Jour-J pour le FC Mons-Borinage

Centorame Kevin

Une réunion qualifiée de décisive entre Montois et Borains est au menu du jour. Une fusion entre Mons et les Francs Borains, c'est en quelque sorte le monstre du Loch Ness à la sauce locale. Un feuilleton retransmis tous les deux ans mais qui ne connaît pas de fin.

Sauf qu'en cette année 2015 marquée par la faillite et la probable disparition du RAEC Mons, le pouvoir politique s'est mis en tête de rassembler les forces vives autour d'un projet commun, que l'on pourrait nommer le FC Mons-Borinage.

Ce mardi matin, les dirigeants des Francs Borains se mettront une énième fois à table avec la Task Force politique régionale ainsi que des représentants du monde économique. But de l'entrevue : dégager un accord pour qu'un seul club de football représente la région au niveau national la saison prochaine.

Si, dans la ville d'Elio Di Rupo, pareil projet fait l'unanimité, la méfiance est de mise du côté des Francs Borains comme Pierre Wuilquot l'a rappelé lors d'un reportage diffusé par France 3 ce samedi.

"Aujourd'hui, le grand vient demander de l'aide au petit mais le petit n'a pas envie de perdre son âme", confie le président des Francs Borains, qui ne voit pas cet éventuel rapprochement d'un bon oeil en raison du monde qui sépare Boussu de Mons en terme de mentalité. "Seuls, nous ne pourrons jamais viser plus haut que la D3. On doit donc faire un choix : soit rester modestes, soit se montrer ambitieux. Le dilemme est purement affectif. Car les supporters des Francs Borains n'iront pas à Mons et vice-versa."

Bien que maîtres de la décision qu'ils devaient mûrir hier soir, les dirigeants boussutois se sentent sous la pression du pouvoir politique régional. Elio Di Rupo, Carlo Di Antonio et consorts souhaitent en effet profiter de la disparition du matricule 44 pour rassembler la région autour d'un projet commun.

"Le RAEC Mons est en voie de disparition tandis que le RFB, d'ici deux ou trois ans, se retrouvera de nouveau en difficulté (NDLR : chose qu'on confirme à Boussu). Ensemble, nous pourrons à nouveau viser la D2 voire la D1 dans un proche avenir", affirme Pascal Lafosse qui souhaite, en cas d'accord, qu'une structure qui ne lèse personne soit dessinée pour que l'intérêt général prévale. Et de conclure : "Nous passerions à côté d'un moment historique en ne regroupant pas les deux clubs".


Jamais les supporters montois n'oublieront la date du 19 avril, marquée par le dernier match au stade Tondreau du RAEC Mons dans sa forme actuelle. Que subsistera-t-il de tout cela ? Bien malin celui qui peut l'affirmer. Alors qu'un rapprochement avec les Francs Borains est dans l'air du temps, nombreux sont ceux, tant à Mons qu'à Boussu, à avoir manifesté leur désir de voir ce projet capoter. Si, au coeur du Borinage, on préfère vivre seul et modestement plutôt que de venir en aide à l'ennemi ancestral, à Mons, c'est plutôt en raison d'une sombre histoire de matricule, le 44 en l'occurrence. Aujourd'hui qu'il est (presque) mort, les fans montois devraient se réjouir que le pouvoir politique veuille maintenir une activité footballistique au stade Tondreau. Et ce, peu importe le matricule utilisé. C'est comme si une société refusait de subsister sous prétexte qu'elle doit changer de numéro de TVA. Cela n'a aucun sens.

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