red Bull-Bora Hansgrohe) à Jurgen Foré, le nouveau CEO de Soudal Quick-Step. Et sportivement, ensuite. Plutôt que de tenter, en vain, de faire jeu égal avec des équipes aux moyens démesurés pour entourer des coureurs extraordinaires (UAE Emirates pour Pogacar, Visma | Lease a Bike pour Vingegaard), la formation belge va pouvoir se recentrer sur son ADN : gagner des classiques.
Si Evenepoel avait régulièrement sauvé les meubles sur Liège-Bastogne-Liège ces dernières années (2022 et 2023), le Wolfpack était aux abonnés absents sur son terrain de jeu historique, les Flandriennes. Certaines légendes de Soudal Quick-Step, à l'image de Johan Museeuw, n'en dormaient pas durant le printemps. Et les sponsors n'étaient pas forcément ravis de voir une marque aussi historique traverser les classiques pavées comme des fantômes.
Désormais, les nouvelles têtes de gondoles s'appellent Paul Magnier, un futur crack sur les classiques, et Tim Merlier, le meilleur sprinter du monde. Et ces deux-là, respectivement sous contrat jusqu'en 2027 et 2028, peuvent se rassurer. Quand on voit le début de mercato réalisé (Jasper Stuyven pour les classiques, Edward Planckaert pour les sprints) et celui qui devrait venir (van Baarle pour les classiques, Fabio van den Bossche et Alberto Dainese pour les sprints), on peut se dire que le retour aux bases est bien amorcé. Et que l'après-Remco a déjà bien été anticipé.