France-Allemagne: le milieu, question centrale
Le trio Cabaye - Matuidi - Pogba sert de socle à la France.
- Publié le 03-07-2014 à 18h40
- Mis à jour le 04-07-2014 à 15h43

Le trio Cabaye - Matuidi - Pogba sert de socle à la France C'est un trio qui est né un soir de grand émoi aux allures de premier chapitre d'une grande histoire à laquelle les Bleus espèrent en ajouter un nouveau ce soir face à l'Allemagne.
Sous le mandat de Didier Deschamps, il y aura eu un avant et un après France - Ukraine. Au bord du précipice, l'équipe de France s'est révélée. Ce soir-là, elle s'est trouvée une charnière complémentaire avec Raphaël Varane et Mamadou Sakho mais elle s'est surtout découverte un milieu de terrain à l'équilibre rare qui fait aujourd'hui sa principale force.
Depuis, le trio formé Yohan Cabaye, Paul Pogba et Blaise Matuidi sert de socle au jeu français.
Avant ce match, les trois hommes avaient été alignés une seule fois d'emblée. Mais, lors de la défaite face à l'Espagne, la réparation des rôles avait été différente : Pogba occupait le même rôle qu'Axel Witsel chez les Diables, celui de sentinelle. Depuis Cabaye assume cette fonction..
Explication de Didier Deschamps : "Contre l'Espagne, j'avais longuement hésité. Avant l'Ukraine, j'ai demandé son sentiment à Yohan. Il a tout de suite été d'accord", a justifié le sélectionneur dans le JDD. "En sentinelle, Paul ne peut pas se projeter autant vers l'avant, sa grande force. Yohan, lui, a l'intelligence et la qualité de passe pour orienter le jeu rapidement d'un côté à l'autre. Paul a moins cette qualité, Blaise ne l'a pas."
Dans ce système, seul Matuidi évolue au même poste qu'en club. Les deux autres ont fatalement moins de repères. "Mais je fais tout pour m'adapter", précisait Cabaye en préparation. "Je me sens bien dans cette position, ça peut être une alternative. J'arrive à toucher beaucoup de ballons, à faire jouer les joueurs qui sont devant moi".
"Je dois faire attention parce que ce n'est pas la même chose qu'en club, je suis moins libre", complète Pogba. "Mais c'est une question d'automatismes, on s'entend bien tous les trois."
"L'association de Cabaye, Matuidi et Pogba est une combinaison de qualités différentes mais importantes au milieu de terrain", a résumé sur le blog qu'il tient sur Yahoo José Mourinho. "Cabaye est dans une position d'organisation pour la première phase de construction. Matuidi est un joueur différent. Il a la condition physique et athlétique pour être en position défensive et offensive. Pogba, c'est un joueur complet. Un milieu moderne. La combinaison est très bonne. Didier a beaucoup de joueurs de qualités au milieu."
Et aussi des solutions sur le banc avec Moussa Sissoko par exemple.
Lahm n'ayant pas convaincu, Khedira devrait rejouer au côté de Schweinsteiger
Agacé, Joachim Löw semblait avoir tranché, dès mercredi, dans l'espoir, un peu utopique, que la polémique qui embrase l'Allemagne ne pollue pas davantage la préparation d'une équipe préoccupée: "Lahm évoluera en core dans l'entrejeu. Je n'en démordrai pas: qu'on cesse donc de me bassiner avec ce sujet", avait-il rugi.
Le sélectionneur allemand s'est-il ravisé, au point de s'être rallié aux suggestions d'Oliver Bierhoff, le manager, et d'Andreas Köpke, l'entraîneur des gardiens, qui auraient plaidé pour le retour de Lahm à l'arrière ?
Depuis le début du Mondial, le sujet fait débat. Il fait débat parce que la défense allemande n'a pas administré des gages suffisants d'autorité et parce que Lahm lui-même n'émerge pas avec l'autorité souhaitée dans son rôle de contrôleur devant sa ligne arrière : "Je me réjouirais si, contre la France, Philipp pouvait rejouer à l'arrière droit. À ce poste, il impose une grosse pression à son opposant", a avoué Manuel Neuer.
Vice-champion du monde en 1986, Dittmar Jakobs a expliqué, dans Kicker : "Lahm est un bon médian mais un arrière droit de classe mondiale. Mais je ne changerais rien. Que veut-on ? Du hourrah football ou remporter le titre ?"
L'Allemagne, qui évolue en 4-3-3, ne joue plus comme l'équipe de 2010. Elle privilégie, aujourd'hui, la possession du ballon là où, il y a quatre ans, elle giclait à la récupération pour amorcer des attaques rapides et incisives.
Hélas pour elle, la distribution, au départ de l'entrejeu, souffre de trop d'hiatus, d'approximations, de lenteur, de transmissions latérales, aussi. Ce n'est pas uniquement la faute de Lahm. Qui doit évoluer au milieu pour que l'Allemagne redevienne dominante dans ce secteur ? Si Schweinsteiger, encore un peu court physiquement mais qui s'érige en expert de la diagonale redevient le "cerveau" de l'équipe, Khedira peut-il lui être associé dans un 4-3-3 ? Oui, si Lahm rejoue en défense. L'entrejeu retrouverait même la consistance qui lui a fait défaut. La paire Özil – Götze devrait être dissociée également.
La défense inquiète elle aussi. Joachim Löw songe à reconduire celle de 2010, avec Lahm arrière droit et Boateng à gauche.
Que d'inquiétudes dans toutes les lignes, donc, avant ce choc de titans ! "Sans Neuer, nous aurions été battus 0-3 par l'Algérie", observe Klaus Fischer, l'ancien attaquant. Avant d'ajouter : "En 1982, nous n'étions pas convaincants non plus mais nous avons atteint la finale."
L'Allemagne va devoir prouver qu'elle est restée, viscéralement, une équipe de tournoi.
Suivez France-Allemagne en direct commenté à partir de 17h45
