Le bouton de fièvre de Remco Evenepoel n'a pas semé le doute : "Je me sens prêt à enchaîner la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège"
En s'imposant sur l'Amstel au terme d'un sprint impressionnant, Remco Evenepoel se projette vers la semaine ardennaise avec confiance. Il devrait s'aligner sur la Flèche Wallonne, mercredi.

- Publié le 19-04-2026 à 20h03

Les Pays-Bas lui réussissent décidément bien. Ancien joueur de football au PSV Eindhoven entre 2011 et 2014, Remco Evenepoel a vécu de jolis moments sur les pelouses bataves, dans les catégories de jeunes. "J'ai encore d'excellents contacts avec la famille d'accueil (les Smetsers) au sein de laquelle j'ai vécu, et mes parents vont d'ailleurs aller leur rendre visite ce lundi", sourit celui qui s'était déjà imposé sur le critérium junior de Berg en Terblijt 2017, disputé sur le même parcours que l'Amstel Gold Race. Et cette fois, c'est la version élites de la prestigieuse classique néerlandaise qu'il a conquise, avec autorité.
Après un contrôle quasiment parfait de la course par son équipe Red Bull-BORA-hansgrohe, Evenepoel a su lire chaque mouvement avec justesse. Dans le Kluisberg, il a répondu du tac au tac à l'attaque de Romain Grégoire, avant de faire exploser ce dernier dans le Keutenberg, où seul le tenant du titre, Mattias Skjelmose, a pu s'accrocher. La suite ? Une démonstration de maîtrise conclue par un sprint impérial.
"Toute la journée, l'équipe avait fait un excellent boulot pour me positionner, analysait calmement le double champion olympique. Son seul moment de tension fut finalemennt cette légère touchette avec Christophe Laporte, révélatrice d'une nervosité vite canalisée. Pour le reste, le Brabançon a déroulé. Et a su aussi profiter des faits de course, comme la chute de Kevin Vauquelin et Matteo Jorgenson, qui a écrémé le groupe de tête au moment clé.
"Quand on s'est isolé en tête avec Grégoire et Skjelmose, je savais que Romain était le plus rapide donc j'ai voulu le lâcher. Il semblait à la limite après son attaque dans le Kluisberg donc j'ai mis un gros tempo – environ 500 watts – dans le Keutenberg. J'avais l'impression que les autres voulaient que j'aborde les montées en tête donc je les ai mis sous pression en me disant que si c'était dur pour moi, ça l'était pour eux aussi. Je me suis toujours senti en maîtrise."
Un des meilleurs sprints de sa vie
Ce sentiment de contrôle total explique aussi son choix de ne pas attaquer Skjelmose dans le final, préférant collaborer et miser sur ses qualités au sprint. "Je sentais que mes jambes étaient bien plus fraîches que l'année dernière, dans le final."
Et le verdict fut sans appel. Lancé à 250 mètres, Evenepoel a immédiatement décroché le Danois. "J'ai regardé mes valeurs après la course et c'est un des meilleurs sprints de ma vie après une si longue course. Cela s'explique par le fait que je suis en bien meilleure forme que l'an dernier, où je m'étais présenté au départ de l'Amstel avec seulement un jour de course dans les jambes après ma blessure durant l'hiver."
Sur la ligne, son cri de rage a résonné dans tout Valkenburg. "Une victoire au sprint procure toujours beaucoup d'adrénaline et c'était une manière de l'extérioriser, souriait-il. Mais j'étais également hyper heureux de remporter une si grande course. J'adore cette épreuve, qui fait partie de mes préférées du calendrier, avec son magnifique parcours qui ne fait que monter et descendre. Et je classe cette victoire dans mon top 8 personnel", glisse l'homme aux 74 victoires, à seulement 26 ans. "Celle-là, je vais en profiter."
Un bouton de fièvre après le Tour des Flandres
Mais pas trop longtemps. Car déjà, l'horizon s'ouvre vers la Flèche Wallonne. Initialement absente de son programme, elle pourrait finalement s'y inviter, ce mercredi. Et ce n'est pas le bouton de fièvre visible sur sa lèvre qui va semer le doute. "Il est arrivé après le Tour des Flandres, c'est de l'histoire ancienne."

Difficile, en effet, de parler de fatigue tant le Belge respirait la fraîcheur après l'arrivée. "Une des règles qu'on s'était fixées pour prendre la décision d'être au départ de la Flèche, c'était de me sentir frais après l'arrivée de l'Amstel et c'est le cas. Je me sens super bien et pas totalement mort. L'autre condition était la météo annoncée mercredi et, pour le moment, les prévisions sont bonnes. On va analyser ça tranquillement ce lundi, avec l'équipe."
Mais derrière la réflexion, l'envie est bien là. "Je me sens en très bonne condition et motivé. Je me sens prêt à enchaîner la Flèche Wallonne et Liège. Le Mur de Huy est un effort différent de l'Amstel, mais j'ai senti aujourd'hui que les jambes répondaient aussi dans les efforts plus longs."
Un message limpide qui ne laisse pas beaucoup place au doute. Nous, en tout cas, on dit Huy !