Remco Evenepoel de retour à la Flèche brabançonne : "Si j'avais été basketteur ou tennisman, ma carrière serait finie"
Remco Evenepoel effectue son grand retour à la compétition ce vendredi à la Flèche brabançonne. "Je suis très heureux et je compte en profiter", dit-il.

- Publié le 17-04-2025 à 18h06
Habituée à arriver trois jours après Paris-Roubaix, afin que les déçus de l'Enfer du Nord ou ceux qui veulent déjà monter en puissance en vue des classiques ardennaises puissent s'exprimer, la Flèche brabançonne a été reculée de deux jours, cette année. Désormais, elle s'inscrit un peu comme la course d'ouverture de dix jours tournés vers les épreuves pour amateurs de dénivelés. Si Flanders Classics l'a repoussée du mercredi au vendredi, c'est donc afin d'attirer d'éventuels candidats à la victoire à l'Amstel Gold Race (programmé dimanche), à la Flèche wallonne (le 23 avril), puis à Liège-Bastogne-Liège (le 27 avril).
Plus courte que les années précédentes (162,6km au lieu de 195 en 2024), elle suscite aussi plus d'attention et de curiosité. Pour cause : elle est la course de rentrée de Remco Evenepoel, qui n'a plus épinglé un dossard depuis le 12 octobre (2e du Tour de Lombardie), soit six mois. Tout profit pour une épreuve à laquelle le double champion olympique n'a participé qu'une seule fois, en 2022, avec la 6e place à la clé (et une victoire de Magnus Sheffield).

Ce jeudi matin, celui qui a dû se battre pour se remettre d'une blessure très compliquée à l'épaule consécutive à un accident avec la porte d'une camionnette de bpost le 3 décembre dernier a effectué une toute dernière sortie avant de retrouver sa place dans le peloton : 70,81 km en 1h35 dans ce Pajottenland qui n'a plus aucun secret pour lui. Le tout accompagné d'un commentaire on ne peut plus limpide : "comeback D-1" suivi de six points d'exclamation.
Celui qui fut élu Sportif préféré des Belges en fin d'année dernière, avant de recevoir le prix de meilleur sportif belge de l'année pour la quatrième fois (2019, 2022, 2023 et 2024), est, donc, de retour aux affaires. Et ce jeudi après-midi, il avait convié la presse à un échange en visio. Pour reprendre sa vie d'avant. Celle du champion qu'il veut redevenir cet été. D'abord en prenant part aux quatre courses ardennaises, avant de se préparer pour le Tour de France, son principal objectif, avec le Tour de Romandie (du 30 avril au 4 mai) et le Critérium du Dauphiné (du 8 au 15 juin) pour grandir jusque-là.
Pendant une demi-heure, il est revenu sur les moments difficiles qu'il a vécus, sur son bonheur d'être de retour et sur un certain Tadej Pogacar. Morceaux choisis.
Quand j'ai vu mon casque et le vélo dorés dans le garage, ça m'a fait quelque chose.
Au fond du trou : "Voir mon vélo doré m'a boosté"
"Il a été très difficile pour moi d'accepter que je ne pouvais rien faire du tout, alors que tout le peloton commençait sa préparation hivernale. Mentalement, c'était plus compliqué à vivre qu'après mon crash en Lombardie (fracture du bassin en août 2020). Parce qu'à l'époque, c'était l'été, il faisait beau, je pouvais sortir de chez moi. J'ai vraiment pensé à arrêter parce que je me demandais si mon épaule retrouverait toute sa solidité. C'était quand même la deuxième fois en sept mois que je tombais dessus. Ce que j'ai écrit dans mon post Instagram en début de semaine reflétait totalement le fond de ma pensée. C'était d'ailleurs la première fois depuis très longtemps que j'écrivais moi-même un message sur les réseaux sociaux. Comment j'ai tenu ? Mes parents et ma femme n'ont cessé de me répéter que je connaîtrais à nouveau les joies vécues l'an passé aux Jeux olympiques. Puis, il y a aussi eu la perspective de rouler sur ce vélo doré. Quand j'ai vu mon casque et le vélo dorés dans le garage, ça m'a fait quelque chose. Et lorsque je suis remonté dessus, j'ai éprouvé un grand sentiment de fierté. Enfin, ces derniers temps, beaucoup de gens m'ont manifesté leur soutien et leur envie de me revoir en action. Je les en remercie et j'espère qu'ils seront nombreux sur le bord des routes."
Sa blessure à l'épaule : "Je vais rouler avec un énorme tape"
"Honnêtement, si j'avais été basketteur ou tennisman, ma carrière serait finie à cause de cette blessure à l'épaule. Tout n'est pas parfait mais je suis apte et prêt à rouler. Je ne pense pas que le passage sur les pavés constituera un problème mais afin d'éviter tout risque, on va me mettre un énorme tape pour garder l'épaule le plus immobile possible."
Ses ambitions : "Les derniers pourcents à aller chercher pour Liège"
"Je suis très heureux d'enfin pouvoir épingler un dossard. En plus, la Flèche brabançonne passe à un kilomètre de chez mes parents et de chez moi. C'est un peu comme si je reprenais à la maison. Cette course, l'Amstel Gold Race et la Flèche wallonne doivent me permettre d'aller chercher les derniers pourcents dont j'ai besoin pour être totalement compétitif à Liège-Bastogne-Liège. Si je peux battre Tadej Pogacar ? Il faudra que je sois au sommet de ma forme. Mais si je n'étais pas convaincu que je pouvais le devancer, je ne prendrais pas le départ des courses qu'il roule. Et puis, mon équipe me paye pour essayer de le battre."
J'ai envie de découvrir Milan-Sanremo et le Tour des Flandres.
La Primavera, le Ronde et L'Enfer du Nord : "Avoir vu ces bagarres m'a donné envie d'y prendre part"
"Avant d'être coureur, je suis un amateur de vélo. Donc, j'ai vraiment apprécié les batailles que ce sont livrés van der Poel et Pogacar. Ils m'ont motivé à m'entraîner plus dur. Et ça a accentué mon envie de découvrir Milan-Sanremo et le Tour des Flandres. Paris-Roubaix ? J'hésite davantage parce qu'elle arrive juste avant les classiques ardennaises qui me conviennent bien."
La dernière étape du Tour à Montmartre : "Cela amènerait une tension inutile"
"Bien sûr, j'ai entendu qu'ASO pensait à nous faire grimper la butte Montmartre lors de la dernière étape du Tour. Même si elle me rappelle d'excellents souvenirs, je n'ai pas envie que cette difficulté soit ajoutée au parcours. En trois semaines, on aura déjà vécu assez de moments stressants pour encore ajouter une tension inutile. Honnêtement, je suis plus favorable à une dernière journée classique, avec arrivée sur les Champs-Élysées. Ce Tour et les championnats du monde constituent mes objectifs de l'année."