Mont Ventoux, souvenirs, souvenirs…

Le Tour revient ce dimanche pour la quinzième fois sur les pentes du légendaire Géant de Provence

Eric de Falleur
MONT VENTOUX (FR), 25/07/2009 - TOUR DE FRANCE 2009 / RONDE VAN FRANKRIJK 2009 / TOUR OF FRANCE 2009 / SPORT CYCLING CYCLISME WIELRENNEN / ALBERTO CONTADOR - LANCE ARMSTRONG - ANDY SCHLECK / STAGE RIT ETAPE 20 MONTELIMAR - MONT VENTOUX / PHOTO : VINCENT KALUT - NICO VEREECKEN Copyright PHOTO NEWS TDF 2009 - MOTARD PIERRE VELAERTS
MONT VENTOUX (FR), 25/07/2009 - TOUR DE FRANCE 2009 / RONDE VAN FRANKRIJK 2009 / TOUR OF FRANCE 2009 / SPORT CYCLING CYCLISME WIELRENNEN / ALBERTO CONTADOR - LANCE ARMSTRONG - ANDY SCHLECK / STAGE RIT ETAPE 20 MONTELIMAR - MONT VENTOUX / PHOTO : VINCENT KALUT - NICO VEREECKEN Copyright PHOTO NEWS TDF 2009 - MOTARD PIERRE VELAERTS ©Photo News

Alors, le Tour de France est vraiment dingue puisque l'étape d'aujourd'hui sera la quinzième à passer ou s'arrêter au sommet du Géant de Provence, sans doute la montée de France qui fait le plus peur ou fantasmer les coureurs. Petit rappel des quatorze visites de la Grande Boucle sur les pentes du Mont chauve, toute furent spectaculaires, certaines dramatiques, même à l'extrême…

Dimanche 22/07/51, 17e étape, Montpellier - Avignon (224 km)
C'est la grande première ! Pour la première fois, le peloton du Tour grimpe le Ventoux par sa face nord (il y a trois ascensions différentes). Lucien Lazaridès démarre à deux kilomètres du sommet.

Rejoint dans la descente, le Français devra laisser la victoire d'étape à Louison Bobet à Avignon. Hugo Koblet, remporte le Tour.

Mercredi 9/07/52, 14e étape, Aix-en-Provence - Avignon (178 km) En deux étapes alpines, Fausto Coppi a tué tout suspense. Il va gagner son deuxième Tour (après 1949). Sa crevaison, sur les pentes du Ventoux, donne des ailes à Jean Robic. Au sommet, le vainqueur du Tour 1947 possède 2:36 sur ses poursuivants, dont Coppi, qui lui reprennent une minute dans la descente. Le Namurois Alex Close perd 4 minutes et la 2e place du général.

Lundi 18/07/55, 11e étape, Marseille - Avignon (198 km) C'est la première étape dramatique sur le Mont Chauve. Sous la canicule, elle est marquée par de nombreuses défaillances. Jean Malléjac perd connaissance et s'effondre. Le Français finit à l'hôpital. Une enquête sera ouverte pour tentative d'empoisonnement, il a en fait abusé d'amphétamines. Tandis que Louison Bobet passe en tête au sommet et gagne, pour la deuxième fois, dans la cité papale, Ferdi Kubler chute deux fois et termine à la dérive, 26 minutes derrière le Breton, qui a jeté les bases d'un troisième succès consécutif.

Dimanche 13/07/58, 18e étape, Bedoin - Mont Ventoux clm (21,6 km) C'est la première étape disputée contre-la-montre en montagne au Tour. Le Luxembourgeois Charly Gaul, que l'on surnommera bientôt "l'Ange de la montagne", s'impose en 1h02 : 09, à plus de 20 km/h de moyenne, sous la canicule qu'il déteste pourtant. Seul l'Espagnol Federico Bahamontès, l'autre grand grimpeur de cette génération, l'a inquiété. L'Aigle de Tolède a perdu 31 secondes, les autres, dont le Liégeois Brankart, 4e, sont à trois minutes. Le dernier de l'étape, le Français Moucheraud a concédé plus de 20 min, une par kilomètre, au futur vainqueur.

Mardi 6/07/65, 14e étape, Montpellier - Mont Ventoux (173 km) Première arrivée au sommet d'une étape en ligne. Raymond Poulidor, qui a pris un vélo ultra-léger au pied de la côte, s'envole à l'approche du col des Tempêtes, puis faiblit. Il conserve 6 secondes sur le grimpeur espagnol Julio Jimenez. Felice Gimondi, qui découvre le Tour à 22 ans et va le gagner, limite les dégâts. Il concède plus d'1:30 mais, pour 34 secondes, conserve le maillot jaune, que ne portera jamais Poupou.

Jeudi 13/07/67, 13e étape, Marseille - Carpentras (211 km) C'est l'étape qui a fait entrer le Ventoux dans la dramatique légende. Sous une chaleur étouffante (35°), Tom Simpson vacille et tombe une première fois à deux kilomètres du sommet. Le Britannique, 7e du général, le matin à Marseille, est remis sur son vélo par les spectateurs. Il repart, zigzague et finit par s'effondrer. Malgré les soins qui lui sont prodigués durant 40 minutes à même la caillasse, l'ancien champion du monde décèdera, victime d'un cocktail mortel, fait de soleil, fatigue, déshydratation mais, surtout, d'une prise d'amphétamines (on retrouvera du Tonédron dont les poches de son maillot) conjuguée à l'absorption d'alcool (du cognac) que des spectateurs lui ont donné. Simpson meurt dans l'hélicoptère qui le conduit à Avignon. Pour l'anecdote, Julio Jimenez franchit le sommet en tête, tandis que l'étape est remportée, à Carpentras, par Jan Janssen. Roger Pingeon, futur vainqueur du Tour, est dans le groupe.

