Remco Evenepoel n'a pas existé face à Tadej Pogacar : "Je ne suis pas un robot et je dois l'accepter"
Mal positionné au pied de la Redoute, Remco Evenepoel a terminé 59e à 3 minutes et 11 secondes de Tadej Pogacar.

- Publié le 27-04-2025 à 18h07
Le duel tant attendu attendra encore une année de plus, au minimum. Tout le monde salivait à l'idée de voir, enfin, Tadej Pogacar et Remco Evenepoel s'affronter sur les pentes de la Redoute, dans un mano à mano dont on se souviendrait longtemps. Mais la bagarre a tourné court. Mal placé au pied de la célèbre bosse, qu'il a abordé en milieu de paquet, le Belge a vu sa course se terminer au moment où Tadej Pogacar lançait véritablement la sienne, en attaquant très tôt sur les pentes de la célèbre côte de Remouchamps, visiblement informé des soucis de positionnement de son rival.
S'il a bien tenté quelques offensives par la suite pour dynamiser le groupe de contre, sans vraiment y parvenir, Remco Evenepoel s'est épuisé et a fini par totalement rendre les armes dans les pourcentages les plus forts de la Roche-aux-Faucons, où il n'a que très moyennement apprécié la caméra qui était braquée sur lui. Au point de quasiment s'arrêter dans la pente pour ne plus permettre à la moto de le filmer, et ainsi rentrer le plus anonymement possible jusque le Quai des Ardennes, à Liège. Une attitude qui montre bien à quel point le leader du Wolfpack, dont le caractère fort fait partie de la personnalité, était contrarié par cette contre-performance.
Une fois la ligne d'arrivée franchit, celui dont le bouton de fièvre sur les lèvres était peut-être annonciateur de difficultés de récupération après le spectaculaire enchaînement Flèche brabançonne (1er), Amstel (3e) et Flèche wallonne (9e, sous la pluie) est directement rentré dans le bus. Avant d'en ressortir, douché, quelques instants plus tard pour expliquer sa mauvaise journée.
Remco, quand avez-vous compris que cette Doyenne ne serait pas la vôtre ?
"Durant les premières heures, tout allait bien. Mais j'ai commencé à avoir des jambes lourdes dans la côte de Desnié. Je ne me sentais pas au mieux. Cela explique mon positionnement délicat au pied de la Redoute. J'ai voulu être honnête avec l'équipe, qui a bien travaillé, et j'ai directement parlé à la radio pour expliquer qu'il ne faudrait pas compter sur moi aujourd'hui."
Comment l'expliquez-vous ?
"Je ne suis pas un robot. J'avais dit au moment de ma reprise, avant la Flèche brabançonne, que j'avais de très bons jours et de très mauvais. Après l'hiver que j'ai connu, je n'ai pu faire qu'un mois et demi d'entraînement complet avant mes premières courses. J'ai commencé l'entraînement début février et nous sommes fin avril. Je ne pouvais pas m'attendre à des miracles. Une course très difficile de six heures, comme Liège, demande beaucoup de rythme et je n'en avais simplement pas suffisamment. Quand ça allait vite, je me sentais rapidement à la limite. Je dois accepter que je suis dans une phase où il y a de bonnes et de moins bonnes journées."
Mentalement, ça vous met un coup ?
"Je dois l'accepter, je n'ai pas le choix. Dans le cyclisme moderne, tout le monde s'entraîne dur pour être au top de sa forme et je n'ai pas pu m'entraîner correctement ces derniers mois. Cela s'est vu. Durant la dernière heure, j'avais les jambes vraiment lourdes."
Participerez-vous au Tour de Romandie, dès mardi ?
"Oui. J'ai besoin de travailler le fond pour retrouver une condition optimale. Et c'est important de le faire en compétition. Cela permet d'aller plus loin qu'en effectuant des exercices à l'entraînement. Cette course (NdlR : qui compte deux chronos, où il arborera son maillot de champion du monde de l'exercice) va, je l'espère, m'aider à retrouver un bon niveau de manière constante. Comme je l'ai dit, je n'ai pas encore six heures de course difficile dans les jambes. Sur l'Amstel, j'étais bien mais ce n'était que mon deuxième jour de course. Avec l'enchaînement, on voit que les choses se compliquent. J'ai confiance dans le plan que l'équipe a mis en place. Après la Romandie, je prendrai une semaine de repos pour ce sera la ligne droite vers le Tour de France."
