Wout Van Aert veut marquer l'histoire : "Un maillot jaune, ça reste pour toujours"
Wout Van Aert a un double objectif en ce début de Tour : décrocher un succès d'étape et porter le maillot jaune. Il aura cinq possibilités consécutives.
- Publié le 24-06-2021 à 20h19
- Mis à jour le 25-06-2021 à 17h52

À tous ceux qui doutaient qu'il se présente dans une excellente condition au départ du Tour de France, après l'opération de l'appendicite qu'il a subie le 7 mai dernier, Wout Van Aert a apporté un cinglant démenti ce week-end en devenant champion de Belgique à Waregem. Car au-delà du résultat, il y a aussi la manière avec laquelle le nouveau porteur du maillot tricolore a remporté le National au nez et à la barbe d'Edward Theuns et de Remco Evenepoel.
Bien sûr, le circuit flandrien et le peloton aligné dimanche ne ressemblaient que de loin à ce que le coureur de Jumbo-Visma va rencontrer sur sa route ces prochaines semaines, néanmoins, Van Aert peut d'ores et déjà ambitionner d'enlever une quatrième victoire d'étape sur la Grande Boucle et aussi de porter le maillot jaune, ses deux principaux buts alors qu'il se présente au Grand Départ de Brest.
Ce jeudi matin, avant de partir rouler dans la campagne finistérienne avec ses sept partenaires de la formation néerlandaise, et notamment de découvrir le final athlétique et même très acrobatique de la première étape se terminant à Landerneau, au sommet de la côte de la Fosse aux Loups, Van Aert a répondu aux questions que beaucoup de gens voulaient lui poser.
"Effectivement, je suis très heureux de mon maillot tricolore, ce n'est pas rien", commença par répondre le Belge. "Je ne dis pas que je ne pensais pas ma victoire possible, mais je me suis senti en meilleure forme que prévu. C'est surtout un succès très important pour l'aspect mental, car cette victoire m'a rassuré et rendu plus confiant. Et puis, je vais faire en sorte de montrer ce maillot pendant les trois semaines à venir."
Même si le coureur d'Herentals espère surtout pouvoir le troquer au plus vite pour le maillot jaune.
"Le parcours de la première étape n'est pas simple. On va d'emblée rouler sur des petites routes, très accidentées, pour le gain de l'étape mais aussi pour le classement général et ce sera la même chose le lendemain. Il faudra être très attentif, ne pas se faire piéger. Tous les favoris vont chercher à éviter l'accident. Quant au sprint dans la dernière côte, que ce soit samedi et ensuite dimanche à Mûr-de-Bretagne, ce sera une question de bon timing et de bien gérer son effort à chaque fois. Ce qui est sûr, c'est que les profils de ces deux premières étapes me correspondent, mais ce ne sera pas simple. Dans la première étape, il y a, à la clé, le gain du maillot jaune. Mais ça peut être également ensuite et même après le contre-la-montre du cinquième jour. Il y a plusieurs possibilités, mais il y a deux ans, après le chrono par équipes de Bruxelles, j'étais tout près aussi du maillot jaune. Mais dans la troisième étape, Julian Alaphilippe a attaqué vers Epernay et adieu le maillot jaune pour moi… Porter ce maillot, j'ai ça dans un coin de ma tête, je sais, parce que des coureurs qui l'ont porté, comme mon équipier Mike Teunissen, me l'ont dit, que ça apporte un sentiment très particulier. C'est le rêve de tout coureur et j'aimerais le réaliser aussi. Un maillot jaune, ça reste pour toujours."
Par rapport aux deux dernières années où, d'abord pour Steven Kruijswijk, ensuite pour Primoz Roglic, l'Anversois avait joué les anges gardiens, cette fois, il devrait obtenir un peu plus de liberté.
"Je vais essayer d'être présent devant dans ces premières étapes. Je peux travailler pour Primoz et tenter d'obtenir de bons résultats, les deux sont compatibles. Mais le grand objectif de l'équipe, c'est de finir le tour avec Primoz dans la meilleure position possible au général. Quoi qu'il arrive, je ne perdrai jamais cela de vue."
Un Roglic qui arrive au Tour en n'ayant plus couru la moindre épreuve depuis Liège-Bastogne-Liège, fin avril.
"Nous sommes confiants dans notre leader, il a démontré à maintes reprises qu'il peut arriver en très bonne forme. S'il a changé sa préparation pour le Tour, c'est pour y arriver plus frais et conserver sa bonne forme jusqu'en troisième semaine où il pourra en tirer avantage. Cela n'avait pas été le cas l'an passé. Bien sûr, il y aura les premiers jours un petit point d'interrogation, car on ne sait jamais comment on va se ressentir en course après une longue coupure."
Après les deux premières étapes aux arrivées prometteuses pour les puncheurs devraient se succéder deux arrivées avec un sprint massif. Lors des deux dernières éditions, Van Aert en a chaque fois gagné au moins un, à Albi en 2019, à Privas et Lavaur l'an passé.
"Dimanche, j'ai gagné au sprint et quand je vois mes données et les chiffres de mon sprint, je peux vous assurer que j'ai effectué mon meilleur sprint de la saison. Mais chaque final est différent. Au championnat de Belgique, on a commencé le sprint avec une vitesse assez basse, ce qui ne sera pas le cas d'un vrai sprint massif où la vitesse est très élevée pendant des kilomètres. Néanmoins, je suis très content de mon engagement et de mon accélération, j'espère avoir la puissance sur le Tour face à une opposition de niveau international. Je suis au mieux pour l'instant et je suis confiant."
Pourtant, le vainqueur de l'Amstel Gold Race et de Gand-Wevelgem revient de loin.
"J'avais pris du repos après l'Amstel et alors que j'étais en route pour effectuer un premier stage en altitude avec mes équipiers dans la Sierra Nevada, j'ai commencé à souffrir du ventre", explique Van Aert. "Je pensais d'abord à une intoxication alimentaire, mais j'ai fini par me rendre aux urgences. Le lendemain, cela allait mieux mais un examen a révélé qu'il s'agissait d'une crise d'appendicite. Je suis rentré au plus vite en Belgique, d'autant que tout s'était infecté. On m'a opéré dans la foulée."
Au total, Van Aert aura perdu deux bonnes semaines parce qu'après plusieurs jours de repos total, il a pu reprendre le vélo mais pas un véritable entraînement qui n'est venu que plus tard. Il faudra donc attendre les premiers jours du Tour pour qu'il soit totalement rassuré sur sa condition.