Vendredi 10/07/70, 14e étape, Gap - Mont Ventoux (170 km) Vainqueur du Tour 1969, Eddy Merckx, dont le manager italien Vicente Giacotto est décédé la veille mais qui ne connaît pas la nouvelle, porte le maillot jaune. Dès le début du Ventoux, il accélère, plus qu'il n'attaque, asphyxiant ses rivaux, sauf le Portugais Agostinho qui s'accroche quelques kilomètres avant de sauter, à son tour, à la mi-pente. Sur la fin de l'ascension, Merckx se met subitement à peiner, son rythme n'est plus aussi fluide. Au passage devant la stèle commémorant le drame de Tom Simpson, qui fut son équipier, notre compatriote se décoiffe. Il gagne devant deux autres Belges, Martin Vandenbossche et Lucien Van Impe pointés à une minute. Quelques instants après l'arrivée, le maillot jaune, qui va gagner le Tour une deuxième fois, est victime d'une défaillance. On lui place un masque à oxygène et il se remet rapidement.

Jeudi 13/07/72, 11e étape, Carnon Plage - Mont Ventoux (207 km) Deuxième montée par le versant nord. Luis Ocana, Eddy Merckx et Raymond Poulidor s'échappent dès le début de la montée, mais le trio est rejoint, à la combe de la Loubatière, puis lâché, par le jeune Français, Bernard Thévenet, lequel gagne avec 34 secondes d'avance sur Merckx, maillot jaune et futur vainqueur de ce Tour (son 4e).

Mercredi 10/07/74, 12e étape, Savines-le-Lac - Orange (231 km) L'étape escalade le Géant de Provence par son versant est, celui qui vient de Sault jusqu'au Chalet Reynard, puis poursuit au sommet que le grimpeur espagnol Gonzalo Aja franchit en premier. Un regroupement de soixante hommes s'opère dans la descente, mais un petit groupe de cinq s'échappe. Il est réglé au sprint par Joseph Spruyt, coéquipier de Merckx, qui remportera son 5e Tour.

Dimanche 19/07/87, 18e étape, Carpentras - Mont Ventoux (36,5 km, clm) Deuxième contre-la-montre sur les pentes du Mont Chauve, précédé de dix-huit kilomètres de plat. Le Français Jean-François Bernard, qui a abandonné son vélo plongeant au pied de la montée, survole le chrono et fait coup double en s'emparant du maillot jaune qu'il ne gardera cependant que vingt-quatre heures. Il le perd dès le lendemain au profit de l'Irlandais Stephen Roche, vainqueur une semaine plus tard de la Grande Boucle.

Lundi 18/07/94, 15e étape, Montpellier - Carpentras (231 km) Un géant au Géant ! Cette étape a été marquée par l'exceptionnelle chevauchée solitaire d'Eros Poli (1m94 et 84 kilos). L'Italien, 30 ans, qui n'avait rien d'un grimpeur, effectuant une échappée de 170 km. Au pied du Ventoux, le coureur vénitien possède 23:45 d'avance sur le peloton. Au sommet, Pantani est revenu à 4:35 de son compatriote, mais Poli, solide rouleur, contiendra le retour de ses poursuivants. À Carpentras, où il remporte la seule victoire, mais quelle victoire !, qui figure à son palmarès en neuf saisons, le colosse a contenu à 4 minutes les principaux favoris, dont Miguel Indurain, qui, dans la descente, a évité de peu une chute qui l'aurait privé de son 4e Tour. Le même jour, Lance Armstrong, revêtu du maillot arc-en-ciel de champion du monde, quitte le Tour pour la deuxième année de suite.

Jeudi 13/07/2000, 12e étape, Carpentras - Mont Ventoux (149 km) Trois cent mille spectateurs sont massés sur les pentes surchauffées du Mont Chauve, gravies de concert par les deux derniers vainqueurs du Tour, Marco Pantani (1998) qu'a rejoint Lance Armstrong (1999) à moins de trois kilomètres du sommet, en une seule accélération, après de multiples assauts de l'Italien. On sait désormais pourquoi. Le Pirate semble au bout du rouleau, mais le maillot jaune, qui renforce sa position, lui laisse à la surprise générale la victoire. Dans les jours qui suivent la polémique enfle entre les deux hommes à propos du geste d'Armstrong qui affirmera l'avoir regretté.

Dimanche 21/07/02, 14e étape, Lodève - Mont Ventoux (221 km) Sorti d'une échappée collective de 200 km, Richard Virenque s'impose en solitaire, après avoir résisté au retour d'Alexandre Botcharov, 2e à 1:58, et de Lance Armstrong qui, 3e à 2:20. L'Américain, qui n'aura finalement jamais gagné au Ventoux (en huit ascensions, quatre au Tour, quatre au Dauphiné), double pourtant son avantage au général sur son dauphin, Joseba Beloki, relégué à 4:21.Un nouveau succès qui lui sera retiré l'hiver dernier

Samedi 25/07/09, 20e étape, Montélimar- Mont Ventoux (167 km) Le Tour est déjà promis à Alberto Contador quand le peloton aborde l'avant-dernière étape. Seize coureurs s'échappent et possèdent encore plus de quatre minutes au pied du Mont Chauve. Après trois kilomètres, Garate et Tony Martin sortent de ce groupe tandis que derrière les favoris se neutralisent, Armstrong sauvant sa troisième place finale que menace Frank Schleck. Au sprint, Garate s'impose, Contador enlève le Tour pour la deuxième fois.


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