Les galères de Maxim Van Gils, entre maladie, chutes, et décès de sa grand-mère : "Je n'ai jamais autant souffert"
Depuis sa victoire sur la Ruta del Sol en février, Maxim Van Gils enchaîne les galères. Mais il sera au départ de la Doyenne avec l'envie d'ouvrir un nouveau chapitre.

- Publié le 25-04-2025 à 14h03

Et dire que tout avait bien commencé. Quatrième de la première étape de l'Étoile de Bessèges début février et vainqueur de la première étape de la Ruta del Sol, dont il était le tenant du titre, Maxim Van Gils (25 ans) avait vu son aventure chez Red Bull-Bora-Hansgrohe débuter de manière quasi idéale, après un hiver animé par son départ avec fracas de chez Lotto. Mais depuis lors, rien ne va plus pour le jeune Belge.
"À la fin de la Ruta del Sol, Maxim est tombé fort malade et a dû renoncer aux Strade Bianche", explique Gwen, le papa de Van Gils. "J'ai eu une grippe, de la fièvre et j'ai beaucoup souffert. Un jour, j'ai dû aller à la poste pour récupérer un colis et cela a été l'une des activités les plus difficiles de toute ma vie", avait précisé le coureur à son retour pour Milan-Sanremo, le 22 mars (19e). Une course qui a eu lieu quelques jours seulement après les funérailles de sa grand-mère, dont il était proche. "Mentalement, cela n'a pas été facile", souligne son père.
Mais les soucis ne se sont pas arrêtés là. Peu de temps après, son frère Yannick (21 ans), également coureur, a été percuté par une voiture qui tournait dans un parking alors qu'il s'entraînait. Bilan : une clavicule cassée. De manière quasi simultanée, le papa Gwen a également fait une mauvaise chute à vélo. Avec moins de dégâts physiques.
Il a terminé la Flèche Wallonne au caractère
"J'étais surpris qu'il finisse la course"
En se présentant au départ de l'Amstel Gold Race, dimanche dernier, après un Tour du Pays basque où il avait alterné le chaud et le froid, Maxim Van Gils espérait tirer un trait sur une période délicate et retrouver ses meilleures sensations, lui qui avait brillé lors des Ardennaises en 2024 (3e de la Flèche Wallonne, 4e de Liège-Bastogne-Liège). Mais encore une fois, les choses ne se sont pas déroulées comme il l'avait espéré avec une chute qui a entraîné de vives douleurs dans le bas du dos du coureur belge. Dans le même temps son papa Gwen tombait lors de la chute massive du Gran Fondo des Lacs de l'eau d'Heure, qui a mis plus de 150 cyclistes amateurs à terre. "Heureusement, je n'ai pas de blessures", explique ce dernier.
Dans ce contexte physique, privé et professionnel qui n'est pas au beau fixe, Maxim Van Gils a tout de même tenu à prendre le départ de la Flèche Wallonne, ce mercredi. Mais son dos l'a rapidement fait souffrir. "Cela n'allait pas très bien et je n'ai jamais eu autant mal aux jambes qu'aujourd'hui, indiquait-il, frigorifié, à l'arrivée. J'ai vraiment eu froid et à chaque fois que je me posais sur ma selle, je ressentais une vive douleur au coccyx. Je n'ai jamais autant souffert. J'ai essayé de pédaler un peu différemment, mais ça n'a pas aidé…"
Au final, il s'est classé 43e, dans le même temps que son ex-équipier Lennert Van Eetvelt, qui a également souffert du froid. À une minute et 35 secondes de l'intouchable Pogacar. Un résultat forcément décevant, même si Van Gils a rallié la ligne d'arrivée au caractère. "Franchement, je ne m'attendais pas à ce qu'il termine", avoue même son papa, qui souligne la force mentale de son fiston.
Toujours positif avant la Doyenne
"Il vendra chèrement sa peau"
Malgré cet enchaînement de coups durs, le coureur né à Brasschaat essayait tout de même de retenir le positif. "Mardi, le plan était de ne pas prendre le départ. Mais j'ai finalement décidé d'accrocher le dossard à mon maillot. Il est clair que finir si loin n'est pas chouette, surtout après mon podium en 2024, mais je me sens déjà bien mieux que les derniers jours. Il reste cependant beaucoup de choses à faire d'ici à dimanche."
Pour bien aborder la Doyenne, une course où il s'était montré sous un très beau jour l'année dernière, en terminant à la quatrième place derrière Pogacar, Bardet et van der Poel. Sera-t-il en mesure de rééditer cette performance ? "Dans la famille, on essaie de rester positifs car on sait à quel point Maxim attendait le printemps pour se montrer, termine son papa Gwen. Cela ne sert à rien d'être pessimiste. Il est encore temps d'inverser la situation et, même si les conditions actuelles ne sont pas idéales, il vendra chèrement sa peau ce dimanche à Liège."
En espérant tourner, pour de bon, la page de plusieurs semaines à oublier.