Son directeur sportif l'assure : "On verra un super Remco Evenepoel en Catalogne et à Liège"
Klaas Lodewyck, directeur sportif et membre de la garde rapprochée de Remco Evenepoel, est très confiant pour le printemps du double champion olympique.

- Publié le 05-03-2026 à 06h34

Klaas Lodewyck a fait une petite infidélité à Remco Evenepoel. Alors que ce dernier est depuis quelques jours sur les pentes du Teide pour son premier stage en altitude de l'année, celui qui est son directeur sportif chez Red Bull – BORA – hansgrohe après l'avoir été au sein de Soudal Quick-Step est resté en Belgique.
Les deux se retrouveront au Tour de Catalogne, prochaine course que disputera le Brabançon du 23 au 29 mars. Présent au Samyn ce mardi où il a activement participé au succès de Jordi Meeus, le Roularien (37 ans) a pris le temps de se confier. Avec franchise et bienveillance envers le double champion olympique.

Klaas, on n'a pas encore eu l'occasion de vous demander comment se passent vos premiers mois dans votre nouvelle équipe ?
"Très bien, merci. Au début, c'était un peu particulier parce que j'ai quitté beaucoup d'amis au sein du Wolfpack. Mais je ne pouvais pas laisser passer l'opportunité de travailler dans une telle structure, qui plus est en suivant Remco. Ce changement m'a permis de découvrir une autre culture, une manière différente de travailler. Ici, on insiste beaucoup sur les détails, comme le matériel. Mais on parle également souvent de tactique et de stratégie. Avant les courses, j'ai encore plus de boulot qu'avant mais c'est passionnant. Ce que j'apprécie énormément, c'est l'état d'esprit général. Il y a un réel échange et un dialogue sincère entre tous. Personne n'estime avoir la science infuse."
Quel est votre rôle exact ?
"Bien sûr, je suis là pour Remco, mais pas seulement. Je dois aussi apporter mon expérience aux plus jeunes, comme mardi au Samyn."
Je pense que Remco aime mon honnêteté. Je ne lui mens jamais."
Mais pourquoi êtes-vous si important pour Evenepoel ?
"Oh ! il faudrait le lui demander. Mais je pense qu'il apprécie ma franchise, mon honnêteté. Je ne lui mens jamais. Si je juge qu'il a pris une mauvaise décision ou qu'il a mal roulé, je le lui dis. On est toujours dans l'échange avec Remco. Dans les bons comme les moins bons moments."
Mardi, vous étiez au Samyn, remporté par Jordi Meeus. Que retenez-vous de cette victoire ?
"Jordi a évolué. Il est sans doute plus fort que jamais. Il commet moins d'erreurs de placement. Il choisit mieux le moment où il doit produire son effort maximal. Et puis, il a gagné en confiance. C'est peut-être encore plus important pour un sprinter que pour un autre coureur."
Paris-Roubaix est une course taillée sur mesure pour Meeus."
Il est prévu qu'il participe à Paris-Roubaix le 12 avril prochain. Avec quelles ambitions ?
"Jordi a la morphologie idéale pour rouler sur les pavés de l'Enfer du Nord. C'est un grand gabarit puissant. S'il est en forme et qu'il n'a pas de pépin mécanique, il peut réussir de très belles choses sur ce Monument. On sait que si van der Poel et Pogacar sont au départ, ça limite les chances de tous les autres pour la victoire, mais Jordi doit croire en ses capacités. Cette classique est faite pour lui."
Mardi au Samyn, il a porté le total de victoires de l'équipe à dix depuis le début de la saison…
"Oui, c'est pas mal du tout. Tout le monde connaît l'importance de gagner tôt. Dans la foulée de notre succès au contre-la-montre par équipe à Majorque, il y a eu tous ceux de Remco (NdlR : six depuis le début de la saison). Cela a plongé l'équipe dans une dynamique positive et donné des idées à d'autres coureurs. Regardez Arne Marit ! Il est arrivé dans l'équipe sur la pointe des pieds et s'est déjà imposé le 1er février. Et, à quelques centimètres près (NdlR : il a été devancé par Biniam Girmay), il remportait la 1re étape du Tour de Valence et s'emparait du maillot jaune."
Pour jouer la gagne à l'UAE Tour, il faut être très frais, ce qui n'était pas le cas de Remco."
Avec du recul, comment analysez-vous ce que Remco a fait à l'UAE Tour ?
"Tout le monde avait des attentes énormes. Nous, les premiers. Mais c'était une erreur. Pour jouer la gagne sur cette course, il faut être très frais, ce qui n'était pas le cas de Remco. Pour moi, il n'a pas été super, mais pas catastrophique, non plus, comme je l'ai entendu. Il a gagné le contre-la-montre, alors que Tarling était en toute grande forme."
N'était-ce pas la course de trop pour lui après Majorque et le Tour de Valence, alors qu'il n'avait pas encore eu de période de repos ?
"On s'est tous posé la question. On en a d'ailleurs discuté entre nous. Peut-être a-t-il trop roulé. Mais, pour moi, ce ne fut pas une erreur parce qu'on a retiré davantage d'enseignements de cette semaine-là que des courses qu'il a gagnées. Pour un champion comme lui, ça n'a pas été agréable de ne pas pouvoir faire partie des tout meilleurs, mais il a pris un certain détachement par rapport à tout ça. Il est resté très calme et c'est très bien. Vous savez, je sens que Remco est très serein parce qu'il a pu mener une préparation hivernale optimale. Ça lui a fait un bien fou."
Cela ne vous a pas inquiété qu'il ne puisse pas suivre les meilleurs dans les deux ascensions de la semaine ?
"Non, pas du tout. Isaac Del Toro est un phénomène et tout le monde le sait. Quant à Antonio Tiberi, il avait effectué une grosse préparation, avec un stage en altitude. L'Italien était plus fort qu'à Valence. Je connais bien Remco et je peux vous assurer qu'il sera super au Tour de Catalogne et à Liège-Bastogne-Liège."
Il n'y a qu'une chance infime que Remco prenne le départ de la Flèche wallonne."
Il a répété plusieurs fois qu'il fera sans doute l'impasse sur la Flèche wallonne. Vous confirmez ?
"Il n'y a, effectivement, qu'une chance infime qu'il en prenne le départ. On l'a mis sur la liste des réservistes au cas où il devait changer d'avis, mais Remco veut être à 100 % à Liège-Bastogne-Liège. Et pour l'être, il ne peut pas se mettre dans le rouge trois jours avant. Or on sait à quel point l'ascension du Mur de Huy constitue un effort violent